J3 – samedi 20 juillet – Wicklow / Wexford

Réveillé de très bonne heure vers 6h30, j’attends que le soleil perce avant de me lever. Je peux attendre un moment … Je passe la tête au dehors : c’est la purée de pois (irlandais). Une bruine typiquement (grande)-bretonne s’est invitée. Je plie la tente légèrement humide et monte sur mon rocher pour déjeuner.

Puis je me fais une séance de Qi Qong dans ce cadre incroyable. Mon maître personnel m’enseigne cette discipline depuis quelques mois. J’essaie de faire une séance tous les 2 jours. Cela me fait énormément de bien tant physiquement que mentalement. Et cela a aussi complètement réglé mes problèmes d’épaule gelée contractée à mon retour de mon périple à Istanbul. Je n’avais pas retrouvé la mobilité complète de mon épaule malgré de nombreuses séances de kiné. Avec cette pratique douce, c’est fait ! A 8h00, le barda plié, je monte la pente pour retrouver la route côtière.

Le ciel est bas. Il se confond à nouveau avec l’océan bien calme ce matin. Hier, le fort vend de sud chassait les nuages. Là, j’en ai pour la journée. La température est agréable pour pédaler. Il doit faire un petit 20°c. Par contre, le crachin ne cesse pas. J’ai donc sorti ma tenue de marin-pêcheur (ciré jaune et gant Mapa). Ainsi, je suis bien visible et protégé. Quant aux jambes et pieds, ils sont mouillés ! Les paysages sont ô combien sauvages. Je me régale les yeux. La route côtière serpente le long d’une côte parfois sablonneuse mais souvent déchiquetée. Il n’y a pratiquement personne en ce samedi matin.

A ce sujet, une pensée pour mes ami.es de L’Arche-en-Pays-Toulousain. Je ne sais pas qui fait le marché ce matin. Je pense que la météo doit être un peu plus clémente. Avant que je n’oublie, je publie la carte de l’Irlande. Je suis donc en train de descendre la côte est depuis Dublin et vais la suivre le plus longtemps possible avant mon retour.

Vers 9h30, je m’arrête à Arklow, première ville côtière traversée depuis mon départ. Je reprends mes habitudes de pause-café / cookie et en profite pour recharger mes appareils, profiter de la Wi-Fi et écrire ces lignes. Une heure plus tard, je reprends la route du sud mais toujours sous la pluie. Par contre, la route côtière ne longe pas la côte mais reste dans les terres. Dommage … Finalement, je rejoins la mer à Courtown, charmant petite station balnéaire avec sa belle plage de sable. Mais, vu les conditions météo, même les corbeaux locaux tirent la gueule.

Je dégote un restau qui ne donne pas sur le front de mer. Il est un peu plus de midi et les serveuses attendent le client. Je serais le premier. J’ai les crocs. Je me commande un poulet curry servi avec des frites et du riz que je dévore devant une compèt’ de golf. Avec ça dans le ventre, je devrais tenir un moment surtout que la route est toujours aussi accidentée.

La pluie n’a pas cessé. Il va falloir me réchauffer après cet arrêt-buffet. En sortant de la ville, je m’arrête visiter cette charmante chapelle et son cimetière marin. J’adore les cimetières.

La route repart à nouveau dans les terres à un ou deux kms de la mer. En ce début d’après-midi, la circulation devient plus dense. Je serre les fesses vu l’étroitesse de la route. Mais les irlandais semblent respectueux de la distance de sécurité et ne me doublent que lorsque la visibilité est bonne. Arrivé à Blackwater, j’immortalise ma première chaumière irlandaise au toit de chaume. Devant, une jeune femme est aux couleurs du pays : vert ! Je comprends pourquoi on surnomme l’Irlande la « Verte Erin ».

J’emprunte ensuite un charmant itinéraire cyclable qui me mène le long de la côte sablonneuse. Par contre, il faudrait revoir la limitation de vitesse. Il doit y avoir un zéro en trop vu l’étroitesse de la voie et le peu de visibilité !

Je rejoins le bord de mer où quelques fadas se baignent. Cela ressemble à la côte landaise … le soleil, la foule et les culs nus en moins. Par contre, de nombreux campings avec mobil-home se disputent les touristes locaux.

En suivant cette voie cyclable indiqué par mon GPS, je tombe sur un chemin de terre puis, plus loin, une barrière qui en ferme l’accès. Un jeune couple est coincé derrière avec leur voiture. Quant à moi, je peux passer sur le côté. Je continue mon chemin. Mais quelques hectomètres plus loin, je me fais arrêter par un gars dans une voiture banalisée. Il me dit que cet accès est interdit aux vélos vu que je suis dans un parc national. Il m’indique le chemin pour sortir de ce parc. J’avais justement prévu de rejoindre la côte où j’ai repéré un endroit pour bivouaquer. Mais il s’agit d’un bâtiment du parc national. Je continue mon chemin et tombe sur un poste d’observatoire d’oiseaux.

Ce serait parfait pour bivouaquer. Seulement il est indiqué que ce poste est ouvert de 8h à 17h. Plus loin, je trouve un autre endroit le long de la mer. Je décide de partir vers la ville en espérant trouver un endroit où boire un verre et m’acheter quelques provisions. Ce sera dans le magasin d’une station-service. (Pour info, le diésel est à 1,73€ et l’essence à 1,79€). Sinon je confirme que la vie est aussi chère (voire plus) qu’en France. Par contre, la Wi-Fi ne fonctionne pas. A ce sujet, j’ai lu dans Libé le bug informatique qu’il a paralysé nombre de pays. Il est 17h30. Je finis d’écrire ces lignes avant de retourner à mon poste d’observation voir si je peux bivouaquer au sec cette nuit.

Et bien non. Le poste est bien fermé et l’endroit repéré est interdit au camping. Finalement, je me pose au fond du chemin devant la barrière fermée qui donne sur les étangs. Je dîne de pâtes bolognaises avant de me mettre au chaud dans ma petite tente pour y bouquiner.

Périple de la journée

Résumé : 100kms, 6h20, 15,8km/h, 720D+, pluie, bivouac


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