J4 – dimanche 21 juillet – Wexford / Tramore

Ce matin, ce sont les tourterelles qui me réveillent vers 6h du mat’. Je traine une petite demi-heure avant d’émerger. Le vent a soufflé fort cette nuit. C’est bon signe. Effectivement, le ciel est nuageux avec quelques coins de ciel bleu qui perce. Je me prépare et quitte ce bivouac improvisé. Je rejoins la ville de Wexford qui se trouve abrité au fond d’une baie. Les couleurs sont superbes en ce dimanche matin.

Avant de traverser le pont qui enjambe l’estuaire, je me trouve un banc sympa pour y déjeuner. Quelques promeneurs matinaux avec ou sans chien me saluent. La température est fraîche. Je porte à nouveau ma veste d’hiver du Stade Toulousain Cyclisme. En cette journée de sortie dominicale, je salue toute la joyeuse équipe.

Une fois ce ville portuaire ou quelques chaluts sont amarrés, je prends la route qui traverse cette pointe. C’est un long faux-plat montant toujours encadré par des haies de ronciers et de fougères. Seuls quelques moutons me divertissent.

Par contre, je suis à sec. Après m’être arrêté dans deux cimetières, force est de constater que les autochtones ont suffisamment d’eau qui tombe du ciel pour arroser les plantes. Aucun robinet. Je m’arrête dans une supérette de village pour y acheter une bouteille de 2 lites et remplir mes 3 gourdes. En sortant du village, je salue un chevalier égaré.

Alors que j’emprunte une route secondaire, je suis surpris de tomber sur un panneau EuroVélo. Il s’agit de l’EV1 (la Route de l’Atlantique) qui parcourt tout l’ouest de l’Europe.

J’avais emprunté des tronçons lors de mon 1er périple entre Blagnac et Oslo. Mais je me rappelais plus qu’il passait en GB. Je vais suivre cet itinéraire pendant un moment. De toute façon, c’était le même que celui programmé. Après avoir traversé Wellington Bridge, je rate le seul café du village.

Je me rabats sur celui d’un camping en bord d’estuaire. Je tape la causette avec un cycliste local tout surpris de me voir débarquer avec mes sacoches. Le ciel bleu fait son apparition. Il est presque 11h. Je repars non sans avoir admiré toutes ces nuances de couleur.

Je retrouve l’EV1 et longe à nouveau un estuaire avant de prendre le ferry pour le traverser. J’arrive dans le charmant village au nom de roman d’espionnage Passage East. Je trouve un snack à la terrasse bien ventée pour casser la croûte d’un sandwich poulet/bacon accompagnée d’une salade Caesar Chicken pour manger un peu de verdure.

Après ce repas, il me faut remonter sur la colline par une méchante pente. Je croise une famille à vélo : elle à fond dans la descente sur un vélo électrique tractant sa fille sur un vélo attaché par une barre, lui plus loins sur un vélo vintage de route accompagnant leur 2ème fille. Quel courage ! On a juste le temps de se saluer. Arrivé sur la plateau, je passe devant ces anciennes fermes typiques toutes blanches et aux portes rouges. On se croirait au Pays Basque …

J’emprunte toujours l’EV1. Cependant, je trouve qu’il y a beaucoup de monde sur cette petite route. Je comprends pourquoi en arrivant au village de Dunmore. En ce dimanche, les terrasses sont blindées. La plage à l’abri de la baie semble également bien appréciée sous ce soleil bienvenu.

Par contre, il me faut à nouveau remonter sur la colline. Et là, malgré la présence de ces charmantes chaumières avec vue sur mer, je dois dire que c’est du brut. Je suis tout à gauche debout sur les pédales à 5km/h. Ça grimpe sec. Je m’attendais à du costaud, je ne suis pas déçu. J’enchaîne les montées et les descentes plus ou moins abruptes.

Je ne me plains pas d’autant plus que le paysage est somptueux. Le vent venant de la mer (donc du sud) souffle toujours fort. Heureusement les petites routes aux hautes haies me protègent plus ou moins.

Peu après 16h, j’arrive à Tramore, nouvelle station balnéaire bâtie le long d’une large baie. Il y a également pas mal de monde. Je trouve un pub un peu à l’écart. A l’intérieur, c’est blindé ! Il y a diffusion d’un match du sport national ici : le hurling. C’est un mix entre le hockey, le rugby et le foot. Il y a une sacré ambiance. Je profite de ma pause Guinness pour tenter de recharger mon iPad. C’est vraiment pas évident pour avoir mes 2 appareils en charge. D’autant plus que, depuis le départ, je n’ai pas pu brancher mes panneaux solaires pour charger mes batteries externes. Cela fait 1h30 que je suis au bar. L’iPAd est à 30%, le Pixel5 (mon nouveau joujou) à 32%. Cela devrait le faire jusqu’à demain. Il va être temps d’aller sur l’endroit que j’ai repéré pour bivouaquer. L’endroit est superbe mais je n’ai aucune possibilité planter la tente dans les parages. Sur les côtés du parking qui mène à la plage, ce n’est qu’une lande hostile balayée par les vents du sud.

Je rebrousse chemin. Il va falloir que je trouve rapides car le ciel s’assombrit et la pluie menace à nouveau. En remontant la route, j’aperçois une barrière qui donne sur une prairie. Pour une fois, celle-ci n’est pas cadenassée. Je la pousse et plante ma tente à l’abri de la haie. Je sors ma popote pour me réchauffer un Tipiak alors que le crachin arrive. J’ai juste le temps de rentrer dans mon igloo et c’est la pluie qui se met à tomber. Il était temps. Il est 19h00. Je sors mon bouquin et lis en attendant que le sommeil me gagne.

Résumé : 102kms, 6h00, 17,1km/h, 910D+, nuageux / pluie, bivouac


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