J5 – lundi 22 juillet – Tramore / Youghal

Je me réveille de bonne heure sans connaître l’heure. En effet, j’ai éteint mes appareils et n’ai aucune visibilité sur l’extérieur. Après reconnexion, je m’aperçois qu’il est à peine 6h00 du mat’. Le ciel est toujours nuageux mais avec quelques percées de bleu. Je sors de mon nid douillet, plie les gaules et quitte ma prairie. Je déjeunerai plus tard.

Je reprends l’itinéraire irlandais Vélo4 qui suit la côte alors que l’EV1 passe dans les terres. Bien m’en prend. Cette matinée va être une des plus belles (et plus rudes) routes cyclistes de mes périples. J’emprunte une petite route campagnarde qui serpente le long de la côte. Au premier plan, la lande sauvage où quelques vaches paissent paisiblement. Au loin, les pâturages semblent former un patchwork alors que la mer se confond avec le ciel nuageux.

Je trouve une crique avec une table, plantée devant une ancienne tour de surveillance, qui n’attend que moi pour le p’tit déj’. Le soleil se montre timidement. Tout au fond de ce panorama sauvage, on devine la pointe sud-ouest de l’Irlande où je me rends.

Une fois ma séance de Qi Qong effectuée et mon déjeuner avalé, je reprends la route. J’enchaîne alors les grandes descentes sur la plaque à plus de 40km/h avant d’attaquer des raidards tout à gauche à 5km/h. Je comprends pourquoi l’EV1 passe dans les terres. Par contre, pour s’entraîner à vélo de course, c’est superbe. De temps en temps, je traverse un village de pêcheurs avec son port bien abrité. Par contre, depuis mon départ, je n’ai pas vu beaucoup de monde. C’est le moins que je puisse dire.

Sur ma route, je m’arrête pour découvrir des endroits insolites. Ici, il s’agit d’une ancienne mine d’or datant de 1870. Si j’ai tout compris, une galerie de 200 mètres partait de ce bâtiment pour extraire le minerai.

Un peu plus loin, je tombe sur cette maison au nom de Roseville. Un autre monde sépare ces 2 bâtisses et ces 2 époques.

Alors que j’attaque une nouvelle bosse, je me fais une belle frayeur quand, en passant le dernier pignon, ma chaîne se coince entre le dérailleur et les rayons. J’ai failli pêter le dérailleur. Je m’arrête pour la remettre en place et régler la butée. Je repars et rejoins la route principale ainsi que l’EV1. J’emprunte alors une ancienne voie ferrée transformée en piste cyclable. Un pur bonheur. A l’entrée d’un tunnel, des plaques sont posées ça et là.

Je croise ensuite 2 groupes de cyclistes et quelques promeneurs. Il est bientôt 10h. J’arrive en vue de la ville de Dungarvan qui se trouve au fond de la baie.

Je commence à avoir faim. A la sortie de cette belle piste, je tombe sur un café The Railway Cottage. C’est l’heure de ma pause café, wifi et rechargement de batterie (bonhomme et appareils).

Il est 11h. Le café est dorénavant bondé. Ça discute fort. Après cette longue pause, je repars. Je traverse cette charmante ville avant d’emprunter pendant quelques kms la National Road N25. Après mes petites routes et ma piste cyclable, le choc est rude. Heureusement, il y a une voie de dégagement sur laquelle je peux circuler. En sortant de la baie, je bifurque à droite pour regrimper la colline par une pente qui s’élève tranquillement. Je la passe sur la plaque du milieu. Là-haut, la vue au nord-ouest sur la baie, la ville et les montagnes est superbe.

Au nord-est, ce n’est pas mal non plus. Les vaches se régalent. Ce n’est pas l’herbe qui manque.

Je continue mon chemin en suivant toujours l’EV1 en empruntant toujours des petites routes où la circulation est presque nulle. De belles maisons et de grandes fermes jalonnent cette paisible campagne. Par contre, le prochain village est encore loin. J’ai bien intuité de manger à ma pause-café. Je suis presque à sec aussi. Les kilomètres défilent tranquillement sur de douces collines. Je m’évade en repensant à mon grand frangin Yves-Marie décédé ce 5 juillet. Il allait fêter ces 63 ans. Peut-être est-ce mieux ainsi plutôt que de le voir dépérir … Je finis par enfin arriver à Ardmore. C’était plutôt hard core pour y arriver. C’est à nouveau un joli village côtier avec une maison à la toiture en cours de rempaillage.

Je me pose dans un charmant endroit (The Garden Kitchen mais je préfère rester à l’intérieur) où je peux déguster une délicieuse salade verte accompagnée de courges, de graines et de mozzarella. Cela fait du bien de manger vert.

Je trainasse mais il me faut repartir. Il est déjà 15h00. Le temps passe vite sur la route. Il me reste une vingtaine de kms pour arriver au terme de cette 5è journée et trouver un nouveau bivouac … si la météo se maintient. J’envisagerais de dormir dans du dur lorsque les conditions météos seront vraiment pluvieuses. Je continue mon petit bonhomme de chemin en suivant toujours l’EV1 qui sillonne dans la campagne jusqu’à arriver en vue de Youghal. Je traverse le pont qui enjambe à nouveau cet estuaire. Mer et ciel se confondent à nouveau dans les tons grisâtres.

Je finis par arriver dans cette grande ville portuaire. Je la traverse en m’arrêtant devant l’ancien château en plein centre mais je ne peux pas le prendre en photo. A la sortie de la ville, je fais quelques courses pour le diner et le p’tit déj’. Comme hier, le ciel grisâtre à nouveau. Cela tourne à nouveau au crachin. Je ne prends pas le temps de boire ma Guinness. Il me faut à nouveau trouver un hébergement pour la nuit. Je me dirige vers un camping en bord de côte.

Mais auparavant je m’arrête dans un cimetière. Dommage le local est fermé à clé sinon je l’aurais squatté comme dans mon 1er périple en Bretagne. Il y aurait bien un bel emplacement herbeux parmi les tombes mais c’est un peu trop pentu et c’est quand même un peu glauque. Quoique j’ai déjà dormi dans des cimetières musulmans en Turquie. Et on y dort très bien ! Finalement j’opte pour ce petit camping 2* où il n’y a qu’une dizaine de mobil-home en résidence. Je vais enfin pouvoir prendre une bonne douche bien chaude (au bout de 5 jours, ce n’est pas du luxe !), diner au sec (reste de Tipiak/thon/mayo), boire une Guinness qui m’attendait dans le frigo et recharger mes appareils et batteries externes. Alors que je dîne à l’abri dans le petit coin Kitchen, une grosse averse s’abat. Sur ce coup, j’ai bien intuité (toujours écouter sa petite voix intérieure) …

Résumé : 105kms, 6h30, 16,2km/h, 1.083D+, variable, camping


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