J7 – mercredi 24 juillet – Kinsale / Casteltownshend

Réveillé à nouveau aux aurores. Il faut dire qu’on me couchant vers 21h, même en lisant, j’ai largement mes 8 heures de sommeil réglementaires. Il me faut bien cela pour récupérer de mes longues journées sur le vélo. Je jette un œil dehors. L’été est déjà terminé ! Il n’aura duré qu’un jour. Le ciel est à nouveau bouché. Le crachin est de retour. Je plie les gaules et sors de mon champ interdit.

Je retrouve ma route EV1 qui serpente le long de la côte. Ce matin, à part un lièvre qui trespasse aussi, trois lapins qui vagabondent et un chat qui a chopé un mulot, je ne croise pas grand monde. Comme dans tous les villages côtiers, une plantation de mobil-home gâche le paysage. Dommage …

Peu avant 8h00, j’arrive à la pointe de Old Head. Le café n’ouvre qu’à 10h. Tant pis. J’attendrais pour le p’tit déj’ à moins que je ne trouve un abri. De plus, vu la météo, je ne descendrais pas faire le tour de la vieille tête. Devant cette photo est dressé un monument en mémoire des morts du RMS Lusitania. Le naufrage de ce paquebot britannique, coulé par un sous-marin allemand le 7 mai 1915, est l’un des pires désastres de l’histoire navale récente. 1193 hommes, femmes et enfants périrent au large cette pointe.

Dans le village suivant, je m’arrête à nouveau dans le café, dont les lumières sont fermées mais dans lequel je devine de l’activité, mais il n’ouvre qu’à 9h00. Décidément … J’arrive ensuite dans la baie de TimoLeague. Je dois à nouveau contourner l’estuaire. En face, je distingue le village de Courtmacsherry. Je m’arrête pour mettre un peu de couleurs dans cette journée ô combien grisâtre. Comme je n’ai toujours pas trouvé de café ouvert, j’ai pris le temps de m’arrêter auparavant sous un arbre pour manger 2 tartines de brown bread accompagnées de marmelade.

Il est un plus de 9h, lorsque j’arrive à TimoLeague et son abbaye en ruine. Je fais le tour du village mais, à part, la station-service / commerce, il n’y pas non plus de café. Je continue mon tour de cet estuaire en empruntant une nouvelle voie cyclable. Je profite de la platitude de cet endroit après mes 2 montées initiales et celles à venir. Sur cette piste, je croise un vieux monsieur à vélo qui doit aller se ravitailler au village. Il me salue d’un sonore « Good Morning …» puis me dit « … and don’t forget your sun cream ! » (et n’oublie pas ta crème solaire !). J’adore cet humour so british.

Finalement, je parviens au village aperçu plus tôt. Et je ne trouve toujours pas de café. J’hésite à me rendre dans le palace 4* mais, vu mon état, je risque de reproduire le sketch de la nouille jaune et du pélican rose de Norvège (cf ET2022). Je me rabats sur cet endroit qui est un centre de surf, canoë, kite-surf, … Les jeunes débarquent en nombre. Bon courage. Je prends un café tant désiré et un brownie maison au chocolat avant de reprendre mon humide périple.

Je quitte cette baie et il me faut à nouveau grimper un raidard avant de traverser cette péninsule. J’emprunte de magnifiques petites routes. Par contre, je fais gaffe à la glissade et au croisement avec le peu de véhicules qui circulent dans ce secteur.

Après avoir longé cette dernière baie, je continue à travers champ pour arriver dans la grande ville de Clonakilty.

Je dois à nouveau galérer avant de trouver enfin une place dans un café. Cette fois-ci, il y en a beaucoup mais, vu la météo, ils sont tous blindés. Je me pose dans un charmant endroit pour y prendre mon breakfast.

Je prends mon temps pour rédiger ces lignes et tente de sécher un peu avant de reprendre ma route. J’ai enfin réussi à choper la wifi sur l’iPad soit disant qu’il y avait trop de connexions … Le temps a l’air de s’éclaircir un peu. Je verrais comment j’improvise la fin de cette journée. Je repars vers 13h30. Enfin quand je disais que ça s’éclaircissait un peu, c’était un euphémisme. Demandez à cet immense troupeau de vaches ce qu’elles en pensent.

Je continue mon petit bonhomme de chemin à travers les landes irlandaises. Ça continue à monter et à descendre dès que j’approche de la côte. Je longe maintenant The Long Strand Dunes. Je m’arrête pour voir cette plage bordée par des dunes recouvertes d’herbe. Un papy et ses deux petits-enfants sont les seuls occupants de la plage. Comme d’habitude ici, ils me saluent. La plupart des automobilistes, des cyclistes ou des piétons que je croisent m’adressent un signe ou un « Hello ».

Je remonte sur le vélo pour attaquer un nouveau rempaillou avant de me diriger vers Rosscarberry. J’y accède en empruntant la National Road N71 et traversant un long pont qui enjambe ce nouvel estuaire. Cela me fait toujours bizarre de me retrouver sur de grands axes alors que j’emprunte principalement de toutes petites routes. Puis je me dirige ensuite vers Glandore (spéciale double dédicace à Thierry notre MéNopauSé préféré du STC), petit port sur la côte. J’y visite sa petite église accessible par une grotte.

Je bascule ensuite sur Unionhall où je recherche désespérément un pub ouvert. Finalement, j(y fais quelques emplettes dont une bière … Budweiser (la honte !). C’est la seule fraîche vendue à l’unité. Cela fera l’affaire pour ce soir. Je regarde mes cartes. J’aimerais bien bivouaquer à nouveau en bordure de mer. Pour cela, je dois encore traverser cette nouvelle pointe avant d’arriver à Casteltownshend. J’y ai repéré un endroit en bord de mer au fond d’un cul-de-sac accessible par une méchante pente. J’y arrive. C’est parfait. Je plante ma tente sur un promontoire herbeux qui domine cette immense baie.

Par contre, je pensais y être tranquille vu l’endroit isolé mais cela débarque sans arrêt, qui pour se baigner (ils sont fous … la flotte doit être à 15°c), qui pour mouiller avec son bateau, qui pour se balader en canoé.

Vers 20h00, ça se calme et tout le monde rentre chez soi. Je peux diner en paix et me poser, dans ma petite tente, les pieds en éventail pour regarder le spectacle du soir.

Encore une bien belle journée de vadrouille avec 1.200 mètres de dénivelé positif quand même …

Résumé : 102kms, 6h47, 15,0km/h, 1.203D+, pluie / nuageux, bivouac


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