A nouveau réveillé vers 5h30 par l’humidité et le froid matinaux. Je me sors du duvet vers 6h30 avant de tout plier. Puis, je vais sur la plage faire ma séance de Qi Qong les pieds nus dans le sable froid. Goods Vibrations ! Je m’installe ensuite au soleil pour prendre mon p’tit déj’.

Il me faut ensuite remonter la longue pente à travers une forêt luxuriante mais humide et froide aussi. Puis je retrouve la route principale et reprends mon cheminement pour finir le tour de cette pointe de Uíbh Ráthach dont le sommet Carrauntoohil culmine à 1.038 mètres quand même ! De la route, la vue est sympa sur mon dernier bivouac.

Je retrouve la route nationale N70 qui fait le tour de cette pointe. Heureusement, en ce dimanche matin et à cette heure matinale, il n’y a pas grand monde sur cet axe d’où la vue est superbe sur le bout de l’estuaire. De plus, cerise sur le pompon, j’ai droit à un ciel bleu presque immaculé.

Par bonheur, l’itinéraire me fait emprunter l’ancien axe qui est aussi sur The Kerry Way. Je suis un chemin bordé par des murets avant de franchir un vieux pont en pierre.

Quelques automobilistes quittent leur belle demeure pour, peut-être, se rendre à la messe dominicale. Quant à moi, je roule tranquillement sur une route presque plate aux bords toujours aussi verdoyants et fleuris.

Alors que les cloches de la grande église en pierre de Killoglin sonne 10h00, j’arrive dans cette charmante bourgade qui ferme la baie.

Devant l’église, un panneau souhaite la bonne chance aux 2 jeunes femmes de la bourgade qui concourt en aviron aux JO. Je pense qu’elles n’ont pas dû être dépaysées pendant la parade sur la Seine particulièrement bien arrosée.

Je pars à la recherche d’un café que je trouve à la sortie de la bourgade après le pont qui enjambe le fleuve local au nom bien français : Laune. Je me prends à nouveau un Américano (3€) et un scone. A une table plus loin, un couple de vieux français parlemente pour la suite de la journée. Après cette pause bienvenue, il me faut repartir. Je laisse les futurs participants aux jO s’entraîner et je reprends ma route.

Je reprends ma monotone route le long de cet axe touristique. L’EV1 n’a pas d’autres alternatives que de la suivre.

Je m’arrête le long de cette route pour immortaliser cette maison fleurie d’hortensias. Spéciale dédicace à ma chérie. Peu après, je fais une pause pour faire quelques emplettes en ce dimanche. Je ne voudrais pas me retrouver sans rien à manger au cas où les magasins seraient fermés l’après-midi. Je continue sur la route régionale R571 qui longe cette dernière péninsule.

Je commence à avoir sérieusement les crocs et il est toujours aussi compliqué de trouver un endroit pour se poser à l’écart de la circulation fort nombreuse en ce dimanche. Finalement, j’arrive à dénicher un chemin qui me mène le long de l’estuaire. Il se trouve juste derrière mon HakaOne dans la trouée entre les arbres.

Je vais pouvoir faire sécher ma tente, déjeuner de mes emplettes (frites maison, saucisse, boudin pour 2,90€ !) et faire une bonne sieste sur une bande de galets à l’ombre d’un arbre.

Après ce repas et cette sieste ô combien appréciés, je reprends la route qui longe cette péninsule. Peu après, je m’arrête boire un expresso juste avant d’arriver à Inch Beach. Je comprends pourquoi il y avait tant de monde sur cette route. Ils sont tous sur cette longue plage de sable qui forme une langue en travers de l’estuaire.

Après cette plage, les choses se compliquent. Je quitte l’axe principal pour couper à travers les collines toujours aussi sculptées.

Auparavant, sur le dernier parking avant de bifurquer à droite dans la pampa, j’ai rencontré un jeune couple de cyclotouristes caennais. Ils dirigent aussi vers Dingle avec des vélos équipés de pneus à crampon. Bon courage … De mon côté, j’en bave également. Le vent rentre de la mer et je l’ai pleine face. De plus, ça grimpe sec à nouveau avant de redescendre dans une toute petite crique protégée par un ancien château. Puis ça grimpe à nouveau à travers ces collines qui surplombent cet estuaire.

En haut de cette nouvelle bosse, je m’arrête pour admirer la vue de ce cimetière qui surplombe l’estuaire.

A 16h30, j’entre enfin dans Dingle. Je fais une nouvelle pause dans un des nombreux pubs de cette petite ville portuaire. Le pub est à nouveau bondé. Ils sont tous en train de regarder, sur plusieurs écrans, un match de football gaëlique (mix de foot et de rugby). Apparemment, les JO, ici, ils n’en ont rien à secouer ! Je vous explique pas l’ambiance. Même les femmes braillent comme des truies hommes (après censure).

Je finis d’écrire ces lignes dans une ambiance survoltée. L’équipe, supportée par les gens du coin, a dû gagner. Quant à moi, il me faut maintenant trouver un endroit où passer la soirée au calme. Je m’éloigne de la ville en suivant la côte le long d’une petite route bordée sur la droite par quelques maisons avec vue sur mer et sur la gauche par des champs accueillants. Une barrière est ouverte. Je m’y engage. Parfait ! Je plante ma tente à l’angle du champ.

Je n’ai plus qu’a faire ma toilette et me préparer mon diner. Ce soir, ce sera des carbonaras lyophilisés. J’ai même un abreuvoir à dispo qui permet de poser ma tambouille. Après ce copieux repas, je bouquine l’Equipe avant de migrer sous ma tente quand la température devient frisquette. La vue de mon p’tit coin salon n’est pas trop moche ! Je prépare l’itinéraire pour demain avant de me replonger dans mon bouquin.

Bonne nuit les petits …

Résumé : 97kms, 6h00, 16,3km/h, 936D+, beau temps, bivouac