J13 – mardi 30 juillet – Ballyheigue / Carrygaholt

Réveillé par la clarté matinale de ce nouveau jour qui poind. Waouhhhh !! J’attaque fort en ce 13ème jour de balade irlandaise. La tente est bien humide comme l’herbe. Je passe un rapide coup d’éponge avant de tout ranger et de quitter ma petite maison bleue. J’imagine qu’un couple de vieilles personnes vivaient ici. En effet, dans le garage, j’ai remarqué deux déambulateurs et un appareil respiratoire. Il y avait aussi une débroussailleuse et une tondeuse automatique encore en bon état. Si ça intéresse quelqu’un … Quant à moi, j’étais planqué derrière la maison au fond à droite.

Je reprends la route qui monte au sommet de cette colline pour faire le tour de cette petite péninsule. Je quitte la sauvage et montagneuse péninsule de Corca Dhuibhne que j’aperçois au loin perdue dans la brume matinale.

Je n’ai aucun regret quant à mon bivouac d’hier soir. En reprenant la route (empruntée hier) et en la continuant, je ne trouve aucun endroit où j’aurais pu m’installer. Cependant, je déniche un magnifique muret, ceinturant une belle demeure avec vue sur mer, pour m’installer déjeuner. La vue est grandiose. Ce magnifique panorama matinal explique pourquoi je préfère mille fois bivouaquer au milieu de nulle part plutôt que de me retrouver coincé dans un emplacement de camping avec les pèteurs du matin, les grincheux et les fâcheux de la journée et les fêtards du soir. Et, en plus, je peux faire ma séance de Qi Qong en toute quiétude.

Pendant mon déjeuner, deux occupants, j’imagine la maman puis sa grande fille, de cette belle demeure partent en voiture à leur boulot respectif. Chacune me salue d’un grand signe de la main et d’un pouce levé. J’imagine la même situation en France. Pas sûr que les réactions eussent été les mêmes … Je reprends The North Kerry Cycleway (sur la R551) qui traverse la campagne en longeant l’océan. Sur cette route, comme dans beaucoup de campagne, je remarque de nombreuses vieilles maisons ou fermes à l’abandon. Elles ne sont même pas en vente. Elles finissent leur vie en périclitant mangées par la végétation qui reprend ses droits.

Je traverse ensuite le fleuve Feale avant d’arriver, en milieu de matinée, à Ballybunion après avoir longé un magnifique golf de bord de mer et sur des dunes de sable. Chaque golfeur est accompagné de son caddy. Le golf fait aussi partie des sports nationaux irlandais. A ce sujet, spéciale dédicace à Pascal (handicap -1 de mémoire, les spécialistes apprécieront) et coucou à Jessy, mes ami.es blagnacais.

Pour celles et ceux qui connaissent les règles, passer ce chapitre. Pour les autres, je vous fais un descriptif rapide et de mémoire. Évidemment le but du jeu est de mettre une petite balle dans un trou. Les parcours officiels font 18 trous (d’autres 9). Chaque trou doit être atteint en un certain nombre de coups : le par (par ex, un par 5 est un trou qui doit être atteint en 5 coups). Si vous le faites en 5 coups : par, en -1 coup : c’est birdie, en -2 : eagle, en -3 : albatros, en +1 : bogey, +2 : double bogey. Si vous faites le trou en un, c’est champagne !

Pour jouer votre coup, vous utiliser un club. Ce peut être un bois (numéroté de 1 à 7) pour taper loin, ou un fer (numéroté de 1 à 9) en fonction de la distance et de la difficulté (sortie d’un bunker par ex), ou un putter pour rentrer votre balle.

Un parcours additionne donc le nombre de coups théoriques à jouer (par ex, un par de 75). Si vous le faites en 80 coups, vous êtes handicap 5. En 70, handicap -5. Les champions sont de ce niveau. Voili-voilà les souvenirs de ma formation golfique, chez ma correspondante écossaise d’Édimbourg, quand j’avais 17 ans.

Après avoir pris mon AmericanoScone dans un superbe endroit avec vue sur mer, mais avec la wifi en carafe (décidément …), je retrouve HakaOne qui m’attend sagement dehors. Nous allons remonter l’estuaire de Shannon avant le traverser à Tarbert.

Par contre, le copain d’HakaOne qui patiente devant le bar depuis un certain temps est dans un sale état. Celui-ci, je ne m’y attaquerai pas.

Je quitte cette jolie station balnéaire et golfique en passant devant la plage des surfeurs et l’ancienne tour de défense.

Puis je reprends ma route à travers la campagne en remontant l’estuaire. Il n’y a pas grand monde en ce mardi matin. A part quelques tracteurs qui filent bon train pour terminer le ramassage de l’ensilage, je ne croise personne, à part Marie en traversant un village.

Et oui, je vous rappelle que la République d’Irlande (capitale Dublin) est catholique, contrairement à l’Irlande du Nord, protestante avec Belfast comme capitale. L’Eire fait partie de la communauté européenne avec l’euro comme monnaie et ont adopté la mesure métrique. Par contre, nul n’est parfait, ils roulent à gauche.

L’Irlande du Nord, elle, est rattachée au Royaume Uni avec l’Angleterre, l’Écosse et le Pays de Galles. Alors que la Grande-Bretagne définit l’île (Angleterre, Écosse, PdG). Les anciennes colonies anglaises (Canada, Inde, Kenya, Afrique du Sud, Australie, …) font, elles, partie du CommonWealth. Simple non ?

Je poursuis mon bonhomme de chemin sur de petites routes vallonnées avant d’arriver à Tarbert. Quelques voitures me doublent. J’accélère ne voulant pas rater le ferry. A peine arrivé, il débarque avec sa cargaison de camping-cars (beaucoup moins nombreux que les jours précédents) et d’autochtones.

A 13h, j’embarque. Je déjeunerais de l’autre côté de l’estuaire à Killimer où je retrouve l’EV1. Il y a effectivement un shop où je peux acheter un sandwich et un cake que je vais dévorer dehors alors que je fais sécher ma tente. Par contre, dans le magasin où je prends ensuite un expresso, la wifi ne fonctionne pas non plus. Tant pis. Je repars sur mes chemins de traverse où je croise un couple d’allemand.

Après un long cheminement, dont un pénible morceau de route nationale N67, pour contourner cet immense estuaire, j’arrive enfin à Carrigaholt. Auparavant, je m’arrête saluer un troupeau de vaches noires dans lequel est caché Charlie Brown. J’en ai vu quelques uns depuis ce matin. Mais, elles ont la chance de pâturer dans de beaux champs où les haies n’ont pas été rasées comme dans nos campagnes françaises.

Me voici arrivé dans ce charmant village à la plage de galets où je vais pouvoir enfin déguster une bonne Guinness, faire quelques emplettes, publier mon dernier post, recharger mes appareils, discuter avec la patronne, télécharger mes journaux préférés … avant de repartir à la recherche de mon bivouac quotidien. AMEN ! Il est déjà 17h00. Il me faut repartir.

Je reprends la route EV1 alors qu’il me reste encore 16kms pour arriver à Loop Head, le phare qui est à la pointe de cette péninsule. Autant dire que j’en ai pleins les bottes et que la Guinness n’arrange pas les choses. Seulement, il me faut rejoindre la côte au risque de dormir au milieu des champs et ce serait vraiment dommage. Alors qu’il ne me reste plus que 4,5kms et que j’aperçois le cap en face, je suis bloqué par un énorme troupeau de vaches. Un motard patiente comme moi. J’inspecte le coin et me dis que l’endroit n’est pas mal du tout. C’est un euphémisme … J’attends que la caravane de vaches passe et que le chien finit d’aboyer pour me planter sur un éperon au-dessus de l’océan. BINGO ! Un de mes plus beaux spots. Look at the picture :

De plus, je suis abrité du vent par la côte ce qui n’aurait peut-être pas été le cas en face. Et, cerise sur le pompon, j’ai un banc à dispo ou je vais pouvoir m’installer pour diner. Elle est pas belle la vie ? Je dîne d’œufs durs / mayonnaise et sardine devant ce sublime spectacle. Alors que j’admire le coucher de soleil, deux automobilistes viennent stationner à côté de mon banc.

Il n’y a que des femmes. Deux jeunes femmes blondes discutent en admirant le panorama. A leur accent, je devine qu’elles ne sont pas irlandaises mais plutôt de l’est. Effectivement, ce sont deux ukrainiennes hébergées dans une famille d’ici. Nous engageons la conversation. Elles me racontent, dans un anglais aussi approximatif que le mien, leur parcours. La dame plus âgée qui les héberge se joint à nous. Puis elles me quittent. Je les salue en leur souhaitant le meilleur. Je me retrouve à nouveau seul au monde dans ma petite tente avec vue imprenable sur Dame Nature dans toute sa merveilleuse splendeur.

Le sommeil me gagne rapidement après cette très longue et belle journée. Bonne nuit les petits …

Résumé : 114kms, 6h12, 18,4km/h, 715D+, nuageux / beau, bivouac


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