J14 – mercredi 31 juillet – Carrigaholt / Doolin

C’est à nouveau le soleil qui me réveille en ce dernier jour du mois de juillet que je n’ai pas vu passer. J’ouvre les volets : il y a un magnifique ciel bleu immaculé. La journée s’annonce belle. J’attaque cette journée par une séance de Qi Qong les pieds ancrés dans l’herbe mouillée sur ce promontoire en bord de falaise. Quelle magnifique séance au milieu des éléments Air, Terre et Mer !

Puis j’attaque le p’tit déj’ pendant que la tente sèche au soleil levant. A 8h00 pétantes, je quitte ce sublime endroit pour me diriger vers le phare de Loop Head. Je traverse le hameau endormi de Kilbaha, perdu au bout du monde, avant d’attaquer la montée vers la pointe de cette péninsule.

Heureusement que je me suis arrêté hier soir, j’aurais eu du mal à finir l’étape et trouver un si beau bivouac. Le phare n’ouvre qu’à 10h. Tout est fermé autour. Un parking à l’entrée héberge un camping-car.

De cet endroit, je peux admirer la pointe de Corca Dhuibhne et ces sommets enfin visibles. Un voilier, parti de Kilbaha, croise au large.

Je retrouve la petite route locale et EV1 qui fait le tour de cette pointe avant de rentrer dans les terres. Auparavant, je m’arrête dans Ross Bay. Sur le parking de ce site, quelques camping-cars ont élu domicile. Mais je n’ai croisé personne depuis ce matin. Seul, un vieux monsieur dans son rocking-chair à l’abri de sa véranda, me salue en me voyant passer. Je serais peut-être sa seule distraction de la journée …

Je suis toujours autant surpris par le nombre impressionnant de vieilles maisons et fermes laissées à l’abandon. Dans la majorité des cimetières, chapelle ou église sont aussi en ruine. Quelques monuments remarquables sont en cours de réhabilitation. Mais la plupart sont à l’état de ruine. Beaucoup auraient été détruites durant les nombreux conflits avec l’anglais protestant.

Je longe toujours la côte au plus près. Les paysages sont à couper le souffle. D’ailleurs je me tais et vous laisse admirer ces paysages. Imaginez le vent qui souffle, le bruit des mouettes, les odeurs iodées …

C’est impressionnant comment ces falaises, d’une cinquantaine de mètres de hauteur, sont attaquées et déchiquetées par les éléments. J’arrive à quelques encablures de Kilkee. Je croise de plus en plus de marcheurs, coureurs (il y a d’ailleurs une marque de retour à 5 kms de la ville), cyclistes. J’arrive dans cette charmante et huppée station balnéaire avec sa grande plage de sable fin.

En bord de mer ne se trouvent que des villas. Je dois rentrer dans la rue principale pour dégoter un café smart où il n’y a, soi-disant, pas de wifi. Les hommes, vétus en short bleu ciel et polo rose, accompagnées de femmes pomponnées viennent déjeuner. Je fais un peu tâche dans cette ambiance guidée. Mais je m’en moque éperdument pour rester poli. D’ailleurs, un de ces hommes coiffés d’une casquette me rappelle mon cousin Jean-Michel. Si tu me lis Jean-Mi, j’espère que tu apprécieras ! (Hi-hi). Spéciale dédicace aux cousins et cousines charentais Marie-José, Jean-Mi, Laurent et Nelly la petite dernière, avec qui nous avons passé quelques vacances étant plus jeunes.

Oléron le 5 juin 2020 ! (Et toujours avec mon coupe-vent du STC)

Après cet intermède, je reprends ma petite route toujours aussi sympatoche. Au milieu de nulle part, j’arrive devant une belle demeure et suis interpelé par des jeunes en bordure de muret. Je m’arrête. C’est une fratrie (Clara, Tana et ?) qui fait commerce de quelques denrées pour se faire un peu d’argent de poche. Vu l’endroit, il ne doit pas y avoir beaucoup de clients. Je leur prends un cookie et une citronnade et leur donne la monnaie qui me reste. Tchao les jeunes !

Après cette sympathique coupure, je continue à longer la côte où un agriculteur est en plein taf dans un cadre pas trop désagréable. Les mouettes et les corbeaux, aux couleurs du SCO d’Angers, eux, se régalent.

Moi également vu l’itinéraire emprunté. Il y a pire comme endroit pour faire du vélo !

Hélas, cela ne va pas durer. Il est bientôt midi. Après avoir laissé Doonbeg, je vais devoir m’enfoncer à nouveau dans les terres pour éviter la route nationale N67 qui longe la côte. Je traverse un seul village où je ne peux me restaurer. Alors que les réservoirs se vident et que je commence à accuser la fatigue, je ne trouve aucun endroit où déjeuner. J’hésite entre m’arrêter et manger mes œufs durs ou continuer jusqu’à la bourgade de Milltown Malbay. Finalement je pousse jusque là. Je trouve un restau sympa où je peux déjeuner d’un délicieux poisson frais pané accompagné de ships évidemment, de beans et d’une sauce maison.

Après ce délicieux et attendu repas, je prends une double-espresso avant de repartir pour la dernière partie de cette journée. Las ! Quand je sors, le ciel s’est drapé d’un voile grisâtre. Quelques gouttes tombent. Il faut dire que, dans les restaus comme les pubs, l’ambiance est souvent sombre. Comme cela, quand tu sors, tu ne vois pas trop de différence avec l’intérieur. Je sors de la ville et retrouve mes petites routes d’où j’aperçois la pointe où j’aimerais aller. La route EV1 longe, dans la lande, la RN67. Plutôt que de partir à nouveau dans la pampa, je préfère la prendre pour arriver plus rapidement à Lahinch. A l’entrée cette nouvelle ville balnéaire, un camping me tend les bras. J’hésite …

Finalement, je préfère continuer mon chemin. Je fais un tour sur la digue alors que les baigneurs attendant leur tour pour se mettre à l’eau. Sans moi les gars. De toute façon, l’eau je vais en avoir. En effet, après avoir rapidement quitté cette ville, beaucoup trop peuplée à mon goût, je longe le golf et me prends un grain. Je m’arrête pour enfiler ma tenue jaune.

Alors que la circulation est assez dense sur cet axe côtier, je m’arrête dans un pub à Liscannor pour ma récompense journalière et étudier mes cartes. Et, pour un fois, l’écran diffuse les JO. Bon, il est presque 17h. Il me faut repartir et trouver un nouveau bivouac pour cette nuit. C’est vrai que c’est quand même moins agréable quand le temps est humide. Mais je ne vais pas me plaindre … Paraît-il que c’est la canicule en France ? Je pars donc en direction de Moher Tower. Mais, arrivé au bout de la route, c’est fermé pour les vélos.

Je laisse le vélo devant le portail et pars me balader voir cette tour qui domine la falaise. Heureusement, la pluie s’est arrêtée.

Je comprends pourquoi il y avait de la circulation sur cet axe. Il y a des promeneurs partout. Ils sont garés dans un parking chez un particulier à 5€ la place. Il faut dire que l’endroit est vertigineux. Ce sont à nouveau de grandes parois rocheuses attaquées par la mer. J’aurais pu passer mon vélo et planter ma tente sur le terre-plein herbeux en haut à gauche. Mais bon, c’est quand même interdit et risqué.

La vue sur les falaises au nord est aussi splendides. Il existe un sentier de randonnée qui remonte au nord jusqu’au village de Doolin.

Je décide de redescendre et d’aller voir plus bas. C’est un cul-de-sac (en français sur les panneaux) et impossible de bivouaquer. Tout est clos. Je repars en sens inverse et attaque la montée pour longer la côte par la R478. Après une grosse montée, j’arrive au second parking officiel. C’est blinde de monde. L’entrée aux falaises et au site est ici. Vu l’heure, il me faut avancer. Je continue ma route et descends vers le village de Doolin. Sur ma gauche, je repère une maison en ruine. Je vais inspecter. Il y a un emplacement pour ma tente derrière les ruines et avec vue sur l’océan et les îles de An Baile Thios, Inis Meáin et Arainn au large.

C’est parfait. Il est 19h00. Il est vraiment temps de me poser.

Résumé : 115kms, 6h45, 17,0km/h, 992D+, beau / nuageux / pluie, bivouac


2 réflexions sur “J14 – mercredi 31 juillet – Carrigaholt / Doolin

  1. Salut Gaël,
    Magnifiques photos. Tu nous fais rêver . Tu n’as pas envie de prendre une journée de repos parfois quand tu campes dans un endroit superbe?
    Merci aussi de nous montrer les falaises de Moher car lors de nos vacances en Irlande, vers 1986 nous n’avions pas pu voir ces falaises noyées dans le brouillard.
    Michèle et Joël

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    1. Hello Michèle et Joël,
      Pour le repos, j’aimerais bien mais j’ai un impératif de date de retour. Et il est toujours difficile d’évaluer le temps que je vais mettre surtout en suivant la côte que je le fais.
      Aujourd’hui je me l’octroie car je n’ai trop le choix. A suivre …

      Pour les falaises de Moher, j’y suis passé en fin de journée. Le site était fermé. Et comme j’ai dû bivouaquer dans le village suivant après une longue descente, je n’ai pas eu le courage de tout remonter le lendemain matin.

      De toute façon, j’aimerais revenir dans ce superbe pays avec ma compagne mais en mode beaucoup plus cool. Et donc prendre le temps de me balader sur ces falaises !

      La bise à tous les deux.
      Gaël

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