Réveillé par un timide soleil matinal qui ne va pas tarder à se faire engloutir par les nuages. Je me prépare rapidos dans l’humidité ambiante. Ce ùatin, le p’tit déj’ sera ultra light : 3 biscuits et ma dernière barre énergétique Décathlon. J’espère trouver un café rapidement sur la route. Je quitte ma maison en ruine et retrouve mon EV1 en ce 1er août. Déjà …

A 7h30, je traverse le village encore endormi, à part quelques vaches, de Doolin. Comme dans beaucoup de villages irlandais, quelques maisons sont colorées. Vu l’ambiance plutôt grisâtre, cela donne des couleurs.

A la sortie du village et de cette baie, j’arrive dans le Burren National Park. Là, changement complet de décor. J’arrive dans un paysage minéral encore plus saisissant avec ces nuages grisâtres. Je serpente dorénavant en suivant la route régionale R477 à travers ces paysages désolés.

Il est tôt et, à part quelques artisans qui se rendent sur leur chantier et des lapins qui se baladent dans la lande, je ne croise personne. C’est assez impressionnant. Je circule avec, d’un côté, la mer et quelques maigres prairies …

… et, de l’autre, un décor de pierres et de terres arides.

Juste avant d’arriver dans le village de Fanore, où j’espère trouver un café ouvert, un grande plage de sable fin dénote dans ce paysage. Au-dessus, comme dans tous ces villages côtiers avec une plage, un champ de mobil-home domine la baie (en haut à droite).

Hélas, excepté un petit commerce, il n’y a aucun café. Tant pis. Je continue ma magnifique route, seul au monde, dans ce décor impressionnant. Pour info, toutes les routes ne sont pas hélas de cette qualité. La plupart sont en assez mauvais état. Ça secoue pas mal et mes fesses en subissent les conséquences !

Un phare au milieu de nulle part domine la baie. On croirait les rochers ciselés par un géant. De temps à autre, j’aperçois au loin des anciennes tours de surveillance en ruine.

Je retrouve ensuite la route nationale N67 à l’entrée du village portuaire (Harbour Village) de Ballyvaughan. Toujours pas café à l’horizon. Je m’arrête donc à l’épicerie du coin qui fait de tout. Pour moi, ce sera Américano / Panini / Scone. Je m’installe sur le seul banc libre. Les autres sont occupés par des randonneurs qui attendent leur bus certainement pour les emmener à Moher Cliffs. (Les falaises de Moher). Le bus arrive. J’arrive à capter sa Wifi pendant le chargement des voyageurs. Pas suffisamment longtemps. Le bus repart. Tant pis. Je commence à gratter quelques lignes alors qu’un nouveau bus débarque. Les personnes descendent. Ça jacte fort espagnol !

Un homme m’aborde et on commence à discuter en espagnol, anglais et français. Il me dit que c’est un bus de catalans ! D’autres femmes arrivent et s’enquièrent de mon parcours. L’une d’elles est de Taragona, ville en bord de mer à une cinquantaine de kms de la Serra de Monsant où ma chérie possède une maison familiale dans un des magnifiques villages de ce secteur sauvage. Quand je vous dis que le monde est petit … Je repars en leur donnant RDV en Catalogne ! Je laisse ce petit port blotti sous un ciel toujours aussi menaçant et reprends ma route.

Peu avant midi, j’entame une longue descente qui m’amène à Kinvarra tout au fond de la baie de Galway. Je sors du parc de Burren et retrouve mes paysages de terres agricoles.

Arrivé à Kinvarra, il y a embouteillage. Tous les parkings sont blindés. Je comprends, en passant devant l’église, que se déroulent les obsèques d’une personne très connue vu le nombre de voitures stationnées un peu partout. Je sors de ce village enclavé tout au fond de l’estuaire.

Je passe devant le château qui en défendait l’accès et m’enfonce à nouveau dans les terres afin d’éviter d’emprunter la route nationale N67 beaucoup plus circulante que ce matin.

Me voilà reparti dans la campagne irlandaise. J’avance bon train vu le profil relativement plat et le vent du sud qui me pousse toujours dans le dos. Je m’arrête quand même de temps en temps pour prendre en photo cette belle chaumière …

… ou cet impressionnant manoir (Tyrone House) construit en 1779 qui domine la baie. Il fût détruit par l’Armée Républicaine Irlandaise pendant la Guerre d’Indépendance.

Un jeune, grimpé sur un trop grand vélo de course, sort d’une des belles maisons des environs et me double à bonne allure. J’essaie de revenir sur lui mais il va bon train le bougre. Je vois son maillot jaune filer devant. Après avoir longé d’immenses demeures d’architecte sur les côte aux au-dessus de Clarinbridge, je traverse ce village au fond d’un autre estuaire à la recherche d’un endroit où me restaurer. Mais je ne trouve rien. J’arrive enfin à Oranmore dans la banlieue de Galway. Je trouve un endroit sympa où déjeuner d’une salade au poulet curry et choper de la wifi (après reboot de la box !).

Il est 15h30. Je ne sais pas encore comment j’organise cette fin de journée. Je regarde la météo qui s’annonce bonne pour cette fin de journée. Par contre, ça s’annonce pas terrible du tout pour la suite. Je jette un œil aussi sur mes sites Booking et Airbnb. C’est de la folie. Une nuit dans un dortoir est à 79€. Une chambre à 150€ minimum. Ils sont fous ces irlandais ! Je décide, en accord avec moi-même et à l’unanimité des votants, de tailler la route jusqu’à Galway puis de me diriger vers les fameux lacs du Connemara. Auparavant, je fais quelques emplettes dans un magasin Rachunek où tout est en polonais même l’addition.

Puis je reprends la route pour parvenir, fort vent dans le nez, dans cette grande ville portuaire chef-lieu du comté de Galway. Je la traverse en longeant l’estuaire et évitant ainsi le centre. J’arrive au port où, stupéfaction, je tombe sur le Belem qui vient d’accoster. Le drapeau de complaisance irlandais est levé mais c’est bien notre emblématique trois mâts qui est dans le port.

Séparé par un grillage, j’entends les français qui conversent. Au bout du quai, je ne peux m’empêcher d’accoster (terme approprié !) un gars avec son barda qui vient de débarquer. C’est un rochelais (désolé mec !). Il arrive de Cork et vient de passer 4 jours sur ce bateau. Il me raconte qu’il fait partie des 48 stagiaires encadrés par 18 marins. Ce bateau est parti de Bretagne pour aller sur Cork, puis Belfast, Liverpool et retour avec possibilité de faire une ou plusieurs étapes. On se sépare en se souhaitant bonne route. Lui rentrer sur La Rochelle via Dublin. Moi je continue vers le nord. Mais auparavant il me faut sortir de cette ville. L’EV1 me fait grimper en ligne droite sur le coteau en cours de bétonnisation. C’est du lourd ! La mer est au fond. J’ai dû grimper 100m de dénivelé en direct avec des voitures au cul ou qui m’arrivaient en face. Arrivé en haut, je croise même un couple de vieux cyclotouristes qui descendent à la ville.

La problématique est que mes batteries, pas que les miennes, sont presque à plat. Il me reste 8% sur mon téléphone, 9% sur mon iPad et mes 2 batteries externes sont chargées au 3/4. Je décide donc de poursuivre jusqu’au premier village pour recharger un tant soi peu mes batteries. Moi sur ce sera avec du houblon, le reste avec un plug dans le pub « The Forge » du village. Il est 17h30 et les gens dînent déjà. J’ai du mal à comprendre quand sont les horaires des repas. Quant à moi, je vais attendre d’avoir trouver un endroit où bivouaquer pour dîner léger. Je vais me diriger vers le grand lac de Loch Corib qui n’est quà quelques kms d’ici. Il est 19h00 quand je repars du pub après avoir appelé mon Bel Amour. Je me dirige vers le point que j’ai repéré mais, comme d’hab’, c’est barré. Et là, pas besoin de comprendre l’anglais.

Je repars et fais une seconde tentative sur un chemin un peu plus loin. Au bout de ce chemin, j’arrive à une fourche. A gauche, c’est barré. A droite, c’est barré aussi. Et c’est donc mal barré pour moi ! Il y a bien un espace entre les deux barrières pour poser ma tente. Mais bon, je rêvais mieux. Alors que je m’apprête à m’installer, je vois au loin une voiture rouge arriver dans cet endroit chemin. Aïe, aïe, j’imagine que le proprio m’a vu passer. Finalement, c’est une conductrice qui a l’air aussi surprise que moi. Elle vient juste s’occuper de son cheval dans le champ d’à côté fermé par la barrière gauche. Elle s’enquiert de mon périple et m’indique d’aller à 20’ d’ici vers le Ross Lake. Je la remercie et m’y dirige à travers une route végétale. Ce matin, c’était minéral. Ce soir je termine par du végétal.

L’EV1 passe le long de ce lac auquel je peux accéder par un petit chemin le long d’une nouvelle barrière. C’est superbe ! Je peux planter mon bivouac, me mettre à poil et me laver dans le lac puis dîner de mes derniers œufs durs et des petits gâteaux polonais Caluski à la prune ma foi fort bon.

Il est bientôt 21h. La nuit tombe. Je vais rejoindre mon duvet et me reposer après cette nouvelle magnifique journée aux extraordinaires paysages et aux insolites rencontres.

Résumé : 116kms, 6h28, 17,9km/h, 660D+, nuageux / éclaircie, bivouac