J17 – samedi 3 août – Ros an Mhil / Claddaghduff

Après le spectacle de la veille, j’ai passé une superbe nuit. Réveillé quand même par le froid matinal, j’ai dû enfiler un tee-shirt. Au lever du soleil, les hirondelles sont revenues pour nourrir les petits. Mais ma présence les en a empêché. Je me dépêche de ranger mes affaires. Ce matin, c’est vite plié. Et je les regarde à nouveau faire les aller/retour pour le p’tit déj’. Quant à moi, ce sera pour plus tard. Le frigo est vide ce matin. Vers 7h00, je quitte ma cabane qui m’aura vraiment sorti d’un mauvais pas tellement j’étais trempé et frigorifié. Merci à ma bonne étoile …

Comme souvent, des petits morceaux de ciel bleu tente de se monter dans cet mer de nuage gris. Je quitte mes hirondelles et ma cabane au Connemara pour reprendre la route sous les premiers rayons de soleil levant.

Je reprends ma route sur cette lande sauvage. Comme d’hab’, à part quelques vaches, moutons et brebis qui paissent tranquillement, c’est fort calme en ce samedi matin. Sur ce plateau, j’aperçois au loin des laquets. Au fond, les monts sont à nouveau cachés par de gros nuages menaçants.

Après quelques kms parcourus en descente, j’arrive à l’embranchement avec la route principale. Je devrais tourner à droite mais un magasin SPAR est indiqué à l’entrée du village de Ros an Mhil. Ma petite voix intérieure me dit d’y aller. Je m’y dirige pour y déjeuner, recharger une de mes batteries externes, choper la WIFI, publier mes deux derniers posts puis discuter avec un vieux monsieur à vélo électrique qui arrive sous le déluge ! Un gros grain vient d’éclater. Quel bol ! Je suis au chaud avec une belle vue sur d’autres lacs. Et sur les drapeaux des couleurs du club local en l’occurrence celui de Galway.

Le soleil réapparaît. Il est 9h00. Après cette longue pause bien venue, je reprends la route. Auparavant, j’ai reçu un message de Carmina, mon Bel Amour, qui fait le marché de L’Arche-en-Pays-Toulousain ce matin à Blagnac en fort bonne compagnie avec Kévin l’homme à tout (bien) faire et Fred le bûcheron canadien. Après avoir contourné la baie, je rejoins le bord de mer à marée basse.

Puis je rentre à nouveau à l’intérieur des terres où les nuages s’amoncellent sur les sommets des petites montagnes. Le sommet est le An Bhinn Bhán qui culmine à 729 mètres. Quant à moi, j’ai tracé une route, en suivant des variantes de l’EV1, qui me fait rester au plus près de la côte.

D’ailleurs, dès que je la rejoins, le ciel se dégage et mon panneau solaire devient actif. Ce golfe est d’ailleurs assez impressionnant par sa forme complètement déchiquetée et parsemée d’îlots.

Par contre, dès que je rentre dans les terres, ça se couvre à nouveau. D’ailleurs, je viens de m’arrêter dans un recoin pour choper ma vérité jaune. Un grain s’annonce. Le vieux tracteur, conduit par un vieux monsieur, me double à son tour alors qu’il était le nez (du monsieur) dans le moteur (du tracteur) un peu plus bas.

Comme la caravane, le grain passe. Au loin, j’aperçois encore des laquets dans cette lande sauvage balayée par le vent toujours aussi fort. Alors que je progresse tranquillement, je croise une jeune femme, en short et tee-shirt, courant à bonne allure et poussant son enfant dans une poussette de course. Ce matin, j’ai aussi croisé un cycliste en tenue d’été. Pour info, j’ai un tee-shirt à manche longue (théoriquement, pour me protéger les bras du soleil !), ma veste d’hiver du Stade et, trop souvent à mon goût, ma veste jaune de marin-pêcheur. Et je vous assure que je n’ai pas chaud !

Après cette escapade dans les terres et dans la brouillasse, je rejoins à nouveau le bord de mer beaucoup plus ensoleillé. On voit la mer striée par le vent qui la parcourt.

Peu avant 13h, j’arrive dans le premier village traversé depuis mon départ. Il s’agit du joli port de Roundstone. Il y a affluence en ce samedi matin. Je dépose HakaOne un peu à l’écart de la circulation automobile et piétonne.

Et, moi, je me pose au 1er étage d’un charmant café (le O-Dowds) où je me commande une Bouddha Bowl Salad absolument délicieuse. Puis je termine par un incontournable Carrot Cake accompagné de son non moins incontournable Americano.

Alors que je m’enquiers du password pour la wifi, la jeune serveuse rouquine me répond en français. Décidément, ce pays attire beaucoup de nos compatriotes. Par contre, je n’ai pas pu recharger mes appareils comme je l’aurais aimé. En effet, les prises sont trop basses et le câble coince. Tant pis. J’espère un peu de soleil pour recharger une de mes batteries externes avec mes panneaux solaires. C’est pas gagné ! Il est 14h. Il est l’heure de repartir. Je sors de ce beau village portuaire (la plupart le sont). Une magnifique plage de sable fin m’invite à la baignade mais je préfère tailler la route.

Le vent est toujours présent. Mais je l’ai de côté. D’ailleurs, je n’ai pas besoin de manche à air pour savoir d’où il arrive. Il suffit de regarder les rares pins. Ça souffle plein ouest venant de la mer. Pour la météo, c’est pareil. Je regarde ce qui se passe à l’horizon pour savoir ce qui m’attend : soleil, nuage ou grain.

Je remonte ainsi la côte au plus près vers le nord. J’évite de rentrer dans les terres. Les nuages noirs accrochent les sommets. Ça doit dégringoler grave là-haut. Quand je repense à hier, c’était vraiment dantesque : deux heures sous un déluge avec ce vent violent et froid … Je me souviendrais du Connemara. Ici, c’est un peu plus cool. Je trouve une nouvelle plage de sable fin. Seuls les habitants du coin doivent connaître ces magnifiques spots. Un moment je me fais doubler par une voiture irlandaise mais j’entends un « Allez le Stade ! » dans un parfait français. Cele n’a dû m’arriver qu’à 3 reprises.

Après avoir traversé la grande ville du coin mais très fréquentée de Clifden (il y a même des embouteillages !), je quitte rapidement la N59 (très fréquentée également) et remonte un estuaire très étroit vent dans le pif. Peu avant 16h30, j’arrive en vue Claddaghduff.

Je me pose dans le seul pub du village. En ce samedi soir, c’est blindé. Les places sont chères. De plus, il y a gym aux JO avec un Irlandais qui concourt au cheval d’arçon. Bonjour l’ambiance. Ils sont aussi chauvins que nous. Par contre, de passer la journée seul et presque sans nuisance sonore (si ce n’est les véhicules sur les grands axes), me rend particulièrement sensible au bruit. Et là, je dois dire que je suis servi. Il me faut maintenant trouver un nouveau bivouac. Je repère un cul-de-sac où je me rends. C’est au bout d’une petite route, le long de laquelle se trouvent quelques belles demeures, puis d’une centaine de mètres de lande. Au bout, c’est grandiose ! Je me pose derrière le muret pour me couper quelque peu du vent.

Comme ça souffle fort, je remonte un peu le muret avec les blocs de granit qui sont bien lourds. Ainsi, je peux dîner à l’abri de ce muret surélevé en admirant la mer déchaînée. Encore une bien belle journée malgré ces conditions météos toujours compliquées. Et ce n’est hélas pas fini …

Résumé : 98kms, 5h45, 17,0km/h, 550D+, nuageux / éclaircies, bivouac


Laisser un commentaire