J19 – lundi 5 août – Letterfrack / Newport

Mes colocataires ont été cool. Pas de ronflement. Pas de rentrée nocturne. Pas de départs matinaux. Je me réveille vers 7h30. Il me faut ranger la tente que j’ai tenté (hi-hi-hi) de tendre sur un fil. Et aussi ranger mes vêtements toujours aussi humides. Puis je déjeune d’un porridge, thé, toasts confiture à la table d’une famille praguoise. Forcément, j’évoque mon séjour dans cette belle capitale tchèque et mon seul marathon couru à l’étranger où je n’ai pas passé la barre des 3h (3h03 de mémoire). Comme excuse, il avait fait particulièrement chaud sur le retour. Il est 8h30 et il est temps de prendre congés de mes charmants hôtes et de cet endroit hors du temps.

Il ne pleut plus alors que la météo locale annonçait de la pluie jusqu’à 10h. Le ciel bleu réapparaît enfin. Je rejoins l’EV1 qui suit la N59. plus bas dans le village.. Je rentre dans le parc de la magnifique Kylemore Abbey bâtie dos à la montagne et au pied d’un lac .

Le soleil essaie de percer à travers les nuages qui accrochent encore les sommets des montagnes du Connemara National Park. Je longe à nouveau de grands lacs. Avant que je n’oublie, spéciale dédicace à mon oncle et parrain Dédé qui fête aujourd’hui ses 76 ans depuis sa Thaïlande adorée. Et oui, le temps passe.

Puis je retrouve ces paysages sauvages de landes, lacs et montagnes, ces troupeaux de moutons et brebis qui paissent tranquillement en ce début de semaine ensoleillé et ces petites fermes éparpillées dans cette sauvage nature.

Je poursuis ma route en contournant cet immense estuaire bordé par de hautes montagnes, nommé d’ailleurs Kinelly Fjord qui me rappelle effectivement les fjords norvégiens. En milieu de matinée, je traverse Leenaun au fond de cet estuaire. Tout est fermé. Cependant, de nombreux camping-cars squattent les parkings ouverts et gratuits. Le spot est connu.

Après avoir passé ce village, je reviens vers la mer en longeant ce fjord en empruntant la R335 vers l’ouest et laissant la N59 qui file vers le nord. Là, je me prends le vent marin de face. Moutons et brebis se baladent tranquillement le long de cette route limitée à 80km/h voire se baladent sur les murets en pierre. La circulation n’est pas très dense heureusement.

La route bifurque ensuite à droite pour longer ensuite la tumultueuse Bundorragha River où j’aperçois quelques pêcheurs à la truite. Et au milieu coule une rivière … Je passe également devant un magnifique complexe hôtelier 4* Dolfin Lodge perdu dans cette magnifique environnement. Je n’ose pas y rentrer pour prendre mon café. Tant pis.

Plus loin d’ailleurs, ce lodge a équipé un food-truck en bordure de lac. Malheureusement, il n’est pas encore ouvert. Je continue ma route légèrement vallonnée mais ô combien agréable avec ces rayons de soleil qui percent les nuages. D’ailleurs, j’en ai profité pour mettre mes affaires à sécher sur mon porte-bagages.

Dans ces paysages perdus, je croise quelques randonneurs ou marcheurs qui ont garé leur véhicule sur de petits parkings. Je croise également un autre cyclotouriste moins chargé que moi. On se salue en se souhaitant bonne route. Vers midi, j’arrive enfin Louisbourgh, jumelée avec son homonyme au Canada. Je m’arrête dans un café-lunch pour y déjeuner d’un succulent et roboratif Irish Breakfast. Il n’est pas encore 12h30, heure pour le lunch. Et, en plus, ils passent « Stairway to Heaven » de Led ZEPP’. Trop bon !

Alors que je branche ma connexion Free4G, le téléphone sonne. C’est le fiston qui m’appelle. La connexion, je veux parler des connexions avec nos êtres chers, fonctionne encore parfaitement. On papote avant que mon plat n’arrive. Vers 13h20, je reprends ma route sous un ciel toujours instable … mais sans pluie ! Je retrouve des paysages familiers de prairie où les vaches paissent tranquillement sous un beau ciel bleu.

Je poursuis ma route en longeant la baie de Westport. Je m’éloigne du Connemara dont on se rappellera ! Une piste cyclable permet de se tenir éloigné de la circulation assez dense le long de cette R335. C’est marée basse. Au loin, des cavaliers se baladent dans la baie. Il y a plus moche comme randonnée équestre.

Je comprends pourquoi la circulation s’intensifiait. En effet, j’arrive dans cette ville portuaire de Westport tout en fond de baie. Ce charmant port a été transformé en village vacances avec de grands bâtiments en pierre, des parkings payants blindés et une ancienne ferme transformée en Disneyland. Tout ce que j’adore ! Et, de plus, il est impossible de se baigner tellement c’est vaseux.

Je pense aussi qu’il s’y court un marathon vu les marques sur le sol 41 et 20 à 1 km de ce village. Je confirme. Il y a bien un marathon, semi et 10kms qui se sont courus le 13 avril. Le marathon se gagne en 2h48’51. A ma belle époque, j’aurais pu finir 2nd avec mes 2h49’11 ! Mais bon, je pense qu’il est moins roulant que celui de Paris …

Par contre, je traverse ce village par une petite route qui traverse un grand parc avec une beau manoir au fond … avant d’arriver sur cette ferme transformée en parc d’attraction. Plus loin, le magnifique golf 18 trous n’attire pas la foule. Je préfère de loin ce petit hameau de RocasHill avec vue sur le Croak Patrick et ses 764 mètres qui surplombe cette baie. J’emprunte à nouveau de toutes petites routes pour éviter l’axe principal N59 qui revient par là. J’adore.

Mais, pour arriver sur Newport, il faut à nouveau emprunter cet axe. Heureusement, les élus ont eu la bonne idée de construire une magnifique piste cyclable qui longe puis part dans la campagne pour éviter d’emprunter cet axe. Et les aménagements sont au niveau de la piste.

Et, ô comme c’est bizarre, il y a énormément de cyclistes solos ou en famille qui se baladent sur cet axe. Ben oui, nous n’arrêtons pas de le répéter. Plus les élus développeront de vraies pistes cyclables (Réseau Express Vélo entre autres) sécurisées, continues et balisées, plus il y :aura de cyclistes. Et plus ils construiront d’infrastructures routières : autoroute (par ex Toulouse-Castres qui est une totale aberration et un scandale écologique et humain – demandez aux paysans dont le tracé va passer au milieu de leurs exploitations !), ponts, rocades, parkings, …plus il y aura de véhicules ! CQFD …

Vers 16h, j’arrive dans cette charmante ville de Newport. Je m’y arrête pour y faire mes emplettes et boire ma dose d’houblon quotidien. Il me faut partir à la recherche de mon bivouac. J’ai repéré quelques pointes dans cette baie où la navigation ne doit pas être évidente vu le nombre d’îlets. La première tentative sera la bonne. Après avoir pris une petite route goudronnée pour desservir quelques maisons, j’attaque un chemin empierré. Sur les côtés et au bout se trouvent des barrières. Mais avant d’arriver au bout de ce long chemin, il y a juste mon emplacement qui n’attend que moi avec vue sur mer et sur le sommet. Et, en plus, je suis protégé du vent. Il y a pire comme bivouac !

De l’autre côté, j’ai vu sur l’estuaire de Newport au fond à gauche où quelques bateaux de pêcheurs rentrent au port et, aussi, sur les moutons qui paissent, dont un est passé de vie à trépas. Il est juste devant le petit abri (au milieu à droite), allongé sur le dos, les quatre pattes en l’air.

J’en profite pour faire sécher toutes mes affaires avant de me faire ma séance de Qi Qong (il ne faut pas perdre les bonnes habitudes) et dîner d’une pomme de terre farcie. Ensuite, après être passé par-dessus la barrière, je pars, en marchant à travers champs, vers la pointe pour espérer voir le coucher de soleil. Hélas, les nuages m’en empêchent. Tant pis. La vue est quand même superbe.

Il est temps de rentrer au chaud dans mon duvet pour lire les exploits des français dans l’Equipe. A ce sujet, mon p’tit frangin Manou est dans les tribunes du Stade de France avec sa fille Zoë et son mari Maxence. Belle soirée à tous !

Résumé : 99kms, 5h28, 16,1km/h, 655D+, beau temps, bivouac


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