Ce sont à nouveau les mouettes qui me tirent du lit. C’est l’étale. Aucun vent. Calme plat. Ciel qui se dégage. Température douce. La journée s’annonce bien. Comme hier soir, je déjeune à l’abri de la stèle assis sur la bâche de mon vélo.

Vers 7h30, je parcours les 5kms pour sortir de cette pointe. Cela me fera mon échauffement avant d’attaquer en frontal la petite route EV1 qui me fait couper la pointe. J’avais hésité à faire le tour mais je n’aurais emprunté qu’une route régionale. Effectivement, ça grimpe sec. Mais, en me retournant, j’aperçois la pointe où j’ai dormi cette nuit (en plein centre de la photo).

En ce dimanche matin, je ne croise à nouveau pas grand monde si ce n’est une marcheuse matinale avec son chien. Je continue à grimper sur ce massif dont le sommet culmine à 529 mètres. J’essaie de respecter la signalisation afin de ne pas écraser un malheureux écureuil rouge. Une centaine de mètres en-dessous, un autre panneau signalait la mort de l’un d’eux écrasé par un automobiliste.

Arrivé sur la plateau, il n’y que les éoliennes qui me saluent. A part quelques fermes disséminées dans ces landes, il n’y a vraiment pas grand monde dans le secteur.

Je passe devant l’école du village complètement isolée sur les hauteurs.

J’attaque alors la descente pour rejoindre le village d’Ardara en fond d’estuaire. Avant d’y arriver, je passe devant la distillerie. Ce n’est pas la première que je vois. Il me semble que le whisky irlandais est assez réputé. Quant à moi, je ne mets plus le nez dessus depuis une mémorable cuite prise avec cette boisson. Ce fût une de mes 3 cuites majuscules. Je me suis promis qu’il n’y en aurait plus après.

Il est 9h30 quand je traverse ce village encore endormi. De toute façon, il est encore trop tôt pour mon breakfast irlandais. Je poursuis ma route en suivant l’EV1 qui me fait à nouveau couper à travers une autre pointe. C’est reparti pour de la grimpette ! Mais, contrairement aux décors boisés de la précédente, je retrouve ces paysages de landes perdues parsemées de laquets. Je me régale sur cette petite route vallonnée qui serpente dans cette nature sauvage.

Hélas, je retrouve la nationale N56 qui longe la côte. Heureusement, une belle piste cyclable la longe. Un parking m’invite à faire une pause et prendre cette photo de la baie. Un joggeur arrive. Il s’arrête pour taper la causette. Comme il parle très bien français, nous échangeons dans la langue de Molière plutôt que dans celle de Yeats (célèbre poète irlandais). Il m’invite à parcourir les deux péninsules (en français dans le texte) que l’on aperçoit au loin. Et surtout la seconde en précisant que je devrais monter la falaise à pied ! Ça promet …

Je le remercie de ces précieux conseils et repars. De toute façon, min itinéraire me faisait passer par là pour éviter cette satanée N56. Heureusement qu’une partie de cette belle piste cyclable emprunte un chemin qui longe l’estuaire. Je dois passer le pont tout au fond puis, comme d’habitude, refaire le chemin en sens inverse de l’autre côté.

Mon joggeur m’avait précisé qu’il y avait un Foodtruck-café avant le pont. J’y arrive. Mais, il y a tellement de bruit que je préfère continuer ma route. D’autant plus que les motards s’en donnent à cœur joie et roulent plein gaz sur cet axe très roulant. J’adore … Comment, pour le plaisir d’une seule personne, en faire chier des centaines !!! Une fois le pont franchi, je quitte ce monde de sauvages pour retrouver le vrai monde sauvage. Et je préfère … Par contre, il y a vachement de monde à la plage ce matin.

Un vieux paysan sur son antique tracteur surveille son troupeau au pied d’une magnifique dune de sables. Je passe ensuite devant la belle plage dont m’avait parlé mon joggeur. Ce spot doit être connu de quelques locaux. Seuls quelques voitures stationnent sur le petit parking. Des baigneurs profitent du beau temps devant le regard impassible des ruminants.

Je termine le tour de cette première péninsulette. Hormis quelques résidences secondaires et fermes éparses, je n’ai pas trouvé un seul commerce. Il est 11h passé. Je commence à avoir les crocs. Je mange quelques gâteaux secs et mes premières mûres ramassées le long de la route. Je retrouve la N56 avec sa piste cyclable pour quelques kilomètres avant de m’enquiller la seconde péninsule. J’aperçois 3 cyclistes devant moi qui prennent la même direction. Mais je ne les reverrais pas. En effet, la « falaise » à grimper s’avère sacrément pentue : trois cent mètres debout sur les pédales dans une pente à 10% !

Mais une fois arrivé en haut de ce plateau, j’en prends, une nouvelle fois, pleins les mirettes. Heureusement que j’ai mes lunettes de soleil ! Un laquet semble perdu au milieu de ces landes qui dominent l’océan et la péninsule d’où j’arrive avec sa plage de sable blanc au loin. Puis, en contournant le massif montagneux pour passer plein nord, j’aperçois à nouveau ma pointe d’hier soir et le massif montagneux d’avant-hier en arrière plan.

Résumé : 102kms, 6h00, 17,1km/h, 910D+, nuageux / pluie, bivouac
Après avoir mangé quelques mûres et, aussi, mangé quelques murs bien raides, j’arrive sur la face plein ouest qui donne sur l’océan sauvage. Auparavant, je me suis arrêté discuter avec une randonneuse allemande dont le camping-car est stationné plus bas. Puis, ce sont d’autre randonneurs que je vais doubler sur cette incroyable route en bord de falaise. Puis je découvre enfin la fameuse falaise trouée évoquée par mon joggeur. Je pose HakaOne et descends dans le champ en contrebas de la route pour profiter du spectacle.

De l’autre côté, face nord, un trou moins visible est aussi présent en bas de cette falaise. Quel magnifique panorama !

Je redescends ensuite vers le village. Avant d’y arriver, je passe au-dessus de l’autre plage de sable fin dans sa crique et dominée par une ancienne tour de surveillance.

Juste à l’entrée de ce hameau de An Machaire, je tombe sur un centre de jeunesse (Maghery Café) posé devant le stade. Je peux y déjeuner. J’ai vraiment les crocs. Ce sera à nouveau F.I.B. avec brownie chaud au chocolat arrosé de marmelade pour finir, le tout servi avec une carafe de café. Et le tout pour la modique somme de 12€. Je laisse un bon pourboire à cette jeune et sympathique équipe. De plus, il y a Wifi et prise pour recharger mes appareils. Je fais un super break avant de terminer cette magnifique journée.

En sortant de ce hameau, une jeune fille se prépare, devant le camion de son père, à partir faire sa sortie vélo. Quant à moi, je file vers la ville de Dungloe (An Clochán Liath). Quelques kms plus loin, elle me double. Puis c’est au tour du papa qui appuie fort pour revenir sur sa fille. Il la rejoint. Je les vois s’éloigner. Arrivé en ville, je trouve un magasin ouvert pour faire mes courses quotidiennes. J’avais zappé que nous étions dimanche. Je prends ensuite la route régionale R259 qui suit la côte. J’arrive au petit port de Burtonport qui dessert l’île de Arrannmore (Àrainn Mhór). Un pub m’ouvre ses portes pour ma Guinness bien méritée après cette journée homérique. J’adore cette ambiance où les gars, assis sur des tabourets autour du bar, discutent avec la patronne. Comme souvent, l’un d’eux me demande d’où je suis, d’où je viens et où je vais. Et la conversation s’engage.

Par contre, il est 17h00. Il me faut repartir à la pêche au bivouac ! Je consulte ma carte et repère une pointe avec vue sur l’océan du côté de Cloughglass. Je positionne le point d’arrivée dessus et let’s go ! Arrivé sur site, il me faut ouvrir/fermer 2 barrières qui ferme un champ. Puis prendre un chemin piéton à travers les dunes en poussant HakaOne. Et ensuite trouver la plateforme pour accueillir ma tente. Encore une fois, c’est magique ! J’ai même ma plage privée au pied du bivouac.

Je plante le bivouac avant de descendre dans les rochers à l’abri du vent pour me laver. Je profite de cet endroit à nouveau extraordinaire pour faire ma séance de Qi Gong.

Il est l’heure de casser la croûte, toujours à l’abri du zef, après cette nouvelle journée incroyable. Puis de bouquiner l’Equipe, les pieds en éventail, en attendant que le soleil ne décline.

Je me répète mais c’est vraiment le cas. Même si c’est rude (je viens encore de me taper +1.000 mètres de dénivelé positif), les paysages étaient superbes sous ce beau soleil irlandais et une température qui dépassait les 20°c. Incroyable pour un mois d’août !

Demain, je pense que la journée sera aussi rude. Je continuerai ma montée vers le nord.
Résumé : 90kms, 5h42, 15,8km/h, 1.087D+, beau temps, bivouac
Hello Gaël,
En te lisant, on sent que ce fut une très belle journée.
Bonne continuation,
Philippe
Note: F.I.B. = Full Irish Breakfast
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Hello Philippe,
La journée oui comme souvent. Par contre, la nuit …
A bientôt.Gaël
PS: … faudra attendre demain !
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