J26 – lundi 12 août – Cloughglass / Dungloe

Quand je concluais mon blog d’hier en disant que la journée serait rude, je ne pensais pas si bien dire. En fait, ce n’est pas la journée mais c’est plutôt la nuit qui a été apocalyptique. Et je pèse mes mots. Je n’en avais encore jamais passé une comme celle-ci depuis que je vadrouille à vélo. Pourtant, après une superbe soirée en bord d’océan, je me suis couché tranquille comme baptiste.

Mais, en pleine nuit, un violent orage éclate. Ma tente, plantée dos au vent soufflant plein sud, fait le job comme d’hab’. La pluie tombe drue. J’ai la présence d’esprit de mettre mes affaires « vitales » (téléphone, passeport, portefeuille) dans mon sac waterproof à l’intérieur de ma sacoche avant. Je ne dors que d’un œil malgré mes boules Quiès. Le bruit du vent et de la pluie est infernal.

7h50 – plein ouest

Quand, tout à coup, un coup de vent plus violent que les autres m’arrache le toit de ma tente. Je me retrouve, à poil sous mon duvet, avec des seaux d’eau qui me tombent dessus et un vent à décorner les cocus qui me balaie. Je m’extirpe rapidos du duvet pour me précipiter à l’extérieur. J’espère juste que la toile n’est pas déchirée. Des éclairs illuminant la nuit me permettent de voir l’étendue des dégâts. Un piquet arrière, pourtant enfoncé jusqu’au crochet, a été arraché. Il faut dire que le sol est plutôt meuble dans ces humides contrées. J’arrive tant bien que mal à remettre le piquet en place et renfiler le toit. Puis je rentre fissa à l’intérieur. C’est devenu une pataugeoire. Mon duvet et ma veste bleue sont trempées.

7h50 – plein nord

Ma sacoche avant, contenant mon iPad et le sac waterproof, baigne dans la flotte mais sans dommage apparent. Heureusement, mes affaires de vélo, fourrées dans le sac du duvet dont je me sers comme oreiller, n’ont pas pris la marée. Après m’être vigoureusement frictionné avec un vêtement sec, je m’habille pour ne pas choper la mort. Puis je me mets en position fœtale alors que mon matelas gonflable permet de rester relativement au sec. Je n’ai plus qu’attendre le lever du jour en espérant que tout tienne jusque là.

7h51 – plein est

Alors qu’il commence à poindre, le vent tourne et souffle alors violemment plein ouest. De ce fait, la tente se trouve avec le vent de côté. Pas bon ça. Elle plie mais ne rompt pas. La pluie n’a pas cessé. J’ai peur que l’arceau de carbone maintenant la structure ne finisse par péter. Pour le soulager, je décide de faire une partie de jambes en l’air !Je m’allonge sur le dos et tend une jambe avec le pied en appui pour faire un renfort. Lorsque je commence à fatiguer, je change la jambe. Le temps me paraît interminable. Mes chaussettes et mes pieds sont trempés et gelés. Vers 7h30, la pluie cesse enfin. Par contre, le vent, lui, souffle toujours fort. Tant pis. Je sors et plie le bivouac le plus rapidement possible. J’enfourne tente, duvet et matelas gonflable dans leurs sacs respectifs. Je me dépêche vu que de gros nuages noirs arrivent plein ouest (photo du haut). Il est temps de vite partir de cette pointe et de rejoindre Dungloe à 10 kms d’ici plus au sud.

13h30 – Dungloe

Après avoir traversé les dunes de sable, je rejoins le parking de la plage et me prends le vent plein fer pour retrouver la civilisation. Il est 9h00 quand j’entre dans le premier café ouvert. Je profite des toilettes pour me changer. Puis je dévore un F.I.B accompagné d’un américano suivi d’un AméricanoScone ! A ma sortie, les voisins du café doivent se demander quel est ce personnage bizarre en short de plage, tee-shirt et claquettes qui se baladent par ce temps à vélo !

J’ai profité de ma longue pause café pour réserver une chambre dans un petit hôtel RiverHouse à la sortie de cette petite ville. J’ai également réservé mon billet d’avion pour le jeudi 22 août. Cela devrait le faire … si la météo, HakaOne, mes gambettes et le reste le permettent. J’ai aussi trouvé un endroit pour laver et sécher mes affaires. J’y rencontre une famille lyonnaise, louant une maison dans les terres, qui vient également laver ses affaires. Le père me raconte qu’ils n’ont plus l’électricité suite à ce violent orage.

Alors que je n’ai toujours pas de nouvelles des proprios pour savoir si je peux arriver avant 16h, je retourne en ville à la recherche d’un coiffeur. Manque de bol, en ce lundi, les 2 barber’s et les 2 coiffeurs sont fermés. Tant pis. Par contre, je tombe sur un magasin qui commercialise, entre autres, des vêtements pour les pros. Je fais l’acquisition d’un ciré noir, un peu plus lourd et encombrant que ma veste jaune Décath, mais qui devrait beaucoup mieux me protéger de la pluie. Adieu ma tenue de marin-pêcheur qui a quand même fait le tour d’Europe !

Norvège 2020

En descendant la rue principale, je croise deux cyclotouristes allemandes en mode Gravel. Je fais demi-tour pour aller taper la causette. Elles sont à la recherche d’un vélociste. En effet, l’une d’elles rencontre un problème sur sa roue arrière qui bouge (enfin, c’est ce que je comprends). Je leur propose de jeter un œil. Je vire les sacoches et fais tourner sa roue qui est effectivement bien voilée. Après inspection, il s’avère qu’elle a sa jante qui est en train d’éclater au niveau d’un rayon. Elle est en train de faire une Nico (cf blog Thaïlande 2023). Décidément, c’est la spoke story ! Je les aide à trouver un magasin de vélo à quelques kms d’ici et les abandonne. Il est 14h. Je trouve un café sympa dans l’ancienne église du village reconvertie en Office de Tourisme. Je me prends une belle salade végé et attends la fermeture à 15h pour me rendre à ma chambre.

J’aimerais bien aller prendre une bonne douche chaude et me taper une super sieste. Mais les proprios ne répondent ni à mon mail, ni à mon appel, ni à mon SMS. Finalement, la réceptionniste (je pense une ukrainienne, me donne la clé d’une chambre plus spacieuse. Je peux enfin me poser dans cet endroit impersonnel en bordure de N56. Pour 60€ avec p’tit déj’, c’est parfait. Même le programme est affiché au-dessus de mon grand lit.

Riez aux éclats. Suivez votre cœur. Profitez des petites choses.

Je dois avouer que, cette nuit, je n’ai pas trop respecté la 1ère maxime. Je passe l’après-midi à me reposer et bichonner ma petite personne. Demain sera un autre jour …

Résumé : 16kms, 1h20, 12,2km/h, 87D+, variable, hôtel


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