Alors que j’étais bien à l’abri de mon mur, c’est la pluie qui s’est invitée cette nuit. Réveillé aux aurores, j’attends une accalmie pour plier les gaules. Il est 7h30 quand je quitte cet humide bivouac. J’ai enfilé mon nouveau ciré que je vais tester une bonne partie de la journée.

Je prends un dernier cliché depuis le cap nord irlandais avant d’attaquer ma descente vers le sud et le beau temps …

Pour la trace, je n’ai qu’à suivre la Wild Atlantic Way. Elle correspond à ma route. Je pars sous une légère bruine qui va vite se transformer en pluie. Cela ne perturbe nullement les ovins qui paissent tranquillement dans les vertes prairies. Ceux-ci doivent participer au loto du 15 août. Plutôt que de tirer des boules, ils vont tirer des brebis (sic !). « Allez boulègue Coco, boulègue ! ».

Je suis cette route sans peinture au plus près de la côte. Evidemment, je ne rencontre pas grand monde en cette journée estivale. Les plages sont désertes, les villages traversés aussi.

Pourtant, ce doit être fort agréable par beau temps. Il n’est qu’à voir la photo de la.pointe Radhairc.

A 9h pétantes, je traverse le village de Gudalff. Comme je n’ai mangé qu’une banane depuis ce matin, j’aimerais bien trouver un endroit où me poser. Un petit commerce dans le centre est ouvert mais je pousse un peu plus loin. A la sortie du village, se trouve un hôtel-restau. Je m’y arrête pour prendre mon traditionnel F.I.B. dans un cadre cosy. De plus, le ciré fait le job.

Après cet intermède fort apprécié, je renfile ma combinaison sous-marine puis je reprends mon chemin sous la pluie qui n’a, hélas, pas cessé. C’est dommage car le paysage est superbe avec ces falaises et ces plages de sable blanc comme dans cette baie de Tremone.

Évidemment la belle plage est déserte comme les magnifiques terrains de foot au-dessus.

J’aurais bien aimé jouer sur de tels billards. Même au niveau régional, les pelouses n’étaient pas aussi belles. J’ai parlé trop vite. Voilà un coureur qui déboule la pente à un bon rythme. On se salue. Je continue. En voilà deux autres mais avec un dossard, le premier portant un coupe-vent. Et puis d’autres …

Je suis effectivement en train de remonter une course. Il s’agit d’un 10kms pour les dossards bleus et d’un marathon pour les rouges mais a courir en 4 jours. Je croise ainsi plus de 200 coureurs (au pifomètre) et retrouve cette ambiance connue pendant des années. Chacun l’adresse un encouragement ou un signe. Moi de même évidemment ! Je profite aussi du spectacle de Dame Nature.

Peu après 11h, je me pose pour tomber ma combinaison de pluie qui a cessé. Quelques coins de ciel bleu font leur apparition. La course a bifurqué à droite après un sacré raidard. D’ailleurs, ça ne fait que ça. J’admire ma dernière baie ( Glenavigney) du nord de l’Eire avant de couper cette péninsule pour rejoindre le port de Greencastle.

Alors que je l’attaque du bord de mer, je grimpe ma dernière pente mais pas la moindre (The last but not the least). HakeOne est obligé de monter en zigzaguant tellement c’est raidoche. Je passe le mont Crockaulin qui culmine à 378 mètres.

Puis j’attaque la descente piégeuse. Je me fais une ou deux frayeurs mais ça passe. Alors que j’arrive en vue de Greencastle, j’aperçois le traversier qui entre au port. J’accélère et arrive en même temps que lui. Ouf !

Avant cela, je m’étais arrêté pour prendre en photo ce panneau du bas que j’ai vu pas mal de fois ces jours-ci. Il faut que je regarde à quoi il correspond.

J’embarque sur le traversier avec ce cycliste à la veste jaune sur son vélo Giant. Évidemment quand un cycliste rencontre un cycliste, qu’est-ce qu’il se raconte ? Des histoires de cyclistes bien sûr. Je sympathise donc avec Barry qui se rend chez des amis à Portrush sur la côte alors que sa femme et son fils le rejoignent en voiture. Un grand classique des tarés du vélo ! On discute pendant la traversée et n’ai même pas le temps d’immortaliser mon arrivée en Irlande du Nord.

Nous arrivons chez les « animals » (ce sont ces termes), passons devant une énorme prison et roulons ensemble, à un bon rythme vent dans le dos jusqu’à Downhill. Il va descendre en France en-dessous de Pau pour faire une cyclo avec un de ses amis qui aurait dû courir les mondiaux dans les 60+. Las, il s’est blessé. Arrivé à Downhill, on se quitte au vu de la bosse à monter. En souvenir de notre rencontre, il me laisse une barre énergétique. Sympa.

Je continue ma route en solo. Comme il commence à faire faim, je bifurque vers
Castlerock pour déjeuner dans un endroit associatif ànouveau charmant.

Puis je reprends la route sous le soleil. Je passe devant l’école de cette bourgade en empruntant une belle piste cyclable. Je m’y arrête devant ce panneau ô combien évocateur. Sans commentaire …

Je redécouvre ensuite des champs de blé et de maïs à travers une campagne beaucoup plus plate.

J’emprunte à nouveau des routes sans peinture pour arriver à Bushmill où je m’arrête faire mes emplettes. Les drapeaux de GB accrochées devant les maisons fleurissent aussi ici. Comme me l’a dit Barry, les tensions sont toujours fortes entre ces 2 communautés.

Vu l’heure, j’ai acheté une bière IPA pour ce soir et ne m’arrêterais pas dans un pub. Je me dirige vers les falaises du bord de mer et sa fameuse Chaussée des Géants en empruntant un chemin qui longe une petite voie ferrée et traverse un golf ! C’est la balade de fin d’après-midi.

Arrivé devant cette falaise, il me faut trouver comment accéder à ce chemin de Causeway Coast . J’emprunte l’entrée du musée où il y a foule sur le parking. Je comprends vite pourquoi. Le site est incroyable.

Je le parcours à vélo au milieu des randonneurs fort étonnés de me voir ici. Tous mes sens sont à l’affût pour tenter de trouver un spot. Je prends un chemin non balisé et bingo ! Encore un endroit extraordinaire. je suis au-dessus de la Chaussée des Géants en contrebas. J’irais demain m’y balader.


Je n’ai plus qu’à étendre tout mon barda, attendre que les derniers randonneurs rentrent au chaud et planter mon bivouac.

Après ma douche, ma séance de Qi Gong, une discussion avec une famille toulousaine (!) et un repas léger, il est temps d’aller au dodo sans avoir admiré une dernière fois le spectacle du soir.

Finalement, je suis aussi prolixe avec ce petit clavier même si les batteries s’usent rapidement avec mes outils Jetpack et Mappy.cz. Allez au dodo, il est bientôt 21h et ça caille maintenant que le soleil est couché.

Résumé : 95kms, 6h02, 15,7km/h, 1.158D+, pluie / éclaircie, bivouac