Ce matin, c’est une grosse envie d’uriner qui me tire du lit. Bien que je me sois agenouillé cette nuit, l’envie est pressante. Dans mon post d’hier, j’ai oublié de préciser que j’ai été invité, en rentrant à ma tente, à partager une bière avec les voisins qui fêtaient les 25ans de leur fille Caitlin. Je ne pouvais refuser. Après avoir plié les gaules puis déjeuné dans la chaumière, je quitte ce fort sympathique endroit, ses moutons, ânes, poules et vaches …

J’ai bien fait de tout plier alors que le vent avait séché tente et bâche. En effet, quand je sors de la cuisine, il bruine. Je pars avec mon coupe-vent. On verra. Il me faut remonter une belle pente avant de retrouver la route A2 appelée Causeway Coastal Road. A froid, ça tire sur les gambettes ! Je longe des landes désertes du côté et de grandes forêts de pins de l’autre.

Puis je descends vers la mer et la ville de Cushendum noyée dans l’océan et le ciel charbonneux. Par contre, j’ai enfilé mon ciré vu que la bruine est devenue pluie. C’est fou le nombre de fois où je suis obligé de m’arrêter pour changer de fringues en cours de journée. C’est d’ailleurs le cas ce matin. En arrivant en bord de mer, il ne pleut plus. Nouvel arrêt au stand.

J’en profite pour immortaliser cette fresque murale avec un joueur de hurling d’un côté et de lyre de l’autre.

Une fois passée cette ville, j’attaque la route longeant la côte. C’est plat et superbe. L’océan du côté et les falaises de l’autre. Et, à cette heure matinale et de week-end, très peu de circulation. Excepté 2 abrutis de motards sur des grosses cylindrées qui ont dû réveiller toute la ville en faisant hurler leurs bécanes.

Je n’ai rien contre tous les motards. J’en croisé une majorité très respectueuse et au moteur silencieux qui me salue. Mais les fous du volant (motard ou automobiliste) m’exaspèrent. Qu’ils aillent se défouler sur un circuit plutôt que de défouler sur la route. Comme le dit un panneau aperçu dans un hameau « Kill the speed but not a child« . (Tuez la vitesse mais pas un enfant). Tout est dit. Je me calme et profite de ma route à moi tout seul.

Je traverse les charmants petits ports de Cushendall, Waterfoot, Carnlough, Glenarm avant d’arriver à Ballygally. Tous ces villages sont bâtis en fond de baie, bien à l’abri sous la falaise.

Il est pile-poil 10h30 et j’ai les crocs. Las ! A part un hôtel prout-prout qui fait aussi restau comme avant hier (et un SPAR), il n’y a pas de commerce. Tant pis, je file jusqu’à Larne. Je laisse cette dame et son chien devant ce beau tableau.

Vers 11h, j’arrive dans cette ville industrielle et portuaire qui dessert Stranraer au sud-ouest de l’Ecosse. Ce doit être la raison pour laquelle je croise quelques cyclotouristes. Et aussi beaucoup de cyclistes du samedi matin (bonjour les jobards en tenue d’été !). Sans parler de quelques marcheurs qui suivent le Causeway ( bon courage en bordure de route). Sans oublier beaucoup de runners qu prépare peut-être le semi-marathon du 25 août (bonjour le dernier km avec la colline à gravir !).

Je me dirige vers le centre de cette ville industrielle. Je m’installe dans un café sans chichi, sans wifi, sans cb mais avec un copieux F.I.B. Vers midi, je quitte cette ville qui respire la pauvreté. En effet, beaucoup de magasins du centre et d’usines en sortie de ville sont fermés. Et, avec ce temps grisâtre, cela ne fait qu’amplifier cette impression de déprime locale.

Je retrouve ensuite ma route A2. Par contre, contrairement à ce matin, cela devient beaucoup moins agréable. Nous rentrons un peu à l’intérieur des terres et il y a un plus de monde sur la route. J’emprunte alors cette petite bande de goudron sur le côté. Mais le bruit des moteurs m’agresse les tympans. J’ai trop eu l’habitude de rouler sur des routes désertes.

Vers 14h, j’entre dans Carrickfergus. La ville se densifie. La circulation s’intensifie. Le Gaël, sur son vélo, se méfie et se liquéfie. Je me pose dans un café derrière le château pour boire un espresso et tenter de réserver une chambre pour ce soir et demain à Belfast qui est tout au fond de la baie à 1h d’ici à vélo.

Évidemment la wifi ne marche pas. C’est dingue. Je n’avais aucun problème en Asie et pourtant … Mais ici, ça capte pas. Il y a toujours un blème. J’essaie alors sur la 4G en espérant que Free a des accords avec les rosbifs. Je passe une bonne heure à chercher dans les auberges de jeunesse, petits hôtels, … Tout est complet à part des chambres à 200€ minimum la nuit ! Le prix de mon billet d’avion retour (sans HakaOne). Même le fiston, sollicité en la circonstance, ne trouve rien. Bon. De plus, quand je sors du café, la bruine est de retour.

Et la météo annonce de la pluie à suivre et cette nuit également. Cela s’annonce compliqué mon affaire. Je décide alors de changer mes plans et de rester sur place. Je vais voir un hôtel : complet. Le gars de l’accueil en appelle un autre : complet. Il me conseille de regarder les B&B au cas où. J’en dégote un en sortie de la Z.I. à 60€ la nuit. Bingo ! Je réserve.

Après quelques emplettes, je m’y rends. Mais, en arrivant sur place, la proprio me dit que les 2 chambres sont finalement louées et qu’elle m’a remboursé sur PayPal. Elle est désolée (et moi donc) et me propose d’aller voir un autre B&B un peu plus loin. J’y vais. Et là, la vieille dame qui m’accueille, me dit de redescendre. Finalement, Il y a eu un quiproquo avec une résa. La chambre est libre. Je peux enfin m’installer alors que la pluie arrive.

Finalement, je passerai me balader à Belfast demain toute la journée, si la météo est favorable, avant de continuer ma descente vers Dublin.
Résumé : 85kms, 4h48, 17,7km/h, 426D+, nuageux, bivouac