Après une nuit bien arrosée (et pas qu’avec les 2 bières), le soleil est de retour en cet avant-dernier jour de ma balade irlandaise. J’en profite pour déjeuner sur une table avec vue sur mer, soleil et ciel (presque) tout bleu. Le grand luxe !

A 7h30, je quitte ce petit camping pour retrouver ma route A2, Mourne Coastal Road. Ça circule sacrément en ce mardi matin et dans les 2 sens pour aller soit à Newcastle, soit à Kilkeel, l’autre grosse ville du coin. Autant dire que je serre les fesses et grimpe sur le trottoir dès que je peux. D’autant plus que la route est bordée de murets en blocs de pierre superbement encastrés. Les gars auraient pu être des champions de Tetris.

Après 45 minutes de route vent dans le nez, je traverse Annalong où j’aurais dû dormir cette nuit. Avec les bosses et le vent, cela aurait été compliqué hier soir. Je poursuis ma route jusqu’à Greencastle à l’entrée de l’estuaire de Warrenpoint. Vers 9h30, j’arrive devant un grand parking vide au sein d’un hameau perdu sans aucun commerce. Cela sent le plan galère. Pourtant il est bien indiqué les horaires. Le prochain traversier devrait être à 10h. Finalement, deux véhicules arrivent dont une famille drômoise d’à côté de Valence. Ils me confirment qu’il devrait bien y avoir un traversier … qui pointe le bout de son museau à ce moment-là.

Après une courte traversée, je débarque dans le charmant village de Greenore. Me voici de retour en République d’Irlande (Eire). Au revoir l’Irlande du Nord et ces gens, d’un mouvement de tête sur le côté, me faisaient comprendre que j’étais aussi jobard qu’eux !

Je m’installe ensuite dans une belle demeure qui fait office de café. Je dévore un F.I.B. fort bien venu.

Peu après 11h, je reprends ma route direction plein sud en retrouvant mes routes nationales irlandaises en l’occurrence la R173. Comme d’hab’, je serre à gauche en serrant aussi les fesses. Apparemment, un projet de voie verte (Greenway) ne fait pas l’unanimité dans le quartier. Ce qui serait bien pour les habitants et les usagers, ce serait de faire les deux : hôpital et réseau cyclable ! Quand au Sinn Féin, j’y reviendrai demain si j’arrive à trouver un carton facilement.

Quelques kms plus loin, je passe devant le panneau qui m’annonce que je suis a moins de 100kms de Dublin. Ça sent la fin …

Après une longue chevauchée sur cet axe fort emprunté, j’arrive en début d’après-midi dans la grande ville de Dundalk. Cette ville a la particularité d’avoir aussi de grands murs peints en son centre.





Cela embellit ces bâtiments moches. Par contre, alors que je sors d’un magasin, le ciel se voile subitement et un grain éclate. On croirait les giboulées de Mars. J’enfile mon ciré sous un porche avant de reprendre ma route. Et puis le soleil revient. Plutôt que de couper au plus court et de suivre ces dangereuses routes régionales, je décide de bifurquer vers la côte où le ciel est dégagé. Vers 14h30, je m’arrête pique-niquer sur un banc devant une maison où le/la proprio fabrique des.maisons signatures au toit de chaume.

Par contre, dans les terres, les grains éclatent !

J’arrive dans la baie de Cloggerhead. Le ciel est toujours dégagé sur la côte. J’en profite. J’ai même branché mon panneau solaire. Cela n’est pas arrivé très souvent. Par contre, un gros chantier m’attend. J’aimerais absolument passer la ville de Drogheda ce soir. Seulement, il me faut remonter mon dernier estuaire sur la route régionale R166. Un nouveau graine éclate. Je renfile mon ciré. Puis je me prends un faux plat montant, fort vent dans le nez, en serrant les fesses pendant 7 bornes. Après ce sera presque fini …

En plus, un connard en Audi me frôle sciemment de beaucoup trop près en me doublant. L’adrénaline monte. J’ai des envies de sortir mon antivol en U et de lui péter ses rétros et ses vitres à défaut de lui défoncer la tronche ! On respire bien fort et on se calme. J’arrive finalement entier à Drogheda. Le plus dur est fait. Je traverse une passerelle piéton, aperçoit au loin le superbe pont du train, tourne à gauche, sors de cette grande ville et Banzaï !!!

Je redescends vent dans le dos, à toute berzingue (+30km/h), la route R132 qui me ramène vers l’océan. Je traverse la ville de Balbriggan sans m’arrêter et file vers Skerries en front de mer. J’espère y trouver mon dernier bivouac en bord de mer pour clôturer en beauté ce magnifique road-trip.

Vers 18h30, je me pose enfin dans un pub pour ma dernière Guinness récompense du soir. Et celle-ci est vraiment méritée après cette longue et rude journée. A 19h30, je récupère HakaOne et nous repartons en exploration. Il ne faut quand même pas que je traîne de trop.

Je fais le tour de la pointe mais il y a trop de promeneurs du soir avec ou sans chien. Après avoir repéré un chemin qui descend vers la mer, je sors de cette station balnéaire et reprends la route côtière. Je m’y engage. Toutefois, j’avais bien vu des maisons sur Mappy. Mais, plus bas, c’est une ferme que je dois traverser avec 3 barrières à pousser. Finalement, au bout du chemin, je trouve mon bonheur.

Je m’installe rapidement. Me lave tout aussi rapidement. Puis dîne de quelques tartines de pain accompagné de mes restes. Je profite de ce dernier bivouac en frond de mer irlandaise.

Et au dodo après cette très longue journée sur le vélo.
Résumé : 124kms, 7h25, 16,7km/h, 554D+, beau temps / averses, bivouac