J7 – vendredi 9 mai 2025 – Izgrev / Chernomorets

Réveillé par le chant matinal des oiseaux , je me lève sous un ciel encore voilé. Je plie mon bivouac puis finis mes dernières provisions de bouche (pain, fêta, saucisson) avant de reprendre ma route dans la forêt. Je traverse le village désert de Izgrev avant d’arriver enfin en bord de mer dans la station balnéaire de Tsarevo.Je me pose dans le premier café avec vue sur mer où je peux payer en CB.

Puis je trouve un ATM où je peux enfin retirer de l’argent local avec ma carte virtuelle, ma CB physique ne fonctionnant toujours pas. Je contourne la pointe avant de sortir par une mauvaise route en travaux. Même les immeubles sont en cours de construction. Cela me change de l’intérieur des terres et de ses villages en ruine.

Après avoir dû rejoindre la route 99 pour franchir la rivière Kaparav, je retrouve un itinéraire à peu près cyclable avant d’arriver dans la cité balnéaire de Primorsko. Que bonheur de retrouver ces routes côtières où je peux admirer la mer à l’infini (en fin presque …).

Le long de la promenade, je me pose dans un café branché pour déguster un délicieux apple pie caramel accompagné d’un bon café. J’en profite pour appeler le fiston pour solutionner ce pb de CB. Après recherche, il s’avère que j’ai malencontreusement désactivé cette CB ! Je devrais donc faire sans. « Bien joué Dureau ! »

Après cette longue pose pendant laquelle j’en profite aussi pour recharger mon téléphone, je reprends ma route côtière. Je coupe à travers une pointe en empruntant une superbe piste. De l’autre côté se trouvent des vestiges mégalithiques mais je ne peux pas la contourner (la pointe) vu que je dois encore franchir un fleuve (?). Mais, mauvaise surprise au bout de cette piste, un portail coupe l’accès à la route 99. Heureusement, un trou dans le grillage me permet, après avoir viré mes sacoches, de passer dans ce trou de souris.

Sur ce portail, un écriteau m’interpelle. Apparemment, d’après ce que je comprends en anglais, il y aurait une mauvaise grippe africaine (ASF … rien à voir avec nos « chers » autoroutes français) portée par les sangliers. Décidément, vive la mondialisation !

Je retrouve donc la route 99 pour franchir le fleuve Ropotamo puis poursuis sur cette route où ça circule pas mal et où je n’ai pas trop de place pour garer mes miches. Ce n’est pas la Loire à vélo. D’autant plus que ce n’est pas non plus comme en Espagne, notamment dans les régions où le tourisme cycliste fait vivre le commerce,  où les automobilistes ne vous doublent qu’en laissant les 1,50 mètres légaux. A méditer également pour nos automobilistes franchouillards qui ont, pour la plupart, l’impression que la route leur appartient.

Dès que je le peux, je bifurque à droite pour rejoindre la côte. Je tombe sur un méga complexe hôtelier en construction. Mais la route est barrée par un vigile. Je lui montre ma trace GPS. Il me laisse passer. Une fois sorti de cette pointe en construction, je ne peux que déplorer le bétonnage massif de cette côte. Si vous voulez vous rendre en Bulgarie, c’est le moment. Cette côte sauvage est encore préservée. Elle est magnifique avec de belles plages de sable fin, des pointes enrochées et la nature sauvage derrière. De plus, les prix sont vraiment abordables (2 fois moins cher qu’en France). Après il sera, hélas, trop tard.

Au bout de cette baie à la superbe plage, je tombe sur un palace 5* (Marina Royal Palace Duni). Absolument incroyable (regardez sur Google mon ami). Puis je continue ma petite route en faisant cette fois-ci le tour de la pointe Budzhaka. C’est une succession de belles demeures et d’hôtel chicos dont celui-ci inspiré certainement par Gaudi le catalan. Cependant, à part un restaurant dans un hôtel 3  étoiles, je ne trouve rien. L’heure avance et j’ai vraiment les crocs.

Alors que j’arrive à Sozopol, un des plus beaux villages bulgares, je trouve enfin un restau en front de mer ouvert. Il est 13h30. Je me pose au Diamant et commande une moussaka maison délicieuse et copieuse accompagnée de yaourt bulgare et d’un épice …

… suivi d’un gâteau maison et d’un bon café évidemment ! De prime abord, comme souvent depuis mon entrée en Bulgarie, la serveuse ne m’a paru très sympa. Puis, après lui avoir baragouiné quelques mots bulgares, notamment pour demander du pain, elle s’est déridée. D’ailleurs, je retrouve un peu le caractère fermé des géorgiens. Certainement un trait de ces pays de l’est pas très bisous. 

Mais enfin, que cela fait du bien de manger un bon repas. Je vais pouvoir visiter la ville en toute quiétude. Après quelques kms, j’aperçois au loin l’ancien village perché sur un éperon rocheux. Sur la plage, une seule touriste fait bronzette. Au moins, elle n’est pas emmerdée par les voisins !

J’arrive dans la vieille ville et emprunte une corniche où sont installés quelques restaurants. C’est plutôt calme en cette saison. Je rencontre néanmoins un couple flamand-bulgare à VTT avec qui je converse en anglais.  Au-dessus de cette corniche, de vieilles maisons en bois dominent la mer. A l’intérieur, dans les petites ruelles, ces maisons sont partout présentes. C’est charmant !

Après avoir fait le tour de toutes ces petites ruelles, je quitte ce magnifique village. Pour éviter la route 99, j’emprunte une mauvaise piste toute défoncée. Probablement, l’ancienne route qui n’a pas été entretenue. Sur ma gauche, la route 99, sur ma droite des caravanes à n’en plus finir le long de la plage crade. Je relâche un moment mon attention et me prends un mauvais trou et une méchante gamelle. Putain, cela fait une semaine que je circule sur des pistes pourries et il faut que je me vautre sur une route bitumée. Je tombe sur le genou et la main gauche. Le poignet a pris un sacré pète. J’espère que le scaphoïde n’est pas pété. Je repars sur une main.

Je passe la ville de Chernomorets et continue sur cette route pourrie. Je m’arrête faire quelques emplettes et boire une bonne bière bien méritée dans un endroit improbable au milieu d’un village de pêcheurs et, ce, avant d’essayer de trouver un endroit où bivouaquer.

Je préfère ne pas rentrer dans Burgas ce soir. J’ai donc repéré un chemin qui longe la côte. De plus, il est fermé à la circulation par un grillage. Je passe sur le côté. Au bout d’une centaine de mètres, je tombe sur une magnifique chapelle orthodoxe non indiquée sur ma carte. Elle est construite à flanc de colline et donne sur la Mer Noire avec Burgas au fond. Et cerise sur le pompon, la chapelle est ouverte. Je m’y installe après avoir étendu ma tente en plein soleil. C’est inespéré !

Et voilà mon bivouac pour ce soir. J’ai déja dormi dans une mosquée, sous le hauvent d’une église catholique, dans un monastère bouddhiste mais pas encore dans une église orthodoxe. Il y a un début à tout dans la v

Résumé :

83kms, 4h56, 16,8km/h, 738D+, beau temps, squat


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