J10 – lundi 12 mai 2025 – Obzor / Varna

Mon premier bivouac en bord de mer en ce 10è jour de vadrouille (déjà !). J’adore. Je me suis endormi au son du doux bruit du ressac sur une longue plage de sable fin. J’en ai tellement bavé hier aprèm’ dans mes chemins montagneux, tortueux et boueux que j’ai du mal à émerger ce matin. Pourtant le soleil me fait un clin d’oeil. Il faut que j’en profite car cela ne va pas durer. Je plie le camp avant de m’installer pour déjeuner avec vue sur mer. C’est presque du 5* !

Je décolle vers 8h00. Alors que je viens de fixer mon panneau solaire, un sombre voile vient obscurcir le ciel. La température est de 12°c. Il me faut grimper 1,8kms sur un  mauvais chemin bétonné avant de retrouver la route 9 (aussi nommée route européenne E87). Je traverse ensuite le village de Obzor. Comme dans toutes les villes côtières traversées, des femmes au gilet jaune balaient la rue et les trottoirs.

J’avance tranquillement sur les collines au-dessus de la mer. Par contre, je fais gaffe dans mes rétros vu que la route est étroite et que les grosses cylindrées déboulent vite. D’autant plus qu’il y a pas mal de mausolées en bord de route. J’arrive dans la bourgade de Byala. La vue sur la baie d’Obzor est superbe. J’ai dû bivouaquer sur la pointe quelque part à gauche.

Je descends vers le cap de Saint Atanas pour visiter le site archéologique allant du VIè siècle Av JC jusqu’au VIIè siècle ap JC. A l’époque, ces collines étaient plantées de vigne. Il en reste quelques-unes. D’ailleurs, il faudra que je goûte le vin bulgare avant de quitter le pays.

Ici, ce sont les ruines de l’ancienne église chrétienne qui ont été mises à jour. Elles sont protégées par un toit et, comme vous le voyez, une scène a été reconstituée.

Sacré endroit pour se faire baptiser !

Je remonte la pente pour sortir de la ville avant de prendre ma route 9 et m’arrêter boire mon café matinal dans le village de Goritsa. La patronne de ce market-café n’est pas des plus aimables alors que je lui demande une prise pour recharger mon téléphone. Décidément, la première approche bulgare est toujours pour le moins délicate.

Je repars sur la route 9 enchaînant les longues montées et descentes et serrant les fesses vu le trafic. Par contre, je ne peux toujours pas appuyer sur la gâchette de changement de plateaux. Je les passe avec la main droite. J’ai toujours le poignet douloureux mais du moment que je peux encore tenir le guidon … Peu avant 13h, j’arrive dans la bourgade de Priseltsi. Un petit restau familial m’invite à me poser. C’est l’heure de la pause : poulet-riz-légumes et bière (0,5l) pour 5€, c’est cadeau.

En parlant de prix,  je suis surpris (sic!) par celui de l’essence qui est à 2,35 BGN soit 1,72€ le litre. Ce qui fait quand même très cher vu le SMIC. Il est 13h30. Je repars en direction de Varna qui n’est plus très loin. La route 9 part sur la droite alors qu’une autoroute (A5) accède directement à cette grande ville. Cette route est en pleine réfection; ce qui n’est pas le cas des quelques prostituées postées à des entrées de chemin. La chaise à droite indique que l’une d’elle est partie besogner (si je puis dire) dans une voiture garée un peu plus bas. Drôle d’atmosphère …

Et ce n’est rien comparé à mon entrée par les quartiers sud de cette immense agglomération de plus de 400.000 habitants. Les immeubles, l’ambiance, les gens sont aussi gris que le ciel. « Atmosphère, atmosphère ? Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?« .

De toute façon, je n’ai pas d’autres choix que de suivre mon GPS avec la trace que je lui ai indiqué en passant en haut de la ville. En effet, le bas, côté plage, est occupé par les routes principales et par des structures hôtelières. Donc impossible de trouver un bivouac dans ce coin alors que, en haut, je vais traverser des forêts. J’emprunte également le gigantesque pont qui enjambe l’estuaire avec, en contrebas, la zone portuaire.

Parvenu en plein centre-ville, plus « occidentalisé », je fais une pause dans la cathédrale orthodoxe. J’ai grand besoin de me poser et de méditer après cette journée dans le trafic.

L’intérieur est impressionnant avec toutes ces fresques colorées sur les murs et au plafond. Enfin un peu de calme dans ce monde de brutes.

Après ce moment hors du temps, il me faut sortir de cette ville tentaculaire. Je circule sur un réseau cyclable avec une voie de 50 centimètres de large. Ma trace m’envoie dans les collines au-dessus de la ville. Je suis obligé de descendre de HakaOne tellement c’est raide. De plus, je n’ai pas envie de me casser à nouveau la gueule. Puis j’emprunte une route parallèle à la mer sur une courbe de niveau à 250 mètres environ. Les maisons deviennent de plus en plus rares. La circulation s’atténue également. Je suis dans une forêt de résineux. Sur ma carte, j’ai repéré un chemin qui descend à des grottes. J’y arrive. Un tronc d’arbre en barre l’accès aux véhicules. Tant mieux. Je finis par trouver une clairière, près de ces grottes préhistoriques, où je plante mon bivouac juste en-dessous d’un arbre avec du houx. Cela porte bonheur parait-il …

Après avoir fait un brin de toilette, je pars en expédition. Il y a tout un réseau de galeries et de pièces avec une sortie de l’autre côté. Je m’y perds un peu en me faisant une belle frayeur. Mais j’arrive à en sortir. Impressionnant !

Résumé :

88kms, 5h18, 16,6km/h, 1.315D+ 1.109D- , nuageux, bivouac


Une réflexion sur “J10 – lundi 12 mai 2025 – Obzor / Varna

  1. Salut Gaël

    Cette fois, tu nous emmènes dans ton sillage sur les bords de la mer Noire. C’est rigolo, les coïncidences car j’ai entrepris de relire des bouquins de Jules Verne que j’ai à la maison et je viens de finir les 2 tomes de Kéraban le têtu, écrit en 1883. Dans son obstination à ne pas vouloir payer la nouvelle taxe pour traverser le Bosphore, ce Kéraban nous entraîne faire le tour de la mer noire avec toutes les aventures et mésaventures associées à son périple. Je ne quitte donc pas la Mer Noire. Bonne continuation et prends soin de toi, de ton poignet.

    Joel et Michèle

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