C’est le froid qui me réveille ce matin vers 6h30. Pourtant, depuis 2 jours, j’enfile mon collant long et mon tee-shirt à manche longue. Mais, avec l’humidité de la forêt et la température qui a chuté depuis les grosses pluies, ça caille sec. Il doit faire en-dessous de 10°c. Je plie le bivouac, laisse mes grottes et ses chauve-souris (que j’ai un peu perturbées hier).

Puis je sors de la forêt après avoir franchi l’obstacle qui empêche les intrus en voiture. Je descends la colline avant d’arriver au Monastère d’Aladzha. Comme un idiot-bête, je grimpe la colline pour arriver à un lotissement avec vue sur mer; le monastère étant en bas et accessible par un sentier.

Je n’ai plus qu’à redescendre. Las, l’entrée du monastère est payant mais il n’ouvre qu’à 9h00. Tant pis. Ce sera dans une autre vie. Je descends à nouveau pour retrouver la route 9. Des complexes hôteliers et thermaux occupent la côte. La circulation y est intense mais dans le sens vers Varna. A la sortie de Kranevo, je m’arrête déjeuner. Il y a foule devant la petite boulangerie. Je continue ma route vallonnée avec un fort vent du nord bien frisquet. Peu après, je bifurque à droite pour suivre une superbe route longeant la côte. Au sud, le complexe de Bleu Lagoon …

Au nord, la ville de Balkchik …

Je navigue sur une belle route bitumée entre mer Noire, mer verte et falaise blanche. Par contre, ça grimpouille toujours aussi sec.

Je grimpe, tout à gauche, pour arriver dans le village de Topola. En contrebas, se trouve le Thracian Cliffs Golf (Golf des falaises de Thrace). C’est superbe.

Je m’arrête dans une petite auberge en bordure de route avant d’entrer dans le village. La patronne m’accueille … en me parlant français ! Elle s’appelle Cheryl et a vécu un moment à Gijon en Espagne et a aussi appris le français dont sa meilleure amie habite, je vous le donne en mille, à Toulouse ! Elle l’appelle et je lui passe le coucou. Sur ces entrefaites, une amie de Cheryl arrive dans le café. Elle parle également français vu que son mari est décédé et que son compagnon est français. Il s’avère qu’elle est irlandaise de Claremorris au-dessus de Galway. Incroyable !

Après une heure passée à discuter, je reprends la route sous le crachin. Certainement, le ciel qui pleure cette séparation. En effet, c’est toujours difficile de repartir lorsqu’on rencontre des personnes sympas et attachantes. Mais cela fait aussi partie du voyage … Je rejoins à nouveau la route 9 à travers une grande plaine plantée de blés et d’éoliennes.

En fin de matinée, j’arrive dans le village de Balgarevo. J’y rencontre un groupe de cyclistes tchèques avec le camping-car en assistance. Ils sont d’à côté de Prague. Ce sont les premiers cyclotouristes que je rencontre depuis mon départ. On se retrouve à déjeuner dans le même restau.

Par contre, je déjeune en solo d’une spécialité locale : Cheese Thracian Style. C’est un plat avec de la fêta, des tomates et des saucisses cuites au four accompagné d’un verre de vin rouge avec cépage pino noar !

La pluie est arrivée pendant mon déjeuner. Je repars plein nord après avoir enfilé ma tenue de marin-pêcheur. La pluie a dû tomber drue. En sortant du village, la route est complètement inondée. Et il pleut toujours …

De plus, une carte météo grand froid tombe sur mon téléphone ! Effectivement, ça caille. Je suis obligé de m’arrêter pour sortir mes mitaines et ma veste d’hiver. Il doit faire 5°C en ressenti. C’est impressionnant ces variations de température d’un jour à l’autre voire d’une matinée à une soirée. En effet, alors que je viens de traverser des plaines fruticoles, le soleil réapparaît. Ce sont maintenant des champs de citerne avec extraction de gaz qui peuplent la campagne.

Vers 15h30, je traverse la bourgade de Tyulenovo où je m’arrête dans le market pour y dépenser mes derniers lires bulgares. Puis je file tout au bout de cette route 901 jusqu’au tout petit village de Kariya où se trouve le dernier phare du nord de la Bulgarie. Des radars militaires inspectent également les environs.

Je m’éloigne de ce village du bout du monde en longeant la côte par un sentier côtier (bien évidemment). Après m’être suffisamment éloigné, je trouve un endroit tranquille à l’abri des regards et des radars. La vue est superbe sur le village au sud et sur une grande plage de sable blanc au nord.

Je n’ai plus qu’à installer mon bivouac, étendre mes affaires trempées, faire un brin de toilette et rédiger ces lignes le cul en bord de falaise. Encore une bien belle journée de vadrouille. J’ai vraiment l’impression qu’une journée à vélo de rando correspond à une semaine de « asso-vélo-dodo ». C’est tellement riche à tout point de plus.
Résumé :

80kms, 4h25, 18,1km/h, 796D+ 1.014D-, nuageux / pluie / beau temps, bivouac