J12 – mercredi 14 mai 2025 – Kariya / Constanta

La nuit a été à nouveau frisquette. Ce matin, je me réveille aux aurores peu avant 6h00 afin de prendre en photo le lever de soleil sur la mer Noire. Puis je retourne sous ma couette (enfin dans mon duvet) et, évidemment, je me rendors. J’émerge vers 7h. Le soleil tape. Le ciel est à nouveau bleu immaculé. Une belle journée s’annonce.

Je plie mon bivouac et après être sorti de mes 1,5kms de sentier, je traverse Kariya. Mais il n’y a pas une seule machine à café, ni âme qui vive.Je file dans les terres jusqu’à Shabla et m’arrête devant le premier market (fermé) mais machine à café ouverte. Je m’installe sur le banc pour déjeuner : pot de fromage salé (confondu avec du yaourt !), confiture de fruits rouges, muesli. Avec cela, je devrais tenir la matinée. Je rejoins à nouveau la route 9 toute droite et presque toute plate. Aucun intérêt si ce n’est celui d’avancer vers la frontière. 

Mais avant de quitter la Bulgarie, comment ne pas évoquer un traumatisme de jeunesse avec ce but de Emil Kostadinov lors des qualifs pour la Coupe du Monde aux USA en 1994. La France avait 2 matchs à jouer chez elle et un point à prendre. Elle perd le match contre Israël. Elle est à match nul à qq secondes de la fin du match contre la Bulgarie et est donc qualifiée. Ginola déborde à droite, centre au 3è poteau. L’arrière droit bulgare récupère ce ballon inespéré, remonte le terrain, passe à Kostadinov qui dribble 2 défenseurs, s’avance vers la surface et décoche un missile sous la transversale. But. Pas de Coupe du monde aux USA. Je vous raconte cela de mémoire tellement c’est ancré dans ma jeunesse de footballeur.

 Je passe devant les lacs de Durankulak avec la mer au fond avant d’arriver à la frontière.

Peu après 10h, j’arrive à la frontière Bulgaro-Roumaine. Contrôle du passeport en Bulgarie. Personne en Roumanie. Pas de contrôleur. Pas de drapeau. Pas grand monde à vrai dire. Je rentre en Roumanie comme dans du beurre. Avant de quitter la Bulgarie, je suggère que l’on renomme ce pays en Bulgris (humour gris !). 

Je vais jusqu’à la petite station balnéaire de Vama Veche où je me pose sur une terrasse en bordure de mer. Juste avant cela, je recherche un ATM. Je demande à un homme roumain avec son jeune fils. Il me parle anglais, me demande d’où je viens, où je vais, d’où je suis. En clair, le grand classique du voyageur à vélo en transhumance. En Bulgarie, personne ne me l’a demandé ! De plus, cet homme me propose un morceau de clafoutis aux cerises fait maison. Cela commence vraiment bien. Et puis c’est agréable de voir des maisons colorées et des personnes un peu souriantes et avenantes.

Puis je traverse ensuite une bourgade nommée « 2 mai« . Etonnant ! D’une part, c’est le jour de mon départ, et, d’autre part, c’est le jour d’anniversaire d’une belle personne qui est particulièrement chère à mon coeur. Je voyage avec elle. Elle m’accompagne par la pensée et aussi par ma pratique quotidienne du Qi Qong. En parlant d’anniversaire, en ce 14 mai, c’est aussi celui de mon vieil ami Housni et de mon pote du STC, et ancien du Stade, Lionel. Bon anniv’ à tous les deux.

Je traverse ensuite un fleuve en empruntant un large pont. En-dessous se trouve une base navale où sont amarrés quelques destroyers.  Mais les photos sont interdites. J’attends d’être de l’autre côté pour photographier celle du musée devant l’église et le cimetière des marins.

Puis j’arrive dans la grande station balnéaire de Mangalia. Je vais m’évertuer de suivre la mer au plus près. Je longe à nouveau de grands complexes hôteliers.

Cependant, c’est plutôt calme en cette saison. Il n’y a pas grand monde à la plage. Les bicoques de bord de plage sont fermées ou en cours de restauration. De nouveaux complexes poussent comme des champignons. De plus, de gros nuages arrivent par l’ouest. Je finis par sortir de ces zones balnéaires que j’adore.

Il est bientôt 13h00 et je n’ai pas encore trouvé un endroit où déjeuner. Après avoir traversé une voie ferrée, je longe un parking où stationnent de belles berlines. De l’autre côté, accessible par un passage souterrain, un superbe restau de bord de mer m’invite à m’installer : Popasul Pescarilor. Je déjeune d’un borsch au poisson accompagné de pommes de terre persillées et d’un bon verre de vin blanc. Puis je déguste le dessert maison, un délicieux gâteau à la noix de coco avec son café bien sûr. Après cet excellent déjeuner, il est temps de reprendre la route. 

Plutôt que de prendre la route directe DN39 (toujours route européenne E87), j’ai tracé un parcours qui longe au maximum la mer. J’en profite parce que cela ne va pas durer éternellement. J’emprunte alors une piste où un couple d’allemands s’est posé en bas. 

Puis, après être passé sous une station météo, cette piste devient bitumée.

Je me rapproche de Constanta que l’on aperçoit au fond.

Je traverse ensuite la ville d’Eforie sud puis celle d’Eforie nord par une belle piste cyclable. Les complexes hôteliers refont leur apparition. La circulation devient de plus en plus dense.

L’heure avance salement. Je vais me retrouver dans le merdier en fin d’après-midi. D’autant plus que de gros nuages noirs avancent par l’ouest. J’ai tracé ma route en passant par les docks. Seulement, je n’avais pas prévu qu’il fallait montrer patte blanche avant d’entrer dans ce secteur. Finalement, après vérification de mon passeport, le douanier me laisse passer. Je me retrouve dans un vaste complexe portuaire avec des camions qui déboulent de tous les côtés. C’est cela ou la rocade.

Je finis par sortir de ce bordel et arrive en périphérie de cette grande ville roumaine de 250.000 habitants. Évidemment, un méga orage éclate. J’ai juste le temps de m’abriter sous un pont pour rentrer mon panneau solaire et enfiler mon ciré jaune. Vu l’heure, je ne serai jamais sorti de la ville. Il me faut trouver un plan B. Finalement, je dégote une chambre d’hôte pas très loin du centre où je viens de faire un tour alors que le soleil a refait son apparition.

Le musée d’archéologie

Je m’installe dans une superbe chambre mansardée sise dans une belle maison. Les hôtes sont charmants. Cependant, il me faut trouver à nouveau un ATM pour retirer un peu plus de liquidités et payer la nuitée à 135 RON soit 26€. J’en profite pour faire quelques provisions de bouche. Puis je rentre dans ma chambre après encore une journée bien chargée lors de laquelle je viens de passer mes 1.000kms.

Résumé :

102kms, 5h48, 17,6km/h, 478D+ 432D-, nuageux / pluie, bivouac


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