La nuit fût fort agréable sous les combles et dans mon grand lit pour moi tout seul. Je me réveille au lever du soleil mais je profite de ce confort avant de déjeuner et de ranger mes sacoches. Je ne croise personne avant mon départ. Le papa et sa fille doivent être occupés ailleurs. SI vous avez l’occasion de venir à Constanta, je vous recommande ce guesthouse : Victory Sea House.

Le proprio m’avait même mis une bâche sur mon pour le protéger. Vers 7h30, je reprends la route pour faire un dernier tour dans le centre. C’est vraiment une très belle ville de bord de mer. Il n’y a que les alentours qui ne sont pas terribles.

Pour sortir de la ville, je suis obligé de suivre un grand boulevard urbain. Une portion est en travaux. C’est un bordel monstre. Et pourtant, il y a une belle piste cyclable le long mais personne dessus. Ils sont tous coincés dans leur bagnole. Franchement, cela me dépasse.
Je vais rouler ainsi pendant 20kms sur cet axe 2*2 voies après avoir traversé une longue bande de terre entre lac et mer. Des deux côtés, ce ne sont que complexes hôteliers et immeubles chics. Hallucinant ! Je sors enfin de cette ville de Navodari sans vraiment aucun charme.
Puis ce sera 5 kms à travers une énorme raffinerie de la RomPetrol et des usines à béton avant d’arriver dans la bourgade de Corbu. Celle-ci s’étend sur quelques kms le long de cet axe DJ226 que je vais emprunter un certain temps.

J’hésite à m’arrêter boire un café maintenant. Le reste de la matinée risque d’être long. Finalement je continue ma route rectiligne et presque plate à travers une immensité de champs. Je me croirais dans la Beauce. Vers 10h00, j’arrive dans la bourgade de Sacele. Au loin, je distingue la mer Noire ainsi que le début de la Réserve de biosphère du delta du Danube. Aucune route ne la traverse. Un berger surveille son troupeau. C’est d’un calme olympien.

Je me pose dans un café-lounge au milieu de cette bourgade. Juste à côté, j’achète quelques gâteaux pour accompagner mon café. La jeune femme me parle en français. Je ne pense pas que la langue française soit encore enseignée comme 1ère langue comme à une certaine époque.

Je pensais à autre chose qui n’a rien à voir. Quoique. Autant Istanbul est connu pour ses cliniques à implants de cheveux, Constanta doit être réputé pour ses soins de stomatologie. Au sujet médical, ce matin, je me suis arrêté devant une clinique spécialisée en radiologie/IRM pour mon poignet qui me fait toujours mal. Mais le premier RDV était à 18h00. Tant pis.
Je file bon train, avec vent dans le dos, sur cette bande de bitume en très bon état. Alors que je dois rouler à +30km/h, je me fais doubler par un cycliste à la tunique orange. A l’embranchement suivant, il s’arrête et me fait signe d’en faire de même. Il se nomme Nicolae et vient de Constanta, s’arrête et retourne vent dans le pif là-bas. Il porte une casquette « Roubaix« . On discute un petit moment sur le bord de la route. Il me conseille d’aller voir le site archéologique d’Histria qui part à droite à7 kms d’ici. Je suis son conseil.
J’arrive sur ce site romain très bien conservé datant du IVè siècle au VIè siècle. Je prends quelques photos avec ma tablette mais en mode documents. Et je ne sais pas où elles sont stockées. Je joindrai donc le film tourné pour Instagram. J’adore ces outils modernes.
Je rebrousse chemin. Effectivement vent dans le nez ou sur le côté, ce n’est pas la même affaire. Arrivé au village d’Istria, je m’arrête dans un « fast-food pizzeria ». En fait, c’est un petit restau tenu par un couple charmant et leur fils ado. Deux policiers municipaux y déjeunent. Je prends le menu du jour avec un bon borsch suivi d’un plat de viandes hachées arrosées de sauce tomate et d’une purée maison avec des pickles courgettes. Accompagné d’une bière roumaine, de 2 tranches de pain de mie (il faut le demander) et d’un café. Délicieux. Le tout pour la modique somme de 50 DON (10€). Pas de photo non plus. Dommage. Je repars avec les batteries bien rechargées. « Mes chers parents (disparus tous les deux), je vole ».
Par contre, il me faut rejoindre la route principale DN22 pendant 9kms. Et là, ça circule beaucoup. Je sers à nouveau les fesses alors que j’atteinds presque les 60kms/h en faut-plat descendant ! Heureusement si je puis dire, arrivé au village de Baia, je bifurque à droite pour prendre plein est en direction de Jurilovca. Et là, ce n’est plus la même musique. Je prends le vent plein fer ou sur le côté. En traversant ces villages ruraux, j’immortalise une de ces maisons typiques du coin avec sa dépendance au toit de chaume (à droite).

Arrivé à Jurilovca, je m’arrête faire quelques emplettes. Puis je me dirige vers le site archéologique grec d’Orgame. Le vent se déchaine à travers ces grandes plaines plantées de blés verts. D’ailleurs, je reçois à nouveau une alerte météo « Grand vent ». Tiens, comme c’est bizarre !

Une fois arrivé sur le parking, j’emprunte un sentier qui me mène jusqu’à ce site construit sur une colline face à la lagune Razim. Après avoir basculé derrière le promontoire exposé au vent du sud, je trouve un endroit bien abrité dans un creux où était construite une maison. Je vais dormir dans les fondations d’une maison bâtie au Vè siècle AP JC ! Décidément, j’aurais tout essayé en terme de bivouac …

Une fois mon campement monté, je pars faire un tour sur ce promontoire où était bâti un village avec son église et ses quartiers. Encore une nouvelle magnifique journée entre sites archéologiques romain et grec.

Résumé :

115kms, 5h28, 21km/h, 441D+ 481D-, beau temps, bivouac