J15 – samedi 17 mai 2025 – Dunavatu de Jos / Somova

Hier soir, j’avais bien intuité en me couchant de bonne heure. En effet, à peine rentré sous la tente, la pluie a commencé à tomber. Et cela a duré toute la nuit. Heureusement, j’étais en terrain plat et il n’y a pas eu d’inondation. Je me réveille vers 6h15. La pluie tombe encore. Je sors à poil vite fait pour uriner puis retourne au sec en attendant que la pluie cesse. Vers 7h30, je plie les gaules et sors de mon chemin après 2 kms et une grosse frayeur sur une partie sablonneuse. J’ai fait du Van der Poel sur les plages des cross hivernaux belges.

Puis je m’enquille les 6 kms pour revenir dans la bourgade de Murighiol. Je déniche un restau sympa (ManuBBQ) où est servi un délicieux et copieux p’tit déj’ roumain. Je décanille tout le plateau. Strike !

En chargeant mes journaux nationaux, je tombe sur un article parlant des élections présidentielles roumaines dont le 2nd tour se tient demain. C’est encore un candidat d’extrême-droite qui est en tête. On marche vraiment dessus.

Au sujet politique, mes compagnons de lutte écologique, solidaire et citoyenne (ECOSOL) viennent de m’apprendre que la liste d’opposition, qui avait terminé 2è aux dernières élections municipales, s’alliait avec le maire actuel Joseph CARLES, 74 ans, retraité avec une modeste pension totale de 9.000€ net par mois selon la HATVP (3.000€ maire de Blagnac, 1000€ vice-président TM, 5000€ retraite enseignant chercheur), et qui se représente pour un nouveau mandat. Quand on se rappelle, d’une part,  les scuds échangés à travers tracts et discours haineux pendant la campagne, et, d’autre part, les invectives prononcées lors de chaque conseil municipal entre les élus de cette liste et le maire, cela laisse vraiment songeur sur les motivations, les convictions voire l’amour-propre de toutes ces personnes. Notre regrettée Marie-Pierre doit se retourner dans sa tombe. Comme le dit si bien mon concierge Pascal 😂 : « Quand la gamelle est bonne, les chiens accourent ! ».

Quant à moi je continue ma route écologique, solitaire et citoyenne en direction de Nufaru. Le ciel est toujours bien chargé mais il ne pleut pas. C’est déjà ça. De plus, le vent s’est calmé mais les éoliennes, perchées en haut de chaque colline, moulinent quand même.

J’arrive en haut de la dernière colline avant de descendre sur le fleuve Duranea (Danube en roumain). Cette jolie église orthodoxe de briques et de pierres (mais pas de broc) domine la vallée et cette immense étendue verte de forêts dans le delta.

J’arrive à l’embarcadère. Il n’y a pas foule. Une seule voiture accompagnera mon passage.

Arrivé sur l’autre rive à IIlganii de Jos, j’emprunte une piste forestière avant de rejoindre une petite route bitumée. Celle-ci m’amène jusqu’au village de Ilganii de Sus (un classique dans le coin) qui longe une autre bras du Duranea.

Quelques belles maisons se trouvent de chaque côté de ce fleuve. Mais il n’y a vraiment pas grand monde dans le secteur. A la sortie de ce village, je retrouve une piste puis plus loin un chemin qui, avec les pluies de la veille, s’avère bien mou. Après quelques centaines de mètres parcourus, je me pose et fais le point. Il me reste 7kms jusqu’au village perdu de Vulturu puis encore 8,5kms jusqu’a la fin du monde à Gorgova. « Mais pourquoi diable allait se perdre dans un endroit pareil ? » devez-vous vous demander.

Je vous explique. Et bien, je suis tout simplement à la recherche du lieu de tournage du film roumain « Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde » du réalisateur Emanuel Parvu sorti en 2024 que j’ai vu dans mon cher ciné municipal d’art et d’essai Rex de Blagnac. Voici le synopsis de ce film : « Adi, 17 ans, passe l’été dans son village natal niché dans le delta du Danube. Un soir, il est violemment agressé dans la rue. Le lendemain, son monde est entièrement bouleversé. Ses parents ne le regardent plus comme avant et l’apparente quiétude du village commence à se fissurer« . 

J’avais beaucoup ce film et, comme j’avais en projet ce voyage et comme le lieu de tournage n’est pas clairement  précisé, je voulais le trouver. Je suis persuadé que c’est l’un des deux villages perdus mais accessible en 4×4 ou en bateau à moteur depuis Tulcea. Tant pis. Je fais donc demi-tour et m’arrête casser la croûte à cette terrasse d’un Magazin Mixt de Ilganii tenue par une grand-mère, sa fille et son petit-fils tous charmant.

Puis j’arrive à Tulcea au fond derrière les méandres et les lacs. Je ne fais que traverser cette ville au bord du delta et proche de la frontière.

A la sortie de la ville, je repère un lieu où nettoyer les voitures. Je m’y arrête pour faire un brin de toilette à HakaOne. Il en a bien besoin le pauvre avec tout ce que je lui fais subir.

Je continue ma route avec de méchants raidards à grimper sur ces collines qui bordent le delta. Finie la platitude. Arrivé à Somova vers 16h00, je m’arrête à nouveau dans un commerce M.M. pour faire le point et repérer un endroit où bivouaquer. A la sortie de cette bourgade se trouve un belvédère avec un grand complexe hôtelier. J’y grimpe tout à gauche et debout sur les pédales. En haut d’une colline, j’aperçois un ancien blockhaus. J’y grimpe. Magnique !!! J’ai vu à 180° sur le delta. Après avoir fait séché ma tente en plein vent, je monte le campement. Puis je profite de la plateforme en béton pour bricoler mon cher destrier : changement des 4 patins et de la chaîne. Il était grand temps. Tout était bien usé. Encore une grosse journée avec cette pointe de déception mais ce superbe bivouac.

Résumé :

90kms, 5h10, 17,4km/h, 790D+ 724D-, nuageux, bivouac


Laisser un commentaire