J16 – dimanche 18 mai 2025 – Somova / Daeni

En ce dimanche matin, je suis réveillé aux aurores par le soleil qui tape fort ce matin. Que du bonheur ! C’est quand même beaucoup plus agréable de vadrouiller dans ces conditions. Le vent a soufflé fort cette nuit et a chassé tous les nuages. Je me prépare tranquillou et profite une dernière fois de cette vue grandiose sur le delta du Danube.

Je déjeune sur place. Puis je vais saluer mes voisins allemands avant de reprendre la route vers 7h30. Je descends la pente à 10% montée hier puis je retrouve la route principale. J’attaque d’entrée par une nouvelle pense à 10% que je monte à 6km/h. Arrivé en haut, comme l’indique ce panneau, je fais gaffe. Ma vie est effectivement prioritaire. Mais cela ne dépend pas de moi.

De retour dans la plaine, j’arrive dans une zone fruticole. Je m’arrête pour goûter mes premières cerises de la saison. La commerçante me donne un pochon et ne veut pas que je paie. Ils sont sympas ces roumains ! Ou alors serait-ce le charme des voyageurs à vélo ? Sur cette route, je me fais doubler par un camping-car immatriculé en France (dept 42). Ce sont les premiers français que je croise depuis mon départ. Par contre, s’ils sont supporters des Verts, ils doivent avoir grave les boules. Les footeux comprendront.

Puis je traverse une zone viticole à l’entrée du village de Niculitel où les couleurs sont de sortie comme partout dans ces contrées. Il n’y a qu’en France où nos couleurs ne sont pas hissées devant chaque maison. Et pourtant nous avons la réputation d’être chauvin.

Je poursuis ma trace qui m’envoie devant le superbe monastère de Cocos. Par contre, la route goudronnée (de très bonne qualité partout) s’arrête là. Ma trace paramétrée « cyclotourisme » m’envoie dans la forêt. Et là, je me tape une putain de grimpette pour monter derrière le monastère. Heureusement, le chemin est en bon état à part quelques passages boueux que j’évite pour ne pas dégueulasser HakaOne.

Je me balade pendant un long moment dans cette forêt bercée par le son des oiseaux. J’adore. Arrivé à l’orée d’une clairière, je lève une biche. Elle s’enfuit en poussant un cri guttural comme lors du brame du cerf.

J’arrive de l’autre côté de la colline dans le village de Hamcearca. Il est 10h30 et j’ai le bol de trouver un M.M. qui fait café (à la machine). Par contre, je tombe sur Andrea qui parle un peu français mais qui est bien bourré. Il ne me lâche pas la grappe. Finalement, j’arrive à m’échapper et reprendre ma route DJ222A qui va contourner la colline plutôt que de la grimper par un sentier. Sur cette route, je croise un cycliste qui me salue. Ce spécimen est rare dans ces contrées. A ce sujet, une pensée pour mes potes du Vélo Club Blagnacais et aussi bien sûr ceux du Stade Toulousain Cyclisme de retour de leur stage à Cambrils.  J’avais adoré (merci Bruno !). Puis j’arrive à l’entrée de la bourgade de Horia. Un restaurant inespéré me tend les bras. Le parking est blindé. C’est bon signe. De nombreuses familles occupent les tables. C’est dimanche. Normal.

Quant à moi, je me tape le ragoût maison et des frites. Je n’ai pas compris qu’il était servi avec un accompagnement (purée cachée sous un oeuf au plat caché sous le fromage). Le tout arrosé d’une carafe de 50cl de vin du coin qui envoie du lourd. J’évite le gâteau au chocolat de 150g mais finis par un café avant d’attaquer l’après-midi bien « chargé ». 

Je reprends ma route DN22D bien repus. Je fais gaffe parce que la roule pas mal en ce début d’après-midi. Alors que j’arrive avant la bourgade de Cerna toujours sur cette route dangereuse, je passe devant un champ de lavandes de Provence … en Roumanie. Cherchez l’erreur ! Ce n’est pas le plateau de Valensole mais ce n’est pas très légal cette affaire.

Après avoir passé Cerna, je bifurque à l’ouest pour descendre vers la ville d’Harsova. J’emprunte alors la route DJ222B qui sert aussi de tronçon à l’EuroVélo6 ! Cette fameuse EV6 qui part de l’Atlantique à Pornichet pour rejoindre la mer Noire à Galati un peu plus au nord du delta du Danube. C’était mon premier voyage à vélo en solo en 2019. J’étais parti d‘Orléans pour m’arrêter à Budapest. Souvenir, souvenir … Par contre, ce tronçon n’est pas des plus intéressants. C’est une grande plaine céréalière bordée par de petites collines.

Comme souvent dans ces cas-là, je branche ma musique. Là, c’est Led Zepp‘ qui m’accompagne. Je chante à tue-tête. Et j’ai encore les poils en écoutant pour la millième fois « Stairway to Heaven« . J’en profite pour passer un message à mes chers neveux et musicos Valérian et Hugo. J’aimerais que vous jouiez ce morceau lors de mes funérailles. Évidemment le plus tard possible et en bonne santé. Je rejoins enfin le Bratul Macin qui doit être un des nombreux bras du Danube.

L’heure avance. Je passe à Ostrov mais aucun magasin le long du fleuve. Je poursuis jusqu’à Daeni. J’y trouve mon bonheur : une bonne glace au chocolat, quelques emplettes et une bonne bière Ursus en récompense de cette plus longue journée à vélo avec, quand même, 1.100m D+ avec, notamment, cette foutue montée dans la forêt du monastère. Juste avant d’arriver dans cette bourgade, je remarque des espèces de monticule sur le côté. Étrange …

Après avoir fait mes courses, déguster ma glace et repérer les lieux, je me dirige vers l’un des bras du fleuve. Cela me rappelle justement quelques bivouacs en bord de Rhin et de Danube. Je suis en train de planter ma tente quand j’entends un bruit de galop. C’est un paysan qui traverse ce bras pour aller rassembler ces vaches de l’autre côté.  

De plus, je suis bercé par le croassement harmonieux d’une colonie corbeaux et câliné par de nombreux moucherons.

Après avoir planté mon campement et m’être installé pour diner, j’ai la visite de mon voisin paysan qui vient de rentrer les bêtes et rentre chez lui. Quant à moi, je ne vais pas tarder à non plus à rentrer chez moi, bouquiner un peu et faire un gros dodo.

Résumé :

108kms, 6h25, 16,8km/h, 1105D+ 1172D-, beau temps, bivouac


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