Malgré le bruit de mes voisins volatiles, je me réveille vers 6h45. Je suis à l’ombre et n’ai pas mon pote Râ pour me tirer du sommeil. Je plie mes gaules avant de m’installer au soleil et au bord du Danube pour déjeuner en paix : thé noir, tartines de fromage, yaourt aux abricots et muesli. De quoi tenir car la matinée va être rude avec ce vent qui s’est à nouveau levé.

Après 4 kms de piste, je retrouve la route à la sortie de Daeni. Je grimpe à nouveau de petites collines qui surplombe au loin le fleuve planqué derrière les arbres. J’arrive dans le village de Gârliciu. En ce lundi matin, c’est jour de marché. A ce sujet, une pensée pour mes ami.es de L’Arche-en-Pays-Toulousain que je n’ai pas encore évoqué ici.

Certains paysans sont arrivés dans leur 1CV-Citröen. J’en croise de temps en temps sur les routes campagnardes.

Peut-être celui-ci vient-il de cette ferme isolée sur la colline qui domine la vallée du Danube ? Sur ces grands plateaux céréaliers, ça souffle fort. J’ai le vent plein fer. J’ai l’impression de ne pas avancer.

De plus, au bout de cette route tranquille DJ222F, je débouche sur une route principale : la DN22A qui arrive de Tulcea. Une nouvelle fois, je sers les fesses et roule avec le regard dans mon rétro pour me décaler sur le bas-côté au cas où … Parce que, même s’il y a un camion qui arrive en face, les automobilistes doublent quitte à me raser les miches. En plus, l’EV6 passe ici. D’ailleurs, je viens de croiser un collègue cyclotouriste. Nous nous sommes juste salués.

J’arrive enfin à Hârsova après cette longue ligne droite interminable vent dans le pif. Je me pose dans un café du centre. Mauvaise pioche. J’attends un moment avant que la jeune serveuse pas très souriante veuille bien me servir un café au lait. Tant pis. Je le bois quand même.
Pour sortir de la ville, ma trace m’envoie dans la pampa. Je la suis. J’arrive dans une grande ligne droite. Au fond, une ferme. Devant, une meute d’un dizaine de chiens. Pas impressionnant mais aboyant. Je sors mon sifflet, siffle et accélère pour les effrayer. Banzaï ! J’arrive comme une boule de bowling au milieu d’un jeu de quilles. Je passe au milieu. Le problème est qu’il y a un virage à angle gauche juste après. J’arrive beaucoup trop vite. De plus, il y a du gravier. La roue avant part. Et badaboum ! Me voilà à terre. Je tape encore sur le côté gauche. Décidément. Heureusement, à part du vernis, rien de cassé.
Je retrouve ma route DN22A notamment pour franchir le Danube après être passé à un péage (gratos pour les vélos). A cet endroit, ce fleuve se sépare en 2 bras : un qui part à gauche, l’autre à droite. Je ne m’attarde pas trop pour prendre la photo vu que ça circule.

Puis j’emprunte, comme ce matin, un chemin qui longe le fleuve. Ça souffle toujours autant, comme le vent d’Autan d’ailleurs.

Puis, toujours pour éviter la route principale, je traverse maintenant des marais salants. Et toujours ce satané vent d’ouest. J’avance péniblement à 10km/h. Je n’en vois pas le bout de ce chemin. Vers 13h20, j’arrive enfin au village de Gura Latomitei.

Pas la peine de chercher un restau, il n’y en a pas. Je me dirige dans le centre à la recherche d’un M.M. Ce midi, ce sera sandwich jambon, ships, gâteau pomme/cannelle. Et une bonne bière Ursus pour étancher ma soif. Le magasin est à gauche mais, comme souvent, il y a un endroit où on peut boire et/ou manger. Ce magasin est tenu par une femme et sa maman adorable, toute petite et ridée avec son fichu sur la tête, comme la plupart des femmes âgées. Dommage, je n’ai pas pu l’immortaliser.

Il est 14h00. Il me faut repartir. Le vent ne s’est pas calmé. Bien au contraire. Pour éviter la route principale, j’emprunte dorénavant la route DJ201 qui traverse de grandes plaines plates. De nombreux troupeaux de moutons, brebis et vaches paissent paisiblement sous le regard de leur berger (en rouge au fond). En traversant la petite ville de Tandarei, je trouve une pharmacie. J’espèrais qu’une jeune et belle pharmacienne me soigne. Finalement, c’est un monsieur ronchon qui me vend de la bétanide et de la pommade. Tant pis.

L’heure avance. Dans cette grande plaine, c’est impossible de trouver un bivouac et, ce, à l’abri du vent. Je veux me rapprocher de la rivière que je longe sur ma droite. Je m’arrête à nouveau dans un M.M. pour quelques emplettes et une bonne glace que je déguste en regardant ma carte. Il faut que je poursuive jusqu’au village suivant. J’en ai plein les bottes. Et ça souffle toujours …
Finalement, j’atteins enfin ce village de Marculesti dont je sors pour me diriger vers la rivière Lalomita. J’emprunte un chemin forestier. Puis, j’aperçois en contrebas, un espace nickel pour planter le bivouac. Il est 17h00. Je suis éreinté, mâché (un peu mal aux côtes quand même et au poignet toujours), fatigué, lessivé, fracassé des cervicales. Alors que j’écris ces lignes, assis sur des marches qui doivent servir à quelques pêcheurs, le ciel se couvre rapidement et des gouttes commencent à tomber. Il est 19h00. Je rentre à l’abri.

Quelle sacré journée ! Une bonne nouvelle quand même : l’élection du centriste qui l’emporte avec 55% des voix alors que les électeurs roumains se sont dépassés en nombre pour faire barrage au candidat populiste et trumpiste (65% contre 50% au 1er tour).

Résumé :

93kms, 6h25, 14,5km/h, 421D+ 411D-, beau temps / orageux, bivouac