J18 – mardi 20 mai 2025 – Marculesti / Didru-Snagov

Ce sont les trilles des oiseaux vers 6h30 qui me réveillent en cette nouvelle belle journée. Après m’être soigné mes plaies, appliqué de l’arnica sur les côtes et le poignet et pris un Doliprane, j’ai dormi du sommeil du juste. C’est le premier voyage où je me prends de telles gamelles. Cela avait été aussi le cas en Grèce il me semble mais sans gravité. Je sors de mon emplacement bien abrité.

Alors que je remonte sur le chemin après avoir plié les gaules, je vois un cycliste arrivé dans ma direction. C’est un pêcheur. Il me serra la main et me demande si je pêche aussi (pescé ?). Je lui dis que non et que je viens de dormir là en contrebas. Il me dit « bravé ?« , me quitte puis descends à son emplacement un peu plus bas.

Après un km de chemin, je retrouve le village et m’arrête dans le second M.M pour y déjeuner, le 1er étant blindé de monde à la caisse. Puis je reprends ma petite route DJ201 puis DJ306 qui longe toujours cette rivière. La température matinale est de 11°c avec un magnifique ciel bleu. Hier soir, l’averse a été de courte durée. Vers 9h00, alors que la température grimpe et que je tombe les couches, le vent reprend. Heureusement moins fort que ces derniers jours. Au milieu des vastes étendues de champs et de cultures céréalières, je passe devant un promontoire christique qui domine la vallée.

Vers 10h00, j’arrive dans le village d’Albesti. C’est l’heure de ma pause devant une magnifique église en bois. Dommage, comme toutes les églises orthodoxes et comme en France, elle est fermée à clé. Tant pis. Après avoir réglé des affaires administratives suite au décès de ma maman, je reprends mon chemin solitaire.

Je poursuis donc ma route toute plate et un peu ventée en traversant beaucoup de petits villages ruraux. Chaque village est construit de part et d’autre de l’axe principal bitumé. Par contre, la plupart des rues secondaires, sont des chemins. Les Magazin Mixt sont le centre névralgique de ces villages. Les hommes s’y retrouvent pour discuter en terrasse, boire un bière (voire plusieurs) et fumer une clope. Les femmes, elles, se retrouvent pour discuter en faisant leurs emplettes. Et les gamins viennent acheter des bonbecs ou des boissons gazeuses.

Vers 13h30, comme il n’y a aucun restau sur cet axe secondaire, je déjeune sur la terrasse du M.M dans le village de Axintele après y avoir fait quelques emplettes. En sortant de ce village, je croise ce char roumain tiré par un Rom. C’est assez fréquent d’en voir dans ces campagnes.

Dans ce village, je passe devant cette maison construite en 1909 et qui serait classée à l’Unesco (?).

Arrivé à Cosereni, je croise la route nationale DN2. Pour la traverser, il n’y a qu’un stop. Et , vu que ça roule fort des 2 côtés, il me faut un moment avant de la franchir. La question se pose de savoir si je descends sur Bucarest ou pas. Finalement, je fais un refus d’obstacle. Après toutes ces journées en campagne, je n’ose pas m’aventurer à vélo dans la capitale. J’y reviendrais peut-être pour y passer quelques jours et en profiter pour me balader à bateau dans le delta du Danube. Là, c’est tombé la journée pluvieuse.

Je file toujours plein ouest et arrive vers 16h30 au lac artificiel de Dridu alimenté par ma rivière Lalomita que je longe depuis un moment. Au-dessus du lac, je trouve une épicerie tenue par une vieille mamie. J’y fais mes emplettes pour la soirée et refais également le plein d’eau.

Il ne me reste plus qu’à suivre un chemin agricole avant de trouver mon bonheur. Je plante mon bivouac au-dessous d’une falaise qui donne sur le lac. Il ne faut pas trop que je picole sinon … Alors que je rédige ces lignes, une voiture arrive dans le champ de maïs. Le couple vient biner les mauvaises herbes. Je dîne tranquillou quand le paysan débarque avec sa voiture. Il me baragouine en roumain mais je n’entrave queue-de-chique. Je branche mon traducteur. Il me dit texto qu’il ne faut pas que je reste là car les loups (ou les chacals ?) vont débarquer. Il a l’air bien énervé. Il est 19h30. Le soleil est en train de tomber. Il est gentil pépère.

Finalement, je reste planté là. J’espère que je n’aurais pas à le regretter comme lors de mon périple de Venise à Istanbul en 2023 où, à quelques jours de mon arrivée à Istanbul, un paysan m’avait invité à ne pas rester à mon campement mais à venir dormir chez lui à cause de ses chiens de berger. Effectivement, le lendemain matin,  j’avais eu droit au comité d’accueil avec 5 ou 6 molosses qui entouraient ma tente.

Résumé :

105kms, 6h02, 17,4km/h, 270D+ 216D-, beau temps, bivouac


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