Réveillé vers 6h du mat’ par le chant des oiseaux et du canon pour les effrauer dans le champ de maïs. Je n’ai été attaqué ni par les loups, ni par les chacals. Papy voulait tout simplement que je décampe. J’ai bien fait de rester. Je plie les gaules. Puis j’emprunte le chemin pour retrouver le village en admirant le lever de soleil sur le lac.

Après avoir coupé à travers champs (merci la trace cyclotouriste !), je me pose dans le village de Maia pour prendre mon p’tit déj’ dans un parc. Comme dans beaucoup de ces villages, sont présents de très beaux parcs avec jeux pour enfants et terrain de city. Derrière se trouve également un terrain de foot à la superbe pelouse et avec une petite tribune latérale comme souvent.

Je remonte vers le nord-ouest en suivant cette fois-ci la rivière Prahova. Je traverse à nouveau de nombreux villages sur un belle route bitumée. A l’entrée de l’un d’eux, j’aperçois une construction avec de drôles de motifs sur la façade. Je trouve cela d’un goût douteux. Finalement, je me rends compte que tous les bâtiments administratifs de ce coin ont ces motifs. Ici c’est la petite école d’un de ces villages.

A deux endroits, je passe au-dessus de l’autoroute A7. Au loin, une centrale qui doit desservir la ville de Ploiesti où je me rends. J’y arrive en milieu de matinée.

Je me pose dans un café du centre. J’avais prévu de faire un arrêt au stand dans un hébergement. Mais il fait beau, il n’y a pas de vent. Je vais continuer pour m’approcher le plus possible de Campina au pied des montagnes. Je traverse le centre. Je suis toujours autant oppressé dès que j’arrive dans ces grandes villes avec toute la circulation, les piétons qui marchent sur les bouts de piste cyclable, les feux à traverser, les automobilistes qui me rasent les miches, la trace à suivre en respectant la signalisation. Sans parler de quelques photos à prendre au milieu du trafic. Ici, je passe devant le Palais Culturel (?) où a l’air de se tenir une remise des diplômes de fin d’année avec plein de jeunes qui arrivent bien sapés.

Toujours en plein centre, je retrouve ces immeubles d’un autre âge de pierre alors que, au fond, on aperçoit un immeuble moderne bleu. Toujours ce contraste dans ces pays de l’Est entre passé sur fond d’URSS et modernité assumée et engagement dans l’Union Européenne.

A ce sujet, hier, Libé a fait sa Une des élections présidentielles roumaines.

Quant à moi, je me tape la cloche dans un restau à la sortie de la ville. Après une bonne soupe aux légumes, j’engouffre mon poulet-patates-cornichons. Puis, comme je suis très gourmand, que j’aime bien finir par du sucré mais que ce n’est pas dans le menu, je commande un expresso avec un dessert en baragouinant en anglais. Le café arrive. Puis j’attends le dessert. 5 minutes. 10 minutes. Le café est déjà bu. Comme il n’y a plus grand monde, je vais voir les serveuses pour leur dire que je pars. Mais elles me disent d’attendre.

Et là, arrive mon dessert du jour à moi : la spécialité roumaine en double exemplaire !!! C’est énorme dans tous les sens du terme. Je leur fais comprendre que je viens de débarquer à vélo et que je ne peux pas embarquer la barquette dans ma barque à roulette. Je vois bien qu’elles sont embarrassées et je ne voudrais pas les braquer. Finalement, j’avale un des deux monstres. C’est délicieux. Cela s’appelle un papanasi (sic !). C’est un beignet au fromage blanc sucré recouvert de myrtilles et, généralement, servi par deux. Le deuxième fera mon repas du soir.

Ce n’est pas le tout mais il me faut sortir de la ville et des villages alentour avec une forte circulation. Dès que je peux, j’emprunte les à-côtés (piste ou trottoir) en évitant de taper dans ces tuyaux jaunes. Ce sont les conduites de gaz qui me rappellent fortement la Géorgie. Mais là, elles sont enterrées pour le passage des voitures alors qu’en Géorgie, elles passaient au-dessus des sorties de maison ! C’était très esthétique.

Après la partie plaine de ce matin accompagnée comme hier par Peter Gabriel, la partie ville de ce midi, j’attaque, à partir de Gageni où la circulation se raréfie, la partie montagne. Et oui, cela commence à grimper. Je suis au pied des Carpates du sud dont le point culminant est à 2.544 mètres (mont Moldoveana).

Comme espéré, j’arrive en milieu d’après-midi dans la ville de Câmpina. Après avoir emprunté une passerelle pour passer au-dessus de la Doftana (qui se jette un peu plus bas dans la Prahova) alors que le vieux pont a dû être emporté par une crue, je débarque en ville.

Je me pose dans un café sympa du centre. En regardant ma carte, cela me parait compliqué de trouver un bivouac dans le secteur. D’un côté de la vallée de la Prahova, il y a la route principale DN1 et de l’autre des villages. Ou alors il me faudrait grimper sur les collines. Mais je suis légèrement naze.

Je décide donc de réserver un logement avec Booking.com (rien sur Airbnb). Cela tombe bien, il est à quelques centaines de mètres au n°43 de la rue Hasdeu. Pour l’anecdote, c’était le mot de passe du wifi du café de ce matin. Je m’y rends. Je tournicote un moment avant de trouver l’adresse. En fait, je suis devant un bloc d’immeubles. Mais cela n’était pas précisé sur le site. J’appelle au n° indiqué sur Booking. Personne ne répond. J’envoie un message. Pas de réponse. Cela me parait étrange et me rappelle un mauvais souvenir à Bali où j’avais réservé un appartement … qui était l’adresse d’un champ.

Finalement, après avoir fixé un ultimatum jusqu’à 17h et de longues minutes d’attente, la propriétaire arrive enfin. L’appt est au RDC. Cela tombe bien avec mon vélo. Il est superbe et très spacieux. Il y a même une machine à laver et un sèche-linge. Je vais pouvoir laver le linge et aussi le bonhomme !

Fin de cette encore longue journée pleine d’imprévus. Demain, je risque fort de faire chauffer la petite plaque. De plus, la météo s’annonce fort mauvaise pour les jours à venir. Je ferai avec. Pas le choix …
Résumé :

91kms, 5h30, 16,5km/h, 530D+ 161D-, beau temps, bivouac