J21 – vendredi 23 mai 2025 – Tohanu Nou / Sebes

Peu avant le coucher du soleil et alors que j’étais tranquillement en train de bouquiner, à poil sous mon duvet, le berger, rentrant son troupeau dans son enclos un peu plus bas, m’a interpellé. Je sors la tête de la tente. Il me fait comprendre par signe et par son que je ne dois pas rester là à cause des ours. Décidément. A cette heure avancée, où veut-il que j’aille m’installer le bougre ?

Je dois avouer que je passe une nuit légèrement inconfortable en m’imaginant être attaqué par un ours des Carpates. Que faire dans ce cas-là ??? Finalement, je m’endors jusqu’à 6h30. Je plie le campement, redescends ma colline sur ce mauvais chemin et m’arrête prendre mon p’tit déj’ dans un parc d’un restaurant en restauration. Un comble. Je patiente dans un café avant l’ouverture du château de Bran à 9h00. Il est construit sur u éperon rocheux et domine la vallée sous les montagnes des Carpates du Sud encore enneigées.

Je vais rendre visite au fameux Comte de Dracula. Mais avant cela, il me faut passer le portillon. Je me retrouve derrière un groupe de vieux bordelais. Évidemment, je me fais légèrement charier avec mon coupe-vent du Stade Toulousain Cyclisme. Pour la peine, je leur passe devant … mais me retrouve derrière un groupe de japonais.

Ce château a été magnifiquement restauré avec de très belles pièces au mobilier d’époque. J’en connais un, pour ne pas le nommer mon frangin Franck (et sa femme Corinne) passionné par les châteaux et le mobilier antique, qui se régalerait.

Par contre, c’est un vrai labyrinthe pour en faire le tour.

Après cette visite matinale, je retourne à Brasov mais, cette fois-ci, en passant par la vallée de Zarnesti. Pour ce faire, il me faut passer un petit col dans la forêt. Comme dans cette ville de Bran très touristique, je longe de nombreux hôtels classieux et de superbes demeures avec vue sur les montagnes. Puis j’arrive à Brasov où j’aperçois au loin la citadelle perchée sur la colline qui domine la ville.

J’ai le choix entre monter à vélo une très forte pente, prendre le petit train touristique tiré par un tracteur ou emprunter le funiculaire. J’opte pour cette 3è option.

Ce château médiéval, construit sur les bases d’une fortification romaine, est impressionnant. Il est seulement dommage que l’on ne puisse pas accéder à l’intérieur des fortifications pour cause d’éboulement et de consolidation. Par contre, j’ai pensé à faire un film Insta mais pas à prendre des photos depuis cette citadelle. C’est balot. Faudra aller sur Insta en cherchant le hashtag #gaelavelo !

Je sors de cette grande ville en me dirigeant vers Cristian, charmante bourgade aux maisons datant de la fin du XIXè siècle. Je cherche un restau ouvert mais chou blanc. Je reviens alors chez Efendi tenu par un jeune couple charmant où je déjeune d’un délicieux menu ?? . Cela faisait un bail que je n’avais pas mangé de viande rouge. Les frites et le salade sont maison. Et le set de table est français !

Il est 13h15. pendant mon déjeuner, le temps a changé. La pluie s’invite dans cette journée. Je sors alors ma tenue de marin-pêcheur. Je prends la route au nord-ouest pour me diriger vers la ville de Sighisoara. Cependant, plutôt que de suivre la DN1 vers Codlea, qui contourne le massif montagneux, je décide en accord avec moi-même de tailler en direct. Je laisse la plaine dans la grisaille et m’élève vers les cimes.

Je prends donc la direction de Vulcan. Puis, après en avoir bien bavé, j’arrive justement à Holbav la bien nommée. La route a été refaite et il n’y a pratiquement aucune circulation jusqu’à ce village perdu dans ce massif. J’ai bien remarqué sur ma carte qu’une petite route m’attendait à la sortie de ce village. Effectivement, alors que je dépasse l’école où quelques vélos attendent leurs heureux propriétaires, je me retrouve à nouveau sur une route non bitumée.

A part ces deux chevaux qui viennent me demander ce que je fous là, je ne croise pour ainsi dire personne. Mais quel pied de circuler sur cette belle piste au milieu de ce joli vallon. A part quelques fermes et cabanes pour résidence secondaire, c’est sauvage. 

Après cette bien belle traversée et alors que la pluie a cessé depuis un petit moment, je parviens dans un hameau où se dresse sur un promontoire une église orthodoxe magnifique. Elle est recouverte de fines lames de bois assemblées les unes sur les autres. Superbe !

Biserica Paltin

Hélas, juste après ce hameau, je retombe sur une route DN73A beaucoup plus empruntée. Je roule bon train, vent dans le dos, dans un vallon entre deux massifs. Puis, je sors de ce massif montagneux et arrive dans la plaine de Fagaras. L’heure avance. Le soleil a refait son apparition. La recherche du bivouac reprend. Je traverse quelques villages avec ces fermes aux formes identiques mais couleurs différentes. Toujours sous le regard de Dame Cigogne.

Cependant, il ne m’est pas évident de repérer un endroit sympa dans ces champs alentour. Je m’arrête dans un de ces villages pour boire un Schweppes bien frais et faire le point. C’est en posant HakaOne que je me rends compte que la béquille est branlante. Effectivement, une des deux vis d’attache est cassée ! Il me faudra trouver un garage pour en trouver une autre. En attendant, je bricole pour que ça tienne provisoirement. Je me dirige vers Sebes où coule une rivière. Je devrais y trouver mon bonheur.

Alors que le bivouac est planté, je m’installe pour écrire ces lignes sous l’arbre qui l’abrite. Mais les gros nuages arrivent de la montagne. La pluie reprend. Je dîne quand même d’une bonne purée saucisse avant de me rapatrier à l’abri.Q

Quelle magnifique journée encore avec ces visites matinales, cette route forestière superbe, cette petite église extraordinaire et ces quelques rencontres sympathiques lors de mes pauses. 

Résumé :

87kms, 4h45, 18,3km/h, 488D+ 624D-, variable, bivouac


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