Ce matin, avec l’humidité ambiante et le froid inhérent, c’est à 5h42 que je me réveille. J’enfile mon tee-shirt à manches longues et je replonge pour émerger 1h plus tard. Le plafond est bas en ce samedi matin. Je n’aperçois même plus les sommes des Carpates. Je plie le bivouac sans avoir vu ni loup, ni chacal, ni loup. Tant mieux. Il faut dire que je suis en plaine et pas très loin du village. Village que je vais rejoindre dans la foulée pour déjeuner dans ces supérettes qui détonnent un peu dans le décor. Ce sera café/croissant (sous cellophane) à la confiture/bananes.

Je prends la route DJ104B qui m’emmène dans la ville de Fagaras. J’y arrive peu avant 9h00. En son centre, se trouve une fort belle cathédrale dorée au milieu d’un boulevard urbain aux bâtiments bétonnés gris.

Juste derrière se dresse le château construit en 1310 et ceint de sa douve. Ce château est transformé en château-fort en 1526 pour défendre le sud-est de la Transylvanie contre les incursions Tatares et Ottomanes.

Après cet interlude historique, j’attaque ma première bosse de la journée. Comme hier, ma trace initiale me faisait suivre la vallée. Mais je préfère aller au plus court (pas forcément au plus rapide) mais en empruntant de petites routes perdues. Et je vais être à nouveau servi …

Une fois arrivé sur le plateau au-dessus de ce col, je croise de nombreux bergers et leur troupeau de vaches ou moutons. Ce doit être une drôle de vie d’être du matin au soir, seul au milieu de nulle part, à surveiller son troupeau. D’ailleurs, la majorité est connecté sur son téléphone. Justement, au milieu de nulle part, je tombe sur un camp de concentration de poules. Bel endroit pour une si triste existence.

Alors que je viens de grimper ma deuxième colline, la route se transforme à nouveau. Le ciel est toujours aussi chargé. J’ai sorti mon ciré jaune mais ce n’est qu’un crachin qui m’accompagne en cette matinée plombée par la météo.

Au bout de ce long chemin de terre et après avoir traversé les villages perdus de Soars et Barcut, j’arrive dans celui de Setis. Et là, qu’elle n’est pas ma surprise de voir des vélos avec sacoches stationnés devant le M.M. du village. A une des 3 tables se trouvent le Club des Cinq madrilènes. Bien évidemment je m’arrête pour taper la causette avec cette sympathique confrérie. Ils viennent donc de Madrid et ont atterri à Bucarest où ils ont loué des vélos pour la semaine. Puis, de là, ils rejoignent Brasov. On papote un moment. L’un d’eux m’offre le café que j’accepte volontiers. Alors que je leur demande de poser pour la postérité, ils entonnent en choeur la Marseillaise ! Merci les gars pour ce beau moment de partage.

Je profite de la traversée de ce village pour faire un film Insta avec ces double-maisons typiques reliées par un porche et avec l’année de construction dessus (celle-ci date de 1965, je n’ai pas réussi à en trouver une de mon année de naissance). Chaque doublon est peint d’une certaine couleur ce qui donne des villages très colorés.

A la sortie de village, je découvre une nouvelle église catholique fortifiée après celle de Barcut. Et, coup de bol, j’ai l’attelage qui passe au même moment. « Bouna dias ! ». Je rentre à l’intérieur des murs. Un homme ponce des poutres dans une des pièces du bâtiment blanc à gauche. Je lui demande si je peux visiter. Il acquiesce mais l’église est fermée à double-tour. Dommage.

Je continue sur cette charmante route vallonnée dont les collines sont couvertes de forêts. Par contre, l’heure avance et il commence à faire très faim. Je traverse le village de Bradeni qui ne m’inspire pas. Puis j’aperçois au loin dans la vallée celui de Apold. A l’entrée, un M.M avec une terrasse m’invite à me poser. Depuis ce matin, je n’ai vu aucun restaurant. La patronne est à nouveau charmante. Elle me parle en anglais. Je fais quelques emplettes, sors mon réchaud et me fais chauffer une boîte de boulettes de viande avec des patates. Cela devrait me caler jusqu’à ce soir.

A la sortie du village, je fais une nouvelle pose pour aller visiter cette nouvelle église catholique fortifiée St-George du XIIIè siècle construite par les allemands très nombreux dans cette région jusqu’en 1989, date de la révolution et du renversement du dictateur Nicolae CEAUCESCU de sinistre mémoire. L’association Asociatia Casapold a restauré tout ce complexe avec un musée de la filaterie. Cette fois-ci, l’église est ouverte. Effectivement, les inscriptions sont en allemand.

Lors de mon repas, j’ai décidé de me poser à Sighisoara ce week-end. J’ai réservé un Booking.com dans cette ville. J’y arrive en début d’après-midi. Je me dirige de suite vers le magasin de location de vélos repéré sur mes traceurs. La dame que je joins au téléphone, dont le n° est indiqué sur la pancarte accrochée sur le vélo bleu, me parle … espagnol. Décidément. Elle appelle son fils qui me rejoint quelques minutes plus tard. Hélas, malgré une longue recherche dans son bric-à-brac, il ne trouve pas les 2 vis pour me refixer ma béquille. De plus, lorsque mon vélo est tombé, mon rétroviseur rétractable s’est cassé.

Il est désolé de ne pouvoir m’aider mais m’indique un réparateur vélo à Odorheiu Secuiesc (sic!) un peu plus à l’est. Je m’y rendrai lundi. Ce n’est pas bloquant mais c’est quand même enquiquinant de ne pas pouvoir poser HakaOne où je veux. Je pars ensuite à la recherche d’une station de lavage avant de me rendre à mon hébergement pas très loin du centre historique. C’est un studio charmant pour 26€ la nuitée. Demain dimanche, je vais pouvoir déposer les sacoches, me poser au chaud, me reposer tranquillou.

Fin d’une nouvelle très belle journée de vadrouille, malgré une météo maussade, avec de belles rencontres hispanisantes.
Résumé :
Pour l’anecdote, cela fait le 3è jour que je roule 87kms. Et ce n’est pas fait exprès.

87kms, 4h57, 17,6km/h, 652D+ 856D-, maussade, hôtel