J24 – lundi 26 mai 2025 – Sighisoara / Liban

Avant de prendre la route en ce lundi 26 mai, je voulais faire le point sur ces trois premières semaines de vadrouille. Je dois avouer que, comme la gauche-écolo française (« de Poutoux à Hollande » dixit RUFFIN), ça pète de tous les côtés :

  • Au niveau physique

Le poignet gauche est toujours douloureux (vu les symptômes, je soupçonne une fracture du scaphoïde). Les égratignures au coude, cuisse, genou de gauche sont en cours de traitement. Une côte gauche, suite à ma 2nde chute, me tiraille toujours un peu (soupçon de contusion). A part ça, tout va bien !

  • Au niveau mental

Malgré ces problèmes physiques et cette maussade météo depuis mon arrivée dans les Carpates, le mental va bien. Il faut dire que cela fait un moment que je me prépare à en baver. Je me doutais que les conditions seraient encore plus rudes que d’habitude. Le fait de ne pas suivre la côte, contrairement à mes derniers voyages européens, m’apparaissait plus difficile. C’est le cas. De passer des journées entières dans des plaines avec des champs à perte de vue n’est pas le plus facile à gérer.

  • Au niveau matériel

La béquille et le rétroviseur gauche sont hors-service. Je règlerais cela si je trouve le magasin. Sinon HakaOne va bien aussi.

  • Au niveau chiffre

Je vais passer le cap des 2.000 kms pour 17.772 mètres  de dénivelé positif et 16.587 D-  (soit une moyenne journalière de 94kms/j et 846D+).

A 8h00 pétantes, je quitte cette superbe ancienne ville de Sighisoara sous un ciel à nouveau bien plombé alors qu’il a beaucoup plu cette nuit. D’ailleurs, je longe la rivière Tarnava Mare bien tumultueuse et boueuse, rivière que je vais suivre une bonne partie de la journée.

Je me tape 12kms sur la route nationale DN13 avant de sortir de la ville puis de bifurquer à Vanatori sur la superbe route DN13C. Je pousse un nouveau coup de gueule contre les chauffards qui me rasent les miches et me cassent les couilles ! Je rappelle que la distance est de 1 mètre en ville et 1,5m hors agglo. Dans 80% des cas, ça va. Et dans 20%, au moindre écart, je m’enquille un connard. Notamment ces abrutis de conducteur de BMW (désolé Jean-Phi, j’en remets une couche) et AUDI. Il doit falloir un permis de con pour conduire ces cylindrées allemandes. Quant aux conducteurs de DACIA, fort nombreuses puisque assemblées dans le pays, c’est bizarre mais ils sont beaucoup plus respectueux. Et, lorsqu’il y a une piste cyclable, il y a évidemment toujours la faignasse « qui en a pour 2 minutes« . C’est une constante mondiale !   

Au sujet piste cyclable, je me régale ce matin. La route DN13C est en réfection. Le bitume est hyper roulant et, sur un côté de la route, il y a une magnifique piste que j’emprunte avec grand plaisir que ce soit hors agglo ou dans les villages. De plus, il y a la canalisation d’eau qui laisse une marge de protection appréciable. Si toutes les routes pouvaient être ainsi, ce serait vraiment le pied !

En sortant d’un de ces villages, je longe un complexe sportif au superbe stade de foot (pelouse, vestiaire en dur, tribune) et au City Stade nickel. D’ailleurs, j’ai l’impression que cette région de Transylvanie est fort riche.

Je passe également devant de vieilles fermes au magnifique portail de bois travaillé.

Vers 10h30, j’entre dans la ville de Ordoheiu Secuiesc. Je m’arrête dans une pâtisserie-café-librairie très sympathique. Cette impression de « richesse » est renforcée. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas arrêté dans un tel endroit. 

Puis je me rends au magasin de vélo indiqué par le loueur hier. Il se trouve à la sortie de cette ville. C’est un grand magasin avec atelier et vente de vélos. Le mécano me refixe la béquille et installe un nouveau rétro tout rond. Un peu plus loin, je m’arrête dans une pharmacie pour (enfin) acheter une attelle-poignet.

Je file ensuite sur la route principale et quitte la ville. Quelques kms plus loin, arrivé à Bradesti, je bifurque à gauche sur la DJ138 pour filer plein nord en direction de Gheorgheni. Je rentre dans une nouvelle vallée mais en suivant toujours la rivière Tarnava Mare. Par contre, une petite pluie refait son apparition. Je renfile mon ciré jaune. Dans les villages traversés, je retrouve ces portails en bois sculptés avec, cette fois-ci, des nichoirs au-dessus.

L’heure avance. J’ai les crocs. Je trouve un restaurant dans le centre de Zetea. Tout est écrit en roumain et dans une autre langue, comme à l’entrée des villes et villages. Je repère le mot pui (poulet) et commande alors un plat. Je me retrouve avec deux escalopes de poulets panés accompagnées de frites et de betteraves, le tout recouvert de fromage. Quelle assiette !

Il est bientôt 14h et l’heure de reprendre ma route après avoir bu un bon café. En remontant sur mon fidèle HakaOne, je m’aperçois qu’il pleuviote. De plus, la route commence à grimper. Les quelques prairies font place à d’immenses forêts de résineux. D’ailleurs, une des activités principales de la région est l’exploitation de ces forêts (scierie, bois de chauffage, meubles, …). J’arrive jusqu’au grand lac artificiel de Lacul Zetea alimenté par la rivière Tarnava Mare sur la gauche et la rivière Sicasau sur la droite. C’est dorénavant celle-ci que je vais suivre.

Je traverse des villages très étendus mais où il n’y a vraiment pas grand monde. Quelques maisons sont disséminées de chaque côté de l’axe routier. De belles comme celle-ci ou des maisons de bois. Par contre, je ne trouve ni commerce, ni eau. Pour me ravitailler, je m’arrête à une source en bord de route.

L’heure avance plus vite que moi je ne progresse. Je monte sur la plaque du milieu et le grand pignon. Je pense que la pente régulière doit être à 4 ou 5%. J’entame un virage lorsque je vois une biche en orée de clairière qui me regarde et part tranquillement dans le sous-bois. Quelques écureuils foncés me font également des coucous au passage. Je me donne jusqu’à 17h00 pour trouver un endroit où dormir. Je traverse maintenant le village hyper étendu de Liban (sic !). Je pense que, au vu des courbes de niveau, je ne suis plus très loin du sommet. Par contre, il me resterait encore une quinzaine de kms pour rejoindre le village de Suzeni dans la plaine.

Je repère une cabane mais elle est trop en bordure de route. Puis, un peu plus haut, je vois un panneau pédagogique sur la faune et la flore avec un chemin qui part sur la gauche.

Je m’y engage. Bingo ! Un peu plus bas, une maison en construction avec auvent me tend les bras pour la nuit. Il y a même un matelas sous ce auvent et un abri plus bas pour casser la croûte et rédiger ces lignes. Par contre, c’est la première fois que je ne capte plus aucun réseau.

J’étends mes affaires quelque peu humides. Puis je fais ma toilette de chat avant de me faire chauffer un Roobois accompagné de quelques biscuits secs.

Fin d’une nouvelle belle journée de vadrouille à travers cette Transylvanie ô combien sauvage mais belle.

Résumé :

92kms, 5h20, 17,3km/h, 843D+ 266D-, nuageux / pluie, squat


3 réflexions sur “J24 – lundi 26 mai 2025 – Sighisoara / Liban

    1. Bravo Gaël. entièrement d’accord avec toi pour l’usage bis des pistes cyclables. A Toulouse aussi, elles sont squattées même pendant un temps un peu plus long que 2 minutes et même par des voitures de police parfois. Il n’y a que devant le CRA à Cornebarrieu, qu’ils ont ajoutés des petits blocs en béton pour empêcher toute intrusion.

      A ce propos j’aurai une proposition à te faire pour le 27/09 avec une vélorution à vélo partant du CRA vers Toulouse en passant devant les lieux que peuvent fréquenter (volontairement ou pas) les exilés. On en reparlera…

      Bises

      Michèle Crémoux

      Aimé par 1 personne

  1. Hello Gaël,

    Merci pour le récit quotidien de tes aventures à vélo et ton bilan à J24. C’est une très bonne idée, alors voici le bilan vu de tes lecteurs assidus :

    • Au niveau physique

    Certains de tes lecteurs se plaignent des articulations du pouce et du poignet, à force de faire défiler ton blog tous les jours. D’autres développent des pathologies inquiétantes, à serrer les fesses en lisant tes passages sur les routes à forte circulation, mais à part ça, tout va bien !

    • Au niveau mental

    Le mental est bon, malgré l’angoisse de te savoir à la merci des ours, des loups, de la pluie et de tout ce qui roule sur les routes, à part les gentils cyclotouristes que tu croises bien sûr. 

    • Au niveau matériel

    Les tablettes, téléphones et autres ordis fonctionnent bien, ainsi que nos vélos, même si certaines machines accumulent un peu de poussière dans les garages au lieu de sortir prendre l’air. On attend ton retour pour remotiver en masse tout le peloton du STC.

    • Au niveau chiffre

    24 blogs x quelques minutes de bonheur tous les jours à découvrir la Turquie, la Bulgarie et la Roumanie avec toi. On attend la suite, mais les avis sont partagés : faire la Moldavie (à l’est) et la Bulgarie (à l’ouest), n’est ce pas un grand grand écart ?

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