La nuit a été très bonne dans mon duvet et sur mon matelas. Et, surtout, à l’abri de la pluie qui est tombée drue cette nuit. Je me réveille un peu avant 7h00. Le campement est vite plié. Par contre, entre l’humidité et le vent, il fait un froid de gueux. Je pense que je dois être à 5°C en ressenti. Je décide de déjeuner dans la vallée.

Après deux kms de montée, j’arrive au somment. Je n’ai plus qu’à me laisser glisser jusque dans la plaine et, notamment, au village de Suseni. Auparavant, je passe devant une immense carrière à ciel ouvert. Arrivé au village, je trouve une boulangerie où le patron charge sa camionnette avant de partir faire sa tournée. La charmante patronne me vend un délicieux moelleux à la cerise. Par contre, la machine à café est en carafe. Dommage.

Je file, sous la pluie, jusqu’à la ville de Gheorgheni. La plaine est complètement inondée. Caniveaux, cours d’eau et ruisseaux dégueulent. Quelques maisons ont les pieds dans l’eau. Les pompiers sont à pied d’oeuvre et pompent. D’ailleurs, je reçois une nouvelle alerte météo, cette fois-ci inondation. Décidément !

Bien que je fasse le tour du centre, je ne déniche aucun café. Dommage. J’en prendrai finalement un dans un M.M. à la sortie de la ville alors que la route DN12C que je vais emprunter est en travaux. J’y croise d’ailleurs un jeune italien avec son fils. J’ai l’impression de me revoir avec le mien lorsque, plus jeune, on partait en vadrouille dans mon Peugeot Partner. Je lui conseille vivement de faire demi-tour. Je sors de la ville et attaque la montée du col. Je vous fais grâce de l’écriture du dessous dont je ne connais toujours pas la langue tarabiscotée. Le transylvain peut-être ?

Je monte tranquillement tout à gauche. Ça grimpe plus fort que le col d’hier. Je croise quelques voitures immatriculées en Hongrie ou Moldavie. Je me rapproche de ces pays dans lesquels je devrais passer. A 11h00, j’arrive en haut de ce col. Tout au fond, on aperçoit Gheorgheni. Le ciel est toujours aussi menaçant. En haut de ce col Pasul Pangarati à 1.252m d’altitude, se trouve un grand complexe hôtelier en construction et, à son pied, un café-restau avec vue imprenable. Je m’y arrête.

Après une bonne heure de pause (encore de la paperasse à gérer), j’attaque la descente. Après une première partie sans problème, j’entre dans les Gorge de Bicaz. Et là, je fais gaffe car la route est bien détériorée. D’ailleurs, j’ai déjà vu deux voitures arrêtées sur le bas-côté avec leurs chauffeurs en train de changer une roue.

Malgré cela, le spectacle est grandiose.

J’arrive vers 13h15 au bout de ces gorges dans le village de Bicaz-Chei. A la sortie, je trouve un restaurant où je me pose pour me restaurer. Ce midi, au menu, ce sera truite à la sauce basilic accompagnée de polenta avec son verre de vin blanc …

… suivi de deux (comme d’hab’) crêpes fourrées aux noisettes et miel.

Je pense que j’ai bien mérité de me remplir la panse après cette matinée chargée en pluie, en dénivelé et en sueur. Vers 14h00, je reprends la route qui a séché pendant mon déjeuner. Au-dessous de moi, un coin de ciel bleu a fait son apparition. Mais au nord, ce n’est pas les corons, c’est encore le ciel noir. Je longe le Parc National Cealhau jusqu’à Bicaz. Puis je rejoins la route nationale DN15. La circulation devient beaucoup plus dense. La pluie refait son apparition. Je laisse derrière moi les Carpates de l’est.

Les bourgades industrieuses (complexes bétonniers) aussi tristes que le ciel s’enchaînent les unes derrière les autres. La route est relativement plate. J’en profite pour passer grosse plaque et fuir le plus rapidement cette vallée en serrant les fesses le long de ma ligne blanche. Et, comme il pleut toujours sans discontinuité, je décide de filer jusqu’à la prochaine grande ville de Pietra Neamt. Autant tailler la route tant que c’est moche.

J’arrive en ville vers 16h30. Je m’arrête sous un abri pour consulter mon site Booking.com et me réserve une petite chambre à 24€ la nuitée dans la pension Red Rock à la sortie de la ville. J’y arrive « trempé-gueuné » comme disait ma grand-mère. Je récupère ma chambrette. Je pose vélo et affaires de pluie à sécher le long du chauffage de la pièce à vivre. Puis je me prends une bonne douche bien méritée. Vers 18h00, les autres occupants (que des hommes) rentrent de leur boulot et se préparent à manger. Hélas, pas un ne parle anglais, encore moins français. Pas facile d’échanger. Dommage.
Je casse la croûte seul avant de monter récupérer de cette longue journée bien éprouvante à tout point de vue. La pluie est encore annoncée pour les 2 prochains jours. Après le soleil devrait refaire son apparition. Quant à moi, je vais continuer à monter tout au nord-est de la Roumanie, avec ou sans pluie.
Résumé :

110kms, 5h43, 19,2km/h, 1.003D+ 1.669D-, pluie, hôtel