La nuit a été agréable quoique interrompue par une séance descente/montée d’escaliers. En effet, alors que je dormais du sommeil du juste, je me suis réveillé en pensant à ma tente restée accrochée sur mon porte-bagage. Je l’avais laissée là pensant redescendre faire des courses. Et j’ai complètement zappé. HakaOne, lui, est accroché avec mon antivol aux barres de l’escalier au RDC. Mais le sac imperméable contenant ma tente et ma housse de protection du vélo … Finalement, malgré que la porte du hall soit grande ouverte, le sac est toujours là. Ouf de soulagement. Je le récupère puis remonte me coucher. Je ne quitte mon douillet studio que vers 9h du mat’.

En effet, en consultant mes cartes météo, je découvre que cela devrait être couvert ce matin mais sans pluie alors qu’elle est à nouveau annoncée cet après-midi. Je décide donc de rejoindre Suceava par les chemins de traverse. Alors que je suis dans l’immense couloir, j’entends quelqu’un qui chante bien fort en ce jeudi de l’Ascension. Il faut dire que les murs ne sont pas très épais. J’arrive dehors. En fait, ce sont des chants qui proviennent de la petite église à coté. Je vais y faire un tour avant de quitter cet immeuble identique à tous ceux évoqués précédemment.

Cependant, comme j’ai pu le constater, de forts beaux appartements ont été rénovés dans ces immeubles pour le moins vétustes. Je quitte la ville avant de rejoindre la route DJ209. De grands lacs la longent en sortant de la ville. De l’autre côté, la route DN2, plus courte en kms, a l’air toujours aussi empruntée.

Je traverse à nouveau de charmants villages campagnards au nom toujours aussi drôle je trouve. Je m’arrête dans celui de Rotopanesti pour y boire mon café matinal. Avant d’y entrer, je photographie cette ferme avec son silo à maïs à gauche, sa grange au milieu et sa maison à droite.

Je reprends mes pérégrinations à travers cette campagne apaisante et vallonnée. A nouveau, j’enchaîne de fortes montées et de belles descentes. De plus, il n’y a pas grand monde sur cet axe DJ209 qui doit être l’abréviation de Drum Judetul (route du comté) vu qu’à chaque sortie de ville ou village il y a un panneau Drum Bun (Bonne route).

Je traverse le village suivant de Horodniceni, où je bifurque à droite, quand je croise une procession de gamin.es accompagné.es de leurs enseignant.es. Je me renseigne auprès d’un d’eux costaud, chauve, barbu et parlant anglais. En fait, il s’agit des commémorations des Héros des guerres 1914-18 et 1939-45. Je suis quand même surpris que, avec ces deux fêtes chrétiennes et hisoriques, ce jour ne soit pas férié. Alors qu’il m’interroge sur Macron, je discute politique avec cet enseignant avant de reprendre chacun sa route.

Vers midi, une zone industrielle puis pavillonnaire apparait telles de vilaines tâches dans cette nature ondoyante et verdoyante. J’approche de la grande ville. La circulation s’intensifie. Les abrutis deviennent plus nombreux. Je trouve un restau sympa pas très loin de ma location. J’y déguste un ragoût de porc moldave avec boulettes de polenta, oeuf au plat, fromage de chèvre et légumes (tocana de porc moldoveneasca).

Après un café, je me dirige à mon nouvel appart où le proprio m’attend à 14h. Le papa est avec le fiston parlant anglais. Je récupère ce nouveau charmant appart au 3è étage d’un immeuble semblable au précédent. Il est l’heure de la douche et de la sieste. Puis, comme la pluie n’arrive pas, je me prépare pour aller visiter le château médiéval à 3kms du centre. Celui-ci est en cours de réfection. D’ailleurs, il a été entièrement rebâti suite aux différentes guerres du XXè siècle.

Je me balade dans les différentes salles de ce château de Suceava qui, à l’époque médiévale, était la capitale de la Principauté de Moldavie. Lorsque je sors de cette remontée dans le temps, je me dépêche de rentrer à l’appart. Le ciel s’est méchamment obscurci et de gros nuages noirs surplombent la ville.

Alors que j’arrive à mon logement, je passe devant un barber qui se trouve presqu’au pied de mon immeuble. Je m’y fais coiffer par Alberto un jeune colombien qui, après avoir vécu 4 ans à Taragone (décidément que le monde est petit …), est arrivé depuis 1 an ici. J’essaie tant bien que mal de baragouiner en espagnol. Mais il va falloir que je m’y remette sérieusement. Au bout d’une heure, après coupe et rasage, avec une technique de ciseau toute particulière (comme s’il faisait tourner un pistolet avant chaque coup de ciseau), je suis prêt pour aller monter les marches au Festival de Suceava ! Je rentre à mon appart avec vue sur ces gros nuages noirs bien menaçants. Peu importe, je suis au sec !

Je vais faire quelques emplettes avant de diner à l’appart puis de préparer ma trace pour demain. Je vais bifurquer à l’ouest, pour aller visiter de beaux monastères, en longeant la frontière ukrainienne puis remonter vers le nord par la Hongrie. Fin de cette journée courte en kms mais ô combien intense vu le profil de l’étape avec presque 600 mètres de D+.
Résumé :

43kms, 2h42, 15,9km/h, 581D+ 533D- , nuageux, hôtel