Réveillé comme d’hab’ vers 6h30, je traînasse un peu dans ce grand lit bien confortable. Si la météo passe au bleu, je devrais retrouver ma petite tente et mon matelas gonflable ce soir. A 8h00 pétantes, je quitte ce bel appartement …

… mais toujours dans ces immeubles de l’époque URSS, je suppose. Pourtant, les propriétaires sont très soucieux de la propreté et de la sûreté intérieure. A ce sujet, en rentrant de chez le barber, juste en bas à droite sur la photo, je me suis fait alpaguer par une personne du syndic d’ici. En effet, le proprio, par l’intermédiaire de son traducteur de fils, m’avait dit de laisser mon vélo dans le hall et de l’attacher à une grille. Et qu’une caméra de surveillance filmait ce hall. Cette jeune femme voulait que je monte mon vélo au 3ème. Avec l’outil de traduction, j’ai pu négocier, en prétextant mon poignet fragilisé, de le laisser là.

Avant de prendre la route, un point géographique pour me situer. Je me trouve au niveau du point bleu. Les frontières sont matérialisées par les traits noirs. A l’est, c’est la Moldavie avec sa capitale Chisinau. Au nord, c’est l’Ukraine. Et, à l’ouest, la Hongrie. Je vais partir plein ouest vers la Hongrie. J’ai hésité à monter au nord et suivre la frontière à l’intérieur de l’Ukraine, mais cela craint trop.

Après 15 minutes intenses pour sortir du bordel matinal et d’embouteillages monstres dans cette grande ville de 75.000 habitants, je retrouve la route par laquelle je suis arrivé hier. Ça monte et descend toujours autant. Par contre, un fort vent du nord est en train de chasser les nuages qui encombrent les sommets des Carpates à l’ouest. Sur cette photo, une stèle, en forme de croix de fer, commémore une des nombreuses victimes d’accident de la circulation.

Je circule sur la route DJ209C avant de descendre dans la vallée, retrouver la route nationale DN2 et longer la rivière Moldova. Sur cette route nationale, un feu clignotant avec une alarme sonore arrête la circulation. Au bout de quelques minutes, un train traverse cet axe principal sans passage à niveau. Et, miracle, j’ai enfin retrouvé le soleil et le ciel bleu !!!

En milieu de matinée, j’arrive dans la bourgade de Gura Humorului. De là, je vais entamer ma visite des plus beaux monastères de Transylvanie. Je vais d’abord me rendre à celui de Voronet à quelques encablures au sud de cette ville.

Cette église orthodoxe roumaine a été bâtie en 1488 à la suite d’une victoire contre les Ottomans. Ce monastère de Voronet est un monastère de Bucovine. Le fronton représente l’entrée au purgatoire avec la descente aux Enfers ou la montée au Ciel.

A l’intérieur, de grandes fresques peintes couvrent tous les murs. C’est assez vertigineux. Je prends cette scène où les saints se font décapités. Alors que j’admire ces peintures, je suis accosté par un munichois. Il est en voyage de groupe et fait également des voyages à vélo. On papote un moment avant que son groupe ne le rappelle. Puis je file au monastère de Humorului. Malheureusement, celui-ci est en pleine restauration. Dans celui-ci, je rencontre deux parisiennes retraitées de l’enseignement. Elles se font un road-trip en train+voiture pendant 2 semaines à travers le pays. C’est sympa de pouvoir changer en français.

C’est pas le tout mais il me faut reprendre la route. Je suis sur la route DJ717 longeant la rivière Humor mais qui mène à un cul-de-sac en fond de vallée. Il me faut couper à travers un mont des « pré-Carpates » pour basculer dans la plaine. Je dois donc monter au village de Plesa avant de redescendre de l’autre côté pour rejoindre la bourgade de Partestii. Et là, c’est du brut ! Ça grimpe à 15% de ce côté pendant plus d’un kilomètre. Je monte en zigzaguant comme en ski de rando.

… avant de plonger à 19% de l’autre où je retrouve la route nationale DN2B. De là, je file jusqu’à Solca.

Sur la route, je croise un couple qui rentre des champs. Alors qu’ils arrivent vers moi, je leur demande l’autorisation de les prendre en photo. Multumesc mult (merci beaucoup) ! Au loin, on aperçoit les cimes des Carpates où les nuages noirs s’accumulent. Je ne vais pas monter là-haut ce soir.

Vers 16h30, j’arrive enfin à Solca. La journée a été rude avec toutes ces bosses. Mais avec le soleil, cela passe quand même beaucoup mieux. Je me pause dans un bar en buvant un Schweppes. J’en profite pour refaire le plein d’eau. Juste en face, un M.M. m’attend pour faire les emplettes du soir. Puis je sors du village par une petite route en suivant la rivière Solca.

J’ai repéré un barrage un plus haut dans la montagne. En y allant, je croise un garde-forestier en 4*4. Il me déconseille de dormir dans la forêt toujours à cause des ours qui protège leur progéniture. Cela me rappelle le film The Revenant avec Léonard DI CAPRIO. Par contre, le barrage semble lui convenir. Je m’y rends donc et trouve une esplanade herbue pour planter mon bivouac. Cela faisait longtemps. Il est temps de prendre ma douche au soleil, de boire une bonne bière fraiche accompagnée de cacahuètes en rédigeant ces lignes puis de me faire la popote (haricot blanc/fromage/yaourt). Je termine la soirée en lisant et attendant que le soleil bascule à l’ouest derrière les Carpates.

Résumé :

86kms, 5h47, 14,9km/h, 1.030D+ 856D-, beau temps, bivouac