J29 – samedi 31 mai 2025 – Solca / Pojorata

La nuit a été compliquée. Je me suis grave caillé les miches. Après être sorti faire une pissouille (merci la bière), j’ai enfilé collant et tee-shirt à manche longue. Mais, même couvert, entre le froid et l’humidité, c’était frisquette. A 6h11, j’ouvre un œil. Le soleil n’est toujours pas monté au-dessous des arbres. J’attends un peu. Je décolle vers 7h30 après avoir plié le bivouac. Puis, après un km de piste, je redescends au village où je m’arrête pour visiter le monastère.

La porte principale est ouverte. Par contre, celle de l’église est fermée. Mais un pope arrive juste pour me l’ouvrir. Il m’invite à entrer à l’intérieur. En sortant, il m’offre une magnette représentant une icône religieuse. Je l’accepte avec plaisir. Par contre, je ne peux pas visiter la brasserie, et encore moins la goûter, qui fabrique la bière Solca. La journée commence quand même bien. De plus, il fait beau.

En sortant de Solca, je m’arrête devant cette maison musée. Hélas, elle n’ouvre qu’à 10 heures. Vous remarquerez la clôture typique de toutes les maisons de cette région. Je file ensuite jusqu’au village de Clit où je m’arrête déjeuner devant un M.M. Ce village est d’ailleurs jumelé avec un village catalan qui se nomme … Une fois, deux fois. Vous donnez votre langue au chat. Le village de Oris. Gagné !

Je file ensuite en grimpant à nouveau quelques collines jusqu’à’ la bourgade de Marginea. Si je filais tout droit pendant 24kms, j’arriverais à la frontière ukrainienne. Je bifurque à droite en empruntant la route DN17A vers Sucevita. A la sortie de cette bourgade se trouve un autre superbe monastère de nonnes ceint par une fortification.

L’église est également décorée, à l’extérieur et à l’intérieur, de splendides fresques représentant des scènes bibliques. Sur le chemin en bas à droite, la nonne-caissière a déserté son guichet. L’entrée de chaque monastère est de 10 LEI (2€). 

Comme il est 10h30, je prends ma pause-café-écriture dans le M.M juste en face. Les bus de touristes débarquent. J’ai bien fait d’arriver de bonne heure. A ma table, comme souvent dans ces commerces-cafés, un pochtron tourne à la bière matinale. Quant à moi, je vais attaquer une nouvelle traversée des Carpates en partant au sud-ouest en direction de Vatra Moldovitei. Par contre, les nuages refont leur apparition sur les cimes.

Peu après 11h, je quitte cette bourgade et attaque une nouvelle montée dans les Carpates. La route est agréable. La circulation y est très calme. La pente doit être de 4 à 5%. Je la grimpe sur la plaque du milieu et le grand développement (36*32). J’avance entre 9 et 11km/h.

Après 1h20 de grimpette, j’arrive enfin au sommet du Pasul Ciumarna à 1.100 mètres d’altitude. Il y a un monument mémorial où tout le monde se fait photographier, notamment 2 cyclistes et un autre en mode gravel. Je lui demande de m’immortaliser. C’est un roumain parlant très bien anglais. On discute un bon moment avant qu’il n’attaque la descente. Il me prévient de faire gaffe.

Avant d’attaquer la descente, j’admire le paysage. Tout au loin, j’aperçois un sommet enneigé. Effectivement, la descente est périlleuse. La route est en travaux. Des parties sont rainurées. D’autres sont couvertes de gravillons. En sortant d’une des parties rainurées, ma sacoche avant gauche se détache et frotte dans les rayons. Heureusement que je n’allais pas trop vite. Ensuite, le bitume a été refait et c’est du pur plaisir de dévaler la pente à toute berzingue.

Je traverse ensuite le village de Ciurmana mais il n’y pas un seul restau. Je m’arrête dans un M.M. pour y dévorer 2 bananes avant de continuer ma route sur ce plateau qui me mène à Vatra Moldovitei. J’ai coché un nouveau monastère à visiter (Manasteria Moldovita). Il est à nouveau magnifique.

Comme les autres, une partie extérieure est bien conservée alors que l’autre, certainement celle la plus exposée aux intempéries, est dégradée. 

Dans cette belle bâtisse, qui forme un angle du quadrilatère, un musée conserve des reliques du XVIIè siècle. Au niveau des monastères, il y en a plus de 400 dans toute Roumanie, dont un grand nombre en Transylvanie, occupés par quelque 3 500 moines et 5 000 nonnes (source Wikipedia). 

Ce n’est pas le tout de se remplir de spiritualité, j’aimerais aussi me remplir de victualité. Je cherche sur Google.maps un restau pas trop loin. Celui-ci m’en indique un à quelques pas du monastère. Je m’y dirige. Il est juste devant une gare avec un petit train touristique. En fait, c’est une famille qui propose des grillades. Je prends du poulet et une saucisse. La patronne me propose aussi des pommes de terre au BBQ. Et sa fille, la fameuse bière locale du monastère de Solca qui tape à 5% et qui est délicieuse. C’est parfait tout cela d’autant plus que le poulet est fermier. Je me régale.

Je prends un café avant de remonter sur HakaOne. Avant de partir, l’homme assis à la table d’à-coté et qui se déplace avec un véhicule handicapé m’interpelle. En fait, il s’agit du mari de la patronne et, donc, du papa de la serveuse. Il a du mal à s’exprimer. Je pense qu’il a dû avoir un AVC. Il veut absolument savoir d’où je viens, ou je vais, combien de kms j’ai fait … Il me fait tellement penser à mon frangin Yves-Marie parti beaucoup trop tôt il y a presqu’un an déjà.  Je repars la boule au ventre et la larme à l’oeil. Je poursuis ma route en direction de Campulung Modovesc. Il est bientôt 15h. Le temps passe décidément beaucoup trop vite. J’attaque le 2nd col de la journée. Ça grimpe sec d’entrée puis ça se calme et enfin ça finit fort. Le col se termine à l’entrée de la commune de Sadova. Quel plaisir de voir la route s’inverser et de pouvoir descendre au taquet !

Comme dans l’autre vallée, les paysages sont magnifiques. De petites collines verdoyantes, plantées de cabanes en bois et où paissent quelques vaches adoucissent les montagnes couvertes de forêts de résineux et d’autres essences de feuillus. Je me régale tous les sens.

Par contre, il est déjà presque 17 heures lorsque je rejoins la vallée de Campulung. Je trouve un M.M. dans Pojorata avant de traverser, par un pont en plaque de zinc, la Moldova. Je prends une route qui se finit en cul-de-sac avant de monter dans un chemin abrupte. Au-dessus d’un torrent, un champ m’invite à me poser. C’est parfait pour ce soir. Par contre, pas de finale PSG-Inter.

Résumé :

85kms, 5h35, 15,2km/h, 1.314D+ 1145D-, beau-temps, bivouac


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