J30 – dimanche 1er juin 2025 – Pojorata / Borsa

En ce dimanche matin ensoleillé et après une bonne nuit réparatrice après la rude journée d’hier, j’attaque mon 30è jour de périple. J’ai toujours cette envie de repartir découvrir de nouveaux paysages, de rencontrer de nouvelles personnes, de m’imprégner de nouvelles cultures et traditions, je décide donc de continuer ma route. A 7h15, les gaules sont pliées. Je n’ai plus qu’à descendre mon sentier pour rejoindre le village et la route nationale DN17. Je n’ai pas d’autres choix.

A la sortie de cette bourgade, je m’arrête le long du torrent Putna sous un de ces abris présents un peu partout le long des routes. Au p’tit déj’ ce matin, ce sera thé noir, yaourt à la cerise avec muesli, tartine de fromage et de Nutella roumain. Je suis prêt à attaquer un nouveau col pour changer de vallée.

Après avoir suivi cette route très fréquentée même par des poids lourds qui, eux, circulent le dimanche, longé la rivière  Putna d’un côté et la voie de chemin de fer de l’autre, j’arrive en haut de ce col. Sur le replat se trouve la village de Mestacanis. Plus bas dans la vallée, ce sera la bourgade de Iacobeni

Mais, juste à l’entrée de cette bourgade, je quitte la DN17 qui descend sur la ville de Vatra Dornei. J’emprunte alors le DN18 plus petite pour longer une autre vallée. A 10h00, je traverse dans le village de Ciocanesti et m’arrête à la sortie dans le bar Getty’s qui accueille les Bikers. D’ailleurs, des motard.es allemand.es sont nombreux à prendre leur café. Je fais un peu freluquet parmi ces gros gabarits. A cette occasion, j’apprends que les parisiens ont laminé les Milanais. Je déteste ce club du PSG mais quelle belle équipe. J’immortalise aussi une de ces maisons typiques avec ces fresques en mosaïque.

Il est temps de repartir. Comme annoncé, de gros nuages s’amoncellent à nouveau sur les sommets. Des orages sont annoncés. J’espère qu’ils épargneront ma route. Un plus loin, je double un jeune gars qui courre avec son magnifique cheval de trait noir (cf Insta & Facebook). J’adore cette région. En parlant animaux, je passe également devant un élevage en plein air de cochons noirs. C’est toujours le printemps et ça fornique dans les champs (en bas à gauche). Et, comme le dit la chanson : « Fornique dans les champs / Fornique, Fornique / Fornique dans les champs /  C’est la fin du printemps. » 

En fin de matinée, je traverse la bourgade de Carlibaba. A la sortie de la messe se trouvent les 40 vraqueurs. En effet, chacun repart avec son petit sac dont je ne sais ce qu’il contient. Midi sonne à l’église. Je consulte mes cartes. Le prochain restau est loin sauf une pension indiquée à la sortie de la bourgade. Je m’y rends direct.

Une grande salle vide m’attend. Je m’installe toujours à côté d’une prise pour pouvoir recharger facilement mes appareils électroniques. Ce matin, j’ai branché mon panneau solaire mais, vu les nuages, je vais devoir le ranger. Ce midi, au menu, je choisis une côtelette de porc noir avec cervelle et fromage (cotlet bucovina) accompagnée d’un verre de vin maison (vinul casei rosu) et pas un demi-verre ! Et en dessert une crêpe maison (clatite casei) servie en double évidemment. Avec café et pain pour 16€. Et je me régale !

Alors que je me tape la cloche, un gros orage éclate. J’attends que ça se calme avant d’enfourcher HakaOne et de reprendre ma superbe route. Les nuages sont de retour mais j’échappe aux gouttes. Je croise quelques motards qui doivent suivre un  itinéraire. Quant à moi, je poursuis le mien cheveux au vent, narines qui s’empiffrent de ces odeurs de pins, oreilles à l’écoute des oiseaux, des bruissements de la forêt et du torrent en contrebas et yeux qui admirent ce superbe paysage à la vitesse d’un coureur à pied. Tout ce dont ces robustes motards ne profitent pas ! Chacun son truc.

Après une longue portion de faux-plat montant, j’attaque le 3ème plat de résistance de la journée (côte ce matin, côtelette ce midi et col cet aprèm). Arrivé presqu’au sommet, je longe cette chaîne de monts encore enneigés à 2.200m d’altitude avec le plus haut à droite qui culmine à 2.303m (Pietrosul Rodnei).

J’arrive sous de gros nuages noirs à la station de Prislop. Seuls quelques bâtiments la composent. Par contre, il y en a un qui a dû trop picoler en sortant du bar à coté et en reprenant sa voiture sur le parking au-dessus.

De mon côté, je n’ai plus qu’à basculer dans une très longue descente qui traverse d’abord la station de ski de Borsa avant de  m’emmener dans la ville très étendue de Borsa. Vu l’heure, les nuages noirs et le profil de cette ville, je n’ai pas trop envie de jardiner pour trouver un bivouac. Je cherche donc un éventuel camping ou une chambre (cazare) chez l’habitant. Finalement, je repère un camping chez l’habitant où je me rends. Le proprio, qui habite une grosse maison sur la route qui mène au monastère, m’accueille et me laisse le choix de l’emplacement à 30 LEI (6€).

Je n’ai plus qu’à faire sécher ma tente encore humide de la rosée matinale, prendre une bonne douche dans le coin sanitaire aménagé dans le hangar en bois à l’entrée, faire une lessive et me taper une bonne bière Timisoreana en rédigeant ces lignes. 

Et je finis en citant le titre d’une chanson de U2 (écouté en début d’aprèm pour ma digestion) : « Beautiful Day« .

Résumé :

97kms, 5h34, 17,4km/h, 1.260D+ 1.289D-, beau temps / nuageux, camping


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