J31 – lundi 2 juin 2025 – Borsa / Feresti

Hier, je suis arrivé dans le département de Maramures. La Roumanie en compte 41.

Ces départements sont regroupés en 4 régions principales.

Aujourd’hui, je me réveille à 6h30 après m’être levé dans la nuit faire une pissouille et me vêtir. Le ciel était découvert et la voie lactée superbe. Mais, ce matin, c’est bien nuageux. Je me prépare tranquillement en déjeunant à ma grande table. Puis, peu avant 8h00, je quitte mon camping perso. Je n’aurais pas beaucoup vu de monde. Dommage.

Après 800m d’une petite rue en pente, je retrouve la ville de Borsa en ce lundi matin. Comme partout, c’est le boxon : les jeunes partent étudier, les adultes travailler, les vieux picoler. La circulation est à nouveau dense dans toute la traversée de cette vallée encaissée. Avec la station de ski, ce doit être infernal l’hiver ici. A la sortie de la ville je fais une pause devant cette belle église.

Les sommets enneigés apparaissent une dernière fois à travers ce superbe portique en bois. Bientôt, ils seront recouverts d’une nappe nuageuse.

Je file bon train en faux-plat descendant sur cette DN18  longeant la rivière Viseu malgré les traversées de Borsa puis de Moisei. A la sortie de cette ville, je bifurque à gauche pour changer de vallée et, donc, col à monter. C’est reparti pour une grimpette matinale en tout bien, tout honneur ! Je bascule en haut du village de Sacel. J’emprunte dorénavant la DJ186 longeant l’Iza. En milieu de matinée, je m’arrête dans la bourgade de Bogdan Voda. C’est jour de marché.

Ce marché commence dans la rue principale, descend dans cette ruelle pour arriver à la place de marché principal. Tous les stands sont mélangés dans un capharnaüm romanesque : plantes, fromages, vêtements, outils, volailles, …

Je poursuis ensuite ma route jusqu’au village de Rozalvea où je trouve enfin un café-bar ouvert où me poser. Juste en face se dresse une de ces églises en bois typiques de la région. Des touristes italiens de Vénétie, en bus, sont en train de la visiter. Je discute un moment avec un des couples.

Quand je repars, les nuages se sont évaporés comme par magie. Le ciel est à nouveau bleu. Le soleil brille sur cette campagne verdoyante et apaisée. De charmantes fermes en bois agrémentent ces superbes paysages vallonnés. La vieille dame dans son potager d’à côté n’a pas d’âge. Tout semble si calme et si serein.

Alors que midi a sonné depuis un moment, j’arrive dans la bourgade de Barsana. A l’entrée, un grand restaurant avec beaucoup de voitures stationnées, ne m’inspire pas. De plus, la pizzéria/fast food est fermée. Je dois donc pousser jusqu’à Calinesti (quel joli nom … le village des câlins) .dans une vallée parallèle pour trouver mon bonheur. Auparavant, il me faut évidemment grimper un col.

Vers 13h15, j’arrive enfin devant cette belle pension qui fait aussi restau : Acasa la Strutti. Je me tape à nouveau la cloche. Ce midi, ce sera poitrine de poulet à la sauce gorgonzola servie avec de la polenta frite (piept de pui cu sos gorgonzola servit cu mamaliguta prajita) …

… suivi d’un dessert maison, de petites crêpes fourrées avec du fromage frais et de la myrtille. Je me régale les babines.

Par contre, dans la matinée, j’ai reçu un message de mon petit frangin Manou qui m’apprend le décès de Cathy, son ex-femme. Saloperie de crabe. Cette journée est pour toi Cathy en souvenir de ta joie de vivre, de ton accent chantant et de tous ses bons moments partagés. Mais il me faut repartir et tailler la route vers Budesti où se trouve, selon les guides, la plus belle église en bois de la région. Avant cela, je passe encore devant ces splendides maisons de bois au portique impressionnant.

Après de belles grimpettes à travers les collines, j’arrive à Budesti. Effectivement, cette petite église est tout à fait charmante. De plus, elle est en dehors de la route touristique dans la vallée. Il n’y a donc personne. Ou peut-être est-ce dû au fait qu’elle soit fermée le lundi ?

Elle date du XVIIè siècle. Sa toiture est composée de fines planches de bois assemblées les unes sur les autres. Quel boulot ! Comme les paysan.es qui travaillent en ce moment  dans les champs pour les foins. Ils coupent l’herbe à la faux puis la rassemble avec des fourches en bois. Ensuite, ils la font sécher sur de grands portiques en bois. Comme au bon vieux temps … Demain, il y a aura photo j’espère.

Quant à moi, je renfourche HakaOne et finis ma boucle pour redescendre dans la vallée. Auparavant, je m’arrête à Giulesti pour y  acheter du miel de montagne. Ce miel est en dégustation devant la maison d’un apiculteur. Une fois choisi, vous sonnez pour l’acheter.

Ensuite, je fais un nouvel arrêt pour faire mes emplettes du soir et étudier ma carte. Plutôt que de descendre dans la vallée, je préfère profiter encore des hauteurs et du paysage. Je me dirige donc vers le village de Feresti puis prend une toute petite route qui monte sacrément raide au village Oncesti. Après quelques minutes en danseuse sur une pente à 15%, je bifurque à gauche dans l’entrée d’un champ. Je pousse HakaOne en suivant une rangée de vieux oliviers. Une fois que je ne suis plus en visibilité de cette route, j’installe mon bivouac juste à l’endroit de deux couches de cervidés. La vue est superbe et le temps magnifique.

Même avec ma gourde d’eau froide, la douche est très agréable avec cette chaleur et ce tapis végétal. Après avoir dîné d’une salade de tomates/thon, je m’installe pour bouquiner et profiter du coucher du soleil.

A ce sujet, à nouveau, une grosse pensée pour Cathy « notre tatie rayon de soleil » dixit ma fille Gwen.

Résumé :

100kms, 5h12, 19,3km/h, 755D+ 1090, nuageux / beau temps, bivouac


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