En ce dimanche matin, le soleil n’a pas sonné. Pourtant, il commence à taper fort dès potron-jacquet (cela faisait longtemps !). Je me lève alors qu’il commence à faire chaud sous la tente. Un comble ! Il est plus de 6 heures. La grasse mat’ dominicale repassera. Je plie la tente qui a déjà séché. Puis je m’installe à ma table pour prendre un p’tit déj’ léger en vidant ma sacoche : roobois et biscuits au miel et au chocolat.

Je descends la mauvaise piste avant d’arriver au cimetière du village. J’en profite pour faire un brin de toilette au robinet et recharger mes gourdes. J’étais à sec. Après 1,5kms de piste, je rejoins la route. Il est 7h00. C’est reparti mon kiki.

Je retrouve la route 2426 et la grimpette recommence. Puis j’emprunte la route 24 qui m’emmène à la ville de Gyöngyös que j’évite en suivant une piste cyclable par les quartiers nords. Cette trace correspond à la mienne et à celle de l’EV14 et route cycliste n°1. Donc tout va bien ! Puis, en sortant de cette ville, j’attaque les coteaux plantés de vigne. Cette mauvaise piste permet d’éviter la route rectiligne 2406.

C’est costaud mais charmant. Et, évidemment, cela me rappelle de sacrés souvenirs à l’époque où, adolescent, j’allais, à vélo évidemment, de Tours à Pocé/Cisse chez mon oncle Dédé et sa femme Claudie pour les aider à restaurer leur maison de viticulteurs au lieu-dit Chémet. Que de beaux moments j’ai passé là avec aussi Nathalie, Marie-Pascale et Philippe, les frangin.es de Claudie.

Au loin, j’aperçois le clocher du village de Gyöngyöstarjan. J’y arrive en milieu de matinée. Mais il n’y a aucun café pour m’accueillir. Ce sera dans une boulangerie où je prendrai, assis sur les marches, mon café matinal accompagné d’une énorme pâtisserie à la cannelle, vanille et chocolat. Je commençais à être vraiment affamé. Après cette pause , je prends une pause spirituelle à l’intérieur de cette belle petite église réformée.

L’intérieur y est très sobre si ce n’est cet arbre des saints au-dessus de l’autel.

Quelques gravures d’époque ont été conservées. J’adore ces pauses dans ces lieux religieux. Même si, et mes lecteurs assidus le savent, je suis agnostique tendance philosophie bouddhiste. Mais, que ce soit, dans les temples bouddhistes ou hindouistes, les mosquées, les églises catholiques, réformées ou protestantes, les temples juifs, … je ressens toujours une profonde plénitude dans ces endroits. Cela me ressource avant de reprendre la route toujours sous le cagnard.

Je rejoins la route 2406 en arrivant dans la ville de Gyöngyöspat. Et toujours aucun café digne de ce nom. Tant pis. Je continue mon chemin et arrive dans la vallée. Après avoir traversé la route nationale 21, j’attaque une nouvelle grimpette à travers les collines couvertes de forêts et bien ombragées. J’hésite à m’arrêter au restau du village de Alsotold mais il n’est que 11h30. Quant à la pension de celui de Feslotod, elle ne fait pas restau. Dommage, la patronne avait l’air sympa.
Je file donc directement à Hollókö. Vu le nombre de voitures qui y grimpe, je crains le pire. Effectivement, alors que midi vient de sonner aux cloches de l’église, j’arrive dans ce très beau village trop touristique. Je m’arrête dans un des trois restaus du village. C’est déjà blindé et, évidemment, pas terrible (frites surgelées et poulet surgelé pané/fourré au fromage).

Je me fais quand même plaisir avec un vrai demi (0,5l) Soproni et, au dessert, avec des crêpes fourrées à la pomme et nappées de chocolat chaud. Le prix est conséquent (21€) par rapport à la qualité. Comparé à hier, c’est le jour et la nuit rapport prestation/qualité/prix.

Il est 13h30. Je pars en balade dans ce village-musée un peu trop touristique à mon goût. Et encore, je profite de la sacro-sainte pause-déjeuner pour me balader alors qu’il n’y a pas trop de monde dans les ruelles.

Au fond à droite, on aperçoit le château qui domine la vallée. Je dois avouer que je suis trop crevé pour y grimper.

Je préfère m’éloigner du village et trouver un endroit ombragé et venté pour m’allonger faire un siestou à l’ombre d’un bel arbre. En me réveillant, je m’aperçois que j’ai reçu une alerte orage. Décidément, j’aurais tout eu : alerte vent violent, alerte pluie/inondation, alerte grand froid, alerte canicule maintenant alerte orage sans oublier alerte ours à Sighisoara !

Après cette sieste réparatrice, je sors mes cartes. Vu les gros nuages noirs qui s’amoncellent au loin et le vent qui devient de plus en plus fort, je trouve un hébergement dans la ville de Széczény où je devais, de toute façon, passer. Je réserve 2 nuits. C’est à une dizaine de bornes. De plus, à la sortie de Hollókö du côté où je suis, je tombe sur une piste cyclable en pleine cambrousse. C’est incroyable. Cette piste m’emmène jusqu’au village de Rimóc. Je passe devant de pauvres maisons où habitent des roms. La musique est à fond. Les gamins hurlent dans la rue. Les voisins doivent être contents.

Je me rends compte que j’ai vraiment besoin de me reposer mentalement et physiquement. Le moindre bruit m’agresse. Le moindre regard noir me frustre. Le moindre signe sans réponse m’exaspère. Je sens que je n’ai plus de jus. Il faut dire qu’avec la canicule qui est arrivée après la période de froid et de pluie en Transylvanie, les bosses qui s’enchaînent, le vent dans le pif depuis 3 jours et les hongrois qui ne sont vraiment pas très risous, cela commence à faire beaucoup. Allez … je file, vent dans le pif, à travers ce tableau superbe en espérant que cela tienne jusqu’à destination.

J’arrive à l’adresse indiquée. C’est un grand hôtel-restau en plein centre-ville. La réceptionniste est à l’image de la majorité des hongrois croisés : pas souriant, pas accueillant, pas bienveillant. Je lui demande si je peux utiliser une machine à laver. Ce n’est pas possible ici et elle ne sait pas s’il y en a en ville. Je lui demande si je peux laver mpon vélo. Ce n’est pas possible ici et elle ne sait pas si je peux en ville. Je n’ai pas de manette pour la clim’ sachant que la chambre est petite et sous les toits et qu’il y fait une chaleur intenable. Je dois en réclamer une. Vraiment pas sympa. M’enfin. Je suis au sec. Je peux me raser, prendre une bonne douche, laver mes sacoches et me poser un peu.

Il est 18h00. L’orage éclate. Il tombe des hallebardes. J’ai bien intuité de me mettre en fuite comme on dit en navigation. J’allume la TV et, en zappant sur les 900 chaines (j’exagère mais à peine), je tombe devant la finale de RG entre Sinner et Alcaraz sur EuroSport Hongrie. C’est le début du 3è set. Je reste scotché devant la TV tout en lavant mes fringues au lavabo pendant les (trop nombreuses) pauses. Quel match de gladiateurs ! Hallucinant. J’enchaîne avec la 1ère mi-temps de Espagne / Portugal en finale de la Ligue des Nations. Mais je tombe dans les bras de Morphée … Fin d’une longue et éprouvante journée.
Résumé :

82kms, 5h22, 15,3km/h, 970D+ 1069D-, beau temps / orage, hôtel