J40 – mercredi 11 juin 2025 – Zibritov (SK) / Sachtička

C’est un rayon de soleil, perçant les nuages matinaux, qui me réveille à l’aube. J’attends 6h du mat’ pour me sortir de mon duvet. D’ailleurs, j’ai bien fait de le prendre hier soir car la nuit a été beaucoup plus fraîche que celles de Hongrie. Après avoir tout plié, je prends un copieux déjeuner vu le profil de la journée.

Je retrouve la route après mes 2,2kms de piste forestière. Et ça grimpe fort d’entrée avec des pentes à 12% avant de retrouver la route 51 qui m’emmène à Banská Stiavnica. Une fois arrivé en périphérie, je prends la direction du centre en empruntant la rue principale hyper pentue et pavée. Je m’arrête prendre un café (à 3,60€ !) en plein centre dans un bar cosy.

Puis je pars visiter le château du centre.

Avant de partir dans la pampa pour aller voir les anciennes fortifications. Le patron du bar m’avait prévenu qu’il était impossible d’y monter à vélo. Je confirme. Je vais au plus loin de la rue goudronnée qui monte à +10% avant de poser mon vélo lors la rue se transforme en chemin. Une bande de VTTistes retraités a déjà mis pieds à terre avant d’attaquer ce chemin. C’est dire … Je grimpe donc à pied en passant devant ce magnifique lac aux eaux verdoyantes. Alors que j’y arrive, une Naïade nue vient de sortir de l’eau alors que son chien s’ébroue.

Je poursuis mon chemin pour arriver en haut de la colline où était érigé une ancienne fortification. A part quelques fondations, il n’en reste plus grand chose. Par contre, la vue est extraordinaire. D’un côté, on perçoit l’église perchée sur son éperon rocheux avec un chemin de croix pour y monter. Ce sera sans moi !

Et, de l’autre, je domine cette magnifique cité slovaque construite à flanc de colline. Je ne regrette pas dem’être aventuré ici.

Je prends à nouveau la route 51 pour en sortir. Je roule grosse plaque dans la vallée. Cela faisait un bail. A 11h, je m’arrête prendre un nouveau café et, surtout, un délicieux pancake aux fruits rouges et Nutella. Il faut bien reprendre des calories.

Après cette délicieuse pause, je reprends ma jolie route ombragée à travers la forêt et qui longe le torrent Jasenica. Arrivé au bout de cette vallée à Hronska Breznica, je rejoins l’autoroute R1 qui descend sur Bratislava à 200kms d’ici. Avant cela, j’analyse ces panneaux de direction pour les cyclistes. Je viens de comprendre le C que je retrouve sur mes cartes Mapy.com. En fait, il s’agit d’itinéraire cyclable (C) de différentes couleurs. Actuellement, je suis sur le bleu. Rien à voir avec la couleur des pistes de ski.

Zvolen (marchand vélo)

EN fin de matinée, j’arrive dans la ville de Zvolen. Juste à l’entrée, dans la zone commerciale, je repère un magasin de cycles. Je m’y arrête pour acheter une chaîne Shimano 10 vitesses. Le patron et sa jeune collègue n’ont pas cela en stock. Il m’indique un autre magasin à la sortie de la ville. J’en profite pour parfaire ma prononciation du BSAM (Bonjour/Svp/Merci/Au revoir) slovaque. Trop sympas tous les deux. Je me rends à l’autre magasin où je trouve mon bonheur. Puis je sors de la ville et file sur la belle piste cyclable qui longe la rivière Hron. Que du bonheur !

Je croise ou me fais doubler par beaucoup de cyclistes. Eux me saluent contrairement à mes amis hongrois. Certains viennent même taper la causette. C’est quand même plus cool. Arrivé dans le village de Sliac, je m’arrête manger un bon hamburger maison avec une poêlée de légumes. Les prix sont équivalents à ceux de France. Je m’en tire pour 20€ avec le café et la bière.

Après ce bon repas, je reprends ma route sans passer par la case sieste. Il ne faut pas que je traine si je veux bivouaquer en montagne ce soir. Malgré tout, je m’arrête dans le charmant village de Hronsek pour voir cette magnifique église en bois classée à l’UNESCO. Hélas, toutes les portes sont verrouillées. Décidément, les catholiques sont fermés à double-tour contrairement aux autres religions. Cela ne m’étonne pas que Retailleau et toute cette clique de béni-oui-oui soit d’une si grande ouverture d’esprit. 

Je retrouve ma belle piste cyclable. Tout au fond, j’aperçois les contreforts des montagnes que je vais devoir franchir. Pour l’instant, je profite encore de la platitude malgré un léger vent du nord qui me ralentit un peu. Mais j’ai connu pire …

En milieu d’après-midi, j’arrive dans la grande ville de Banská Bystrica. Je suis scrupuleusement mon GPS qui me balade à travers le réseau cyclable de cette grande ville. Le centre-ville est piéton. Qu’est-ce que c’est agréable ! Vivement que je sois maire de Blagnac pour faire de même et virer toutes les bagnoles du centre. Je fais une pause « glace au chocolat » pour étudier mes cartes. Ma trace m’envoie en direct dans la montagne. Je ne distingue pas bien si c’est une route ou une piste. Je verrai.

Dès que sors de la ville, cela grimpe fort. Je passe au-dessus de la cité dortoir de Sásová, prends à gauche et me retrouve devant un mur ! De plus, il ne me reste plus qu’une moitié de gourde. Heureusement, alors que j’ai attaqué cette pente de 4 kms, je tombe sur une source. J’y remplis mes 3 bidons. Je vais prendre 500m de dénivelé positif en 4 bornes !!! Je n’avais encore jamais vu cela. C’est une pente presque toute droite qui n’en finit pas. Je monte à 5 km/h en alternant les zig-zags et la danseuse.

Après une bonne heure de grimpette, j’arrive … à la station de ski de Sachtička. Les VTTistes, posés aux tables du seul hôtel ouvert, me regardent arriver complètement hallucinés. Il est 5h20. Je suis rincé. Je m’écarte un peu du centre pour me poser dans une clairière un peu plus haut. J’installe ma tente et me lave rapidos vu que la température a sacrément baissé et que le soleil a disparu derrière les nuages. Puis je laisse mes affaires à sécher sur une sapinette avant de descendre à l’hôtel pour me poser, rédiger ces lignes et boire une délicieuse bière (Divneles Pivo) accompagnée d’un sachet de cacahuètes.

Je viens quand même de me taper presque 1.500m de dénivelé en 80 bornes avec une longue partie de plat. Je n’en reviens pas. Il faut dire que cette montée de 4 bornes restera dans mes annales. Je comprends pourquoi l’acrobate et talentueux Peter SAGAN, slovaques originaire de Zilina pas très loin d’ici, était si punchy.  J’espère que, demain, la piste sera praticable. Il est 19h30. Je remonte à mon bivouac pour casser la croûte. Ce sera du vite fait ce soir. J’ai toujours une salade de thon en réserve au cas où. Avec du pain noir acheté la veille, ce sera parfait.

A 20h tapantes, je suis dans mon duvet bien au chaud à bouquiner mes quotidiens et me tenir informé des nouvelles sportives et du monde. J’y apprends les atrocités commises par deux jeunes ados en France et en Autriche. Il y a quelque chose qui a été raté quelque part. Quant à moi, après cette magnifique mais difficile journée, je vais rejoindre les bras de Morphée.

Résumé :

82kms, 6h00, 13,5km/h, 1482D+ 1055D-, nuageux / beau temps, bivouac


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