J41 – jeudi 12 juin 2025 –  Sachtička / Knazia

Ce matin, c’est à nouveau le froid qui me réveille. Cela faisait un bail. J’enfile mon tee-shirt à manches longues avant d’attendre que le soleil réchauffe un peu l’atmosphère. Vers 6h30, j’émerge. Le p’tit déj’ est servi sur la terrasse boisée au soleil. Je n’ai plus qu’à m’installer et prendre des forces avant de plier le campement.

Dans la clairière où je me suis installée, il y a un embranchement de pistes, notamment de ski de fond et de VTT, il ne faut pas que je me plante. Mais la marque C est indiquée sur le sapin à droite. Je n’ai plus qu’à suivre la piste. Enfin, façon de parler … Il est 7h45. C’est parti mon kiki !

A part quelques passages empierrés, cette piste est praticable. Je profite d’une trouée à travers la forêt que je traverse pour admirer le paysage de ces montagnes slovaques culminant à 1.000 mètres d’altitude.

Après être sorti de la forêt, je me retrouve, toujours sur la piste de ski de fond n°4, au milieu de vastes prairies. Le ciel est bleu. Le soleil chauffe. La nature est superbe. La vie est belle !

Avant d’attaquer la descente dans la vallée à travers une nouvelle forêt, j’admire une dernière fois le paysage.

Après une descente périlleuse sur une piste empierrée et après avoir croisé un couple de randonneur toujours bouche bée depuis mon passage, je rejoins enfin la route goudronnée et le hameau de Banik et sa charmante petite église datant de 1894.

Je n’ai plus qu’à plonger dans la vallée pour rejoindre la station de ski de Donovaly. Je m’arrête prendre mon café dans un des nombreux hôtel-restaus de la place-parking principal. 

Puis je m’engage sur la route principale 59, axe européen E77, qui me ramène dans la vallée en direction de Ruzomberok à 29kms de là. La route est un véritable billard. Je descends à fond les ballons. Une fois dans la vallée, j’emprunte une voie cyclable qui longe la rivière Revúca et la route 59. Je n’ai plus qu’à suivre le fléchage C rouge.

Je croise et double énormément de VTTistes retraité.es qui se baladent sur cet axe sans voiture. C’est quand même beaucoup plus confortable et agréable. Quant à moi, je roule bon train grosse plaque. Dans mon rétro, je repère un VTTisite une centaine de mètres derrière moi. Il va me suivre ainsi jusqu’à l’entrée de la ville de Ruzomberok que j’atteins au bout d’1h10. Je traverse la ville en longeant la toujours la rivière avant qu’elle ne se jette dans la rivière Váh . Puis je contourne la vieille gare avant de filer à l’est vers la ville de Liptovská.

A la sortie de la ville, je passe devant un immense complexe industriel. Des billes de pins sont broyées pour produire ces montagnes de copeaux qui doivent alimenter des chaudières.

Peu après midi, j’arrive dans la bourgade de Lisková. J’y trouve un restau ouvrier posé le long du stade de foot local. Je prends le menu du jour. En entrée, ce sera soupe comme partout dans ces pays de l’est …

… suivi d’une copieuse assiette de poulet pané, purée maison, carottes rapées accompagnée d’une bonne bière pression de 0,5l (2€). En dessert (il n’y en a pas), ce sera un nescafé. Le tout pour 10,60€. Après ce copieux repas, je m’installe à l’ombre dans les tribunes du stade pour siester avant de reprendre ma route, route qui devrait à nouveau grimper pour franchir une nouvelle montagne.

Je reprends ma route légèrement ballonnée vu ce que j’ai avalé. De plus, le soleil tape à nouveau. Je suis quelque peu léthargique. J’ai toujours la rivière Váh à main droite. C’est d’un calme. Arrivé dans le bourg de Liptoská Teplá, où je dois bifurquer, je suis attiré par la superbe église blanche à la flèche arrondie. Je décide d’aller la visiter. Hélas, comme d’hab’, toutes les portes sont verrouillées. Cela me frustre à un point ! Je repars en suivant le symbole C rouge. Je roule un moment dans la vallée jusqu’à Potok. Là, c’est une maison aux initiales G.D. qui attire mon oeil. J’en profite pour regarder mon GPS. Je ne suis pas dans la bonne vallée !!!

Quel couillon ! Au lieu de partir à gauche à l’église, j’ai pris à droite. 8 bornes en plus au compteur pour des clopinettes. Heureusement, c’était presque plat. Je repars pour retrouver la bonne vallée. Je traverse ensuite la charmante station thermale de Lúčky (cela ne s’invente pas). A la sortie du village, cela commence à grimper. Le col est indiqué à 6kms. Je croise et me fais doubler par de nombreux cyclistes ou VTTistes à assistance électrique. Les automobilistes, comme partout depuis mon arrivée en Slovaquie, sont vraiment très respectueux des cyclistes. Ils doublent en gardant la distance de sécurité (1,5m hors agglo, 1m en agglo) ou attendent de l’avoir avant de doubler. 

Je grimpe tranquillou sur cette pente régulière à 6 ou 7%. Le cadre est idyllique : la forêt à gauche qui me fait de l’ombre, le torrent à droite et les oiseaux au-dessus qui me font la musique.

Après cette belle grimpette, j’arrive en haut de la montée et change de district (okres). Comme en Roumanie, chaque grand ville (ici Dolny Kubin) gère son district. Les plaques d’immatriculation comment également par les 2 lettres du district (ici DK, BR pour Bratislava, MK pour Ruzomberok, …).

La descente sur l’autre versant est vertigineuse. J’atteins les 65km/h (record 92km/h dans la descente du Tourmalet avec mon ex-vélo carbone Rocco). Après le village de Osádka, ma trace me fait à nouveau couper dans la montagne pour rejoindre Oravsky Podzámok au nord où je me rends. Alors que je consulte mon GPS pour voir ce qui m’attend, un VTTiste déboule de cette petite route. Je l’interpelle et lui demande si c’est costaud. Il me conseille vivement de prendre la vallée. Je suis son conseil en retrouvant la route 59 qui m’emmène à Dolny Kubín. Comme hier, je traverse le charmant centrum et m’y arrête pour déguster une glace.

L’heure avance. Il est bientôt 16h30. Je reprends ma route et longe maintenant la rivière Orava. Je passe devant ce superbe pont en bois pour cyclistes et piétons. Je continue toujours sur une voie cyclable empruntée à nouveau par de nombreux cyclistes. Je croise notamment des couples en mode Gravel. Au village suivant, je m’arrête devant la Coop pour faire quelques emplettes. Il est 17h01. Elle vient de fermer. Bien que je sors mon sourire le plus charmeur, la patronne, à l’intérieur, me regarde et me fait signe « Désolé ! ».

Tant pis. Il me faut maintenant trouver un nouveau bivouac. En longeant la rivière, vu les nombreuses habitations et petits villages, cela me parait compliqué. Par contre, plutôt que de suivre un méandre, je peux couper par une colline. De plus, sur mon GPS, je repère un symbole avec un croix. Je m’y rends après avoir dû pousser HakaOne tellement la pente est raide. J’y arrive. C’est à nouveau parfait. Je serai sous la protection du Christ … Amen !

Résumé :

93kms, 6h03, 15,4km/h, 1029D+ 1430D-, beau temps, bivouac


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