J42 – vendredi 13 juin 2025 –  Knazia / Hkadovka

C’est à nouveau le froid qui me réveille en ce vendredi matin. Je regarde mon compteur kilométrique qui me sert d’horloge. Je crois lire, sans mes lunettes, 6h50. Je me sors de mon duvet et m’habille. La tente est encore à l’ombre et a pris la rosée matinale. Elle est trempée. Je branche mes appareils que j’éteins la nuit pour économiser les batteries. En fait, il n’est que 6h00 du mat’. Le soleil pointe derrière les sapins. Je déjeune au soleil alors que j’étends ma tente pour qu’elle sèche devant l’oratoire.

Puis je reprends ma piste qui me ramène sur la route 59 après le long méandre. Je me dirige ensuite vers le village de Oravsky Podzámok. Sur l’éperon rocheux au-dessus du village se dresse l’imposant château dont l’ouverture est à 9h00. De plus, tous les cafés-restaus du village sont encore fermés. En faisant le tour du village, je trouve finalement un hôtel pour me poser et réfléchir à la suite du programme.

En effet, je suis devant un sacré dilemme. Hier soir, j’ai contacté Hugo GUILLEMET, journaliste à L’Equipe, couvrant l’Euro de football Espoir (-21 ans) qui se déroule … en Slovaquie ! L’Equipe de France joue justement demain soir à Zilina contre la … Géorgie ! Il m’a fort gentiment répondu et doit me rappeler pour me donner le programme. Zilina est à 70kms à l’est. J’avais initialement prévu de me rendre à Zakopane en Pologne qui est à 70kms à l’ouest ! Je vais d’abord aller visiter le château avant de me décider. A 9h00 pétantes, je suis le premier devant le guichet.

Je pénètre dans la cour intérieure après avoir passé le pont-levis. En arrivant le premier, je ne suis pas enquiquiné par les cars de touristes ou les groupes scolaires … qui sont en train de débarquer. Je me balade de salle en salle parfaitement restaurée. Comme le château de Bran, c’est un vrai labyrinthe. Mais je me régale à imaginer la vie ici au Moyen-âge. On retrouve également ici ces fours en céramique qui conservent très bien la chaleur.

Lorsqu’on change de bâtiment, les vues sur la vallée sont vraiment impressionnantes.

J’attaque le chateau médiéval qui « culmine à 200 mètres au-dessus de la rivière en contrebas » me précise une des gardiennes. La salle est impressionnante. Elle fait toute la superficie de l’imposant édifice posé en haut du piton rocheux. Mais comment faisaient-ils pour ériger de tels bâtiments sans toutes nos grues et autres engins mécaniques ?

Après plus d’une heure de balade à travers ce magnifique château, je reprends ma route. Je ne regrette vraiment pas d’avoir patienter une heure pour attendre l’ouverture. Cela aurait été vraiment dommage de rater ce site vraiment incontournable de la Slovaquie. Avant de le quitter, j’ai discuté avec un des gardiens parlant quelques mots de français après avoir parcouru les Chemins de St-Jacques avec sa femme. Il me conseille de ne pas suivre la route 59 qui est très dangereuse et de couper dans la montagne.

Je suis donc son conseil et pars dans la vallée qui m’emmène  à Pibris. Les maisons sont typiques à cette région. Puis, de là, je repars dans la pampa pour rejoindre Chlebnice avant de redescendre pour retrouver la route 59 et la rivière Orava.

Mais, à nouveau, c’est particulièrement épique pour monter et descendre. Par contre, une fois là-haut au milieu des pâturages, quel pur régal !

Je retrouve la route 59 et, effectivement, ça craint du boudin. De nombreux poids lourds se croisent sur cet axe étroit. Arrivé dans la bourgade de Dlhá nad Oravou, je fais un break devant l’église du village pour reprendre mes esprits avant

Puis, je peux enfin trouver un chemin cyclable longeant la rivière au plus près. C’est quand même beaucoup plus agréable. Sur la route 59, j’ai croisé quelques cyclistes qui devaient serrer les fesses avec toute cette circulation. 

Vers 12h30, je m’arrête dans la bourgade de Podbiel. J’y ai repéré un restau qui s’avère être un nouveau restau-prolo, sans aucun sens péjoratif, où je prends le menu du jour toujours aussi roboratif (soupe paysanne puis poisson pané, pommes de terre, cornichons). Cette fois, je suis raisonnable et je ne prends qu’un « demi » (0,25cl … Faudra qu’on m’explique un jour). Puis un expresso. Tout cela servi avec le sourire d’une jeune et charmante serveuse. C’est quand même plus sympa qu’en tirant la gueule ! Et le tout pour la modique somme de 9,60€.

Puis je retrouve avec bonheur ma piste longeant l’Orava. « Et au milieu coule la rivière » alors qu’un pêcheur taquine la truite.

Plus loin, je passe le barrage après m’être fait doubler par deux VTTistes femmes dont la première est avec un électrique et la seconde, dans sa roue, en musculaire. J’essaie de suivre mais cela va un chouia trop vite. Elle s’arrête après le barrage. Quant à moi, je poursuis ma route à l’est. De la colline, ce lac artificiel est immense. Il est alimenté par 3 rivières polonaises pour former l’Orava en-dessous du barrage.

Je continue à suivre ma charmante piste non bitumée parfois mono-trace, parfois deux traces, parfois carrément sur le flanc de la rivière. Puis, à partir de la ville de Trstená,  elle devient bitumée et grimpe sur la colline. C’est un pur bonheur. Et que de cyclistes à VTT (le plus souvent VAE), vélo de route ou vélo de triathlète l’empruntent. Par contre, vu l’heure avancée, je dois descendre en ville faire mes emplettes. Je m’arrête à Liesek où j’ai repéré un COOP. Il ne faut pas que je me fasse piéger comme hier. Là, je n’ai vraiment plus rien  becqueter.

Puis je poursuis un peu jusqu’à la bourgade contigüe de Čimhová où, là, c’est un café sympa repéré. Effectivement, c’est le cas. Une des deux serveuses veut tout savoir de mon périple. Je bois ma dernière bière slovaque en rédigeant ces lignes. Puis je remonte la colline pour retrouver ma piste cyclable. Je me fixe jusqu’à 18h pour trouver un bivouac sachant que j’ai repéré quelques « abris touristiques ». Finalement, c’est l’avant-dernier avant la frontière qui remporte la mise. Il faut dire que le paysage est à nouveau extraordinaire.

Je me trouve devant la chaîne montagneuse Tatrzanski (montagnes des Tatras) dont le plus haut sommet (Lomnicky stit) culmine à 2.634 mètres. Cette chaîne est au sud d’où je suis et marque la frontière entre Pologne et Slovaquie. Alors que je prépare mon bivouac à l’abri des arbres et des importuns, j’entends parler français au niveau de l’abri. Je m’y dirige. C’est effectivement un couple de … toulousains, Anne-Claire et Emmanuel, qui est parti début avril de la Ville Rose (quartier St-Michel) et remonte également vers le nord. Ils ont vendu leur appart et vadrouille à travers l’Europe pour un moment. Quel plaisir de pouvoir échanger en français avec ces jeunes ! Eux tracent jusqu’à Zakopane à 24kms pour un break de quelques jours. Moi, je me pose ici pour la nuit.

Quelle magnifique journée slovaque ! D’ailleurs, je vais demander à renommer le nom du pays en Slowvaquie tellement tout est calme et lent. Ou en Slauvagequie tellement les paysages sont sauvages. Demain, je bascule en Pologne dont la frontière est à 1,6kms.

Et, avant de quitter ce beau pays, je vous donne le topo wikipédia. Coeur de la Grande-Moravie, la Slovaquie fit partie du royaume de Hongrie à partir du XIè siècle. Entre les 2 guerres, elle fit partie de la Tchécoslovaquie jusqu’au 1er janvier 1993. Sa superficie est de 49.035km2. Sa population est de 5,5 millions d’habitants. Le bois est sa principale richesse. Le SMIC est à 750€ brut. Le litre d’essence est à 1,50€. 

Résumé :

70kms, 5h05, 13,8km/h, 1106D+ 931D-, beau temps, bivouac


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