La nuit a été fraîche et humide. De plus, je me suis levé 2 fois pour aller faire une pissouille. D’habitude, ma vessie tient jusqu’à mon réveil. Je ne sais pas si c’est ma salade de tomates/feta d’hier soir. Le ciel était étoilé et clair. Par contre, à mon réveil, c’est le brouillard qui s’est invité alors que j’attendais le lever du soleil pour me tirer du duvet. Je plie le barda tout trempé. Puis je m’installe sous mon abri touristique pour déjeuner. Ça caille !

Je retrouve ma superbe piste cyclable. Hier, j’ai failli écraser une belette ou un furet qui m’a coupé la route. Ce matin, c’est plus calme. Aucun cycliste. Aucune bestiole. Après un km, je traverse la frontière. Me voici arrivé en Pologne, mon 5ème pays traversé après Turquie, Bulgarie, Roumanie, Hongrie.

Plutôt que de suivre la route 958 dans la vallée, ma trace m’envoie dans la montagne. Je grimpe jusqu’à Palkówka à 1.130 mètres d’altitude. Les villages traversés sont superbes avec de belles maisons tout en rondins qui proviennent de ces scieries où les planches sont mises à sécher après découpe.

Cependant, en traversant l’un d’eux, je suis bloqué par voitures de police, pompiers et ambulance. Je peux tout de même passer sur le trottoir. Un grave accident vient de se produire. Un motard s’est fait rentrer dedans par un.e automobiliste. La moto est d’équerre. Le pare-brise du véhicule est fracassé avec la marque du casque. Je passe juste au moment où le père du motard, qui doit être dans le camion-ambulance, arrive comme un fou en voiture. Je n’aimerai vraiment pas être à sa place. Je ne m’attarde pas.

Je poursuis ma route avant de descendre dans la vallée et d’arriver à Zakopane, station touristique au pied des montagnes. Je pars visiter la superbe église en bois à l’extérieur …

… et également à l’intérieur. Toutes les décos, colonnes, moulures sont sculptées. Magnifique.

Puis je me rends au cimetière juste derrière. Là, ce sont les monuments funéraires qui sont taillés dans le bois.

Et je vais ensuite me balader dans la rue principale où de nombreux touristes et randonneurs se baladent sous un magnifique ciel bleu et soleil de retour. Il est l’heure de ma pause syndicale que je prends dans un café Costa. Alors que j’écris ces lignes, je reçois un appel Whatsapps dont le nom ne s’affiche pas. Je ne réponds pas mais envoie un message. Il s’agit de Mickaël, le team manager de l’Equipe de France Espoir. Il me proposait une place pour aller voir le match ce soir à Zilina. Tant pis. J’ai fait un autre choix.

Je pars me balader dans la grande rue commerçante. Rien de bien folichon. Comme d’hab’, je suis toujours un peu déçu quand j’arrive dans ces villes touristiques. J’en profite pour faire prendre la pose à un des nombreux traine-gogo.

Après avoir fait le tour du centre, je décide de partir de cette ville trop touristique à mon goût. J’irai déjeuner ailleurs. Par contre, il me faut à nouveau me taper une sacré grimpette sur une piste bétonnée pour rejoindre le plateau. Je m’arrête faire une pause pour admirer le paysage. En plein centre de la photo, j’aperçois les 2 tremplins de saut à ski.

Quant à moi, c’est un saut de puce à vélo mais une sacré satisfaction de retrouver la route bitumée après cette nouvelle belle grimpette avec un passage à 18% !

En haut de ce village, je fais un nouvel arrêt devant cette stèle du pape polonais Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyla) et du sentier papal (Szlak Papieski). Je pense que certains vont penser que je vire ma cutie. Mais la religion, ses temples et ses grands hommes, font aussi partie de l’histoire du pays et aussi du voyage.

Après m’être arrêté dans une petite supérette, je me trouve un coin tranquille en haut d’une colline pour déjeuner sur l’herbe avec une bière Tyskie (oui, j’y skie mais pas terrible).

Par contre, une fois mon pique-nique avalé, la colline dévalée et, dans la vallée, arrivée, je me retrouve sur la route rectiligne 957 qui rejoint la E77 vers Cracovie. Et là, ça roule fort et je n’ai pas trop d’emprise pour mon p’tit vélo. Tout ce que je déteste dans le voyage à vélo. Mais je n’ai pas trop le choix. Je file sur cette route jusqu’à Jablonka où se trouve l’embranchement avec la route E77. Ça se calme d’un coup ! Quant à moi, je file vers le gros promontoire au fond.

Je poursuis ma route sur la 957 en direction du Babiogórski Park Narodowy. Cela devient plus calme et, comme c’est bizarre, beaucoup plus agréable. La route s’élève tranquillement. Je traverse quelques villages. Je fais gaffe de réparer le dernier où je peux trouver un commerce. Une fois arrivé, je m’y arrête pour faire mes emplettes du soir (eau, pain, tomates, yaourt). En sortant, un père, au volant d’un 4*4, accompagné de son fils parlant anglais m’interpelle. Il me demande si je cherche un camping. Je leur réponds que non pensant grimper un peu plus. Mais, comme il faut savoir écouter les signes, je m’y arrête en passant devant à quelques encâblures de la sortie du village.

Il est encore tôt mais, comme j’ai prévu de changer ma chaîne et de nettoyer la transmission, c’est l’occasion. J’en profite aussi pour prendre une bonne douche chaude et laver mes affaires. En arrivant, j’avais demandé s’il vendait de la bière. Le patron me dit que non mais que sa femme allait faire des courses et m’en ramener. Parole tenue. A 30 zlotys (7€) l’emplacement et 6 zlotys (1,30€) la bière de 0,5l, cela ne fait pas cher pour mon petit coin de paradis.
En parlant de zloty, cela me fait penser à ma belle-fille bergeracoise Nathalie, dont le patronyme me rappelle le nom de cette monnaie. Je lui dédie cette première journée polonaise. Et je pense fort aussi à mes enfants Gwen & Titouan. Surtout, tous les trois, ne partez pas avant moi …
Résumé :

75kms, 4h43, 15,9km/h, 978D+ 937D-, beau temps, camping