Finalement la nuit a été calme après cet épisode quelque peu inquiétant. A 5h du mat’, je suis réveillé par les premiers rayons du soleil. C’est encore un peu tôt. Je mets mon réveil à 6h00 au cas où et replonge. A 6h45, le bivouac est plié et le déjeuner spécial (tartines de féta, müesli trempé dans le Roobois) avalé. Je reprends mon chemin après avoir salué la famille Cygne.

J’emprunte à nouveau des pistes dans la forêt ou au plus près des nombreux lacs de cette région avant d’arriver en périphérie de Oswięcim où je me dirige directement au guichet de l’entrée du mémorial. Par contre, les nuages recouvrent le ciel immaculé de cette nuit et de ce matin. Le ciel devient couleur cendre.

J’y arrive à 7h25. Le parking est immense et de nombreux bus y sont déjà stationnés. Une file impressionnante attend déjà devant les guichets d’entrée. Quel bordel ! En bon français, je grille la file et tombe sur un couple de jeunes français vivant à Cergy-Pontoise dont la jeune femme est une ancienne cycliste. Ils sont en vacances pour une semaine et viennent de Cracovie où ils ont pris, intégré à u groupe, un bus à 5h du mat’ afin d’avoir une entrée (80€ par personne tout compris quand même !).

Une file de personnes avec réservation passe directement au controle. Une autre, dont les groupes et les individuels, comme moi, sont dans une autre file. Je finis enfin par arriver devant le bon guichet et peux acheter une entrée avec guide obligatoire à 130ZL (30€). Avec un guide français, mon entrée sera à 10h15. Mais il n’est que 8h25. J’aurais quand même poireauter presque une heure. Mais « Tout se fera ! » Comme j’ai dit aux jeunes.
En attendant, j’essaie de trouver un café pour me poser mais ils n’ouvrent qu’à 9h00. Finalement, je me dirige vers l’hôtel 4* Imperiale. Je fais un peu tâche dans le décor mais, à vrai dire, je m’en fous un peu. Je m’installe dans le salon où j’en profite pour boire un americano au tarif blagnacais et recharger mes appareils. En effet, j’ai l’impression que mon panneau solaire, pour recharger mes batteries autonomes, déconne.

Alors que je suis tranquillement en train de pianoter, je reçois une nouvelle alerte sur mon téléphone. Décidément … En clair, ça va péter en début d’après-midi. Je verrais comme je m’organise en fonction de la visite.

Il est 10h15. Je rejoins mon groupe de français avec notre guide parlant parfaitement notre langue. Pendant 2 heures, il va nous guider et nous informer à travers ce camp de déportation, extermination (il insiste bien sur ce terme). A l’origine, ce lieu était un camp militaire. Par contre, si vous êtes un peu sensible, je vous conseille vivement de passer à la suite de ma journée. Ça secoue grave.
Présentation :


Pour rappel, la « Solution finale » était d’exterminer les 11 millions de juifs européens. 10% furent assassinés dans les camps de Auschwitz-Birkenau. 25% était des enfants.
Les bâtiments :






La chambre à gaz :
Sur les 4 existantes, seule celle-ci a été conservée car elle servait également d’abri. Les autres ont été détruites par les allemands avec l’arrivée des alliés. Sur les 4 camps du secteur, 5.000 personnes par jour étaient gazées avec le Zyklon B. L’agonie des condamné.es pouvait durer jusqu’à 30′.


Les photos prises par les S.S. :




Les salles de reconstitution :


Il y a aussi une salle emplie de chaussures, une autre de cheveux. Mais j’étais tellement secoué que les photos sont floues. Pour l’anecdote, la femme d’un couple BCBG a eu la bonne idée de se faire prendre en photo en prenant la pause accrochée aux barbelés. Sans commentaire.

Il est 12h30 quand la visite se termine. Un bus doit nous emmener dans le camp de Birkenau. Mais j’ai ma dose d’horreurs. Pour me remettre de ce choc, je décide de filer direct en direction de Cracovie. Je reprends une belle piste cyclable, construite sur une digue de protection de la rivière Wisla. J’ai vent dans le dos. C’est plat. Je fonce. Je ne croise personne à part un jeune triathlète qui s’entraîne en faisant des A/R sur la partie bitumée.

De temps en temps, la piste devient chemin. Je fonce quand même.

Cependant, à part mon frugal p’tit déj’ matinal, je n’ai toujours pas déjeuné. Je fais un crochet jusqu’au village de Mętkow où j’ai repéré un commerce. J’y achète sandwich, gâteau et bière que je vais dévorer à une table devant la boutique. Je m’assieds à la table de Pavel (encore) et Josef (en noir). Via mon traducteur, nous allons échanger pendant mon repas. J’y apprends que la retraite, ici, est à 65 ans.

Je repars bon train. Par contre, ma trace me fait quitter la rivière pour couper à travers les collines. Mauvaise pioche ! Il est 15h00. La pluie commence à tomber. Mais je suis passé après l’orage. Tant mieux. De plus, je me retrouve sur la route 780 sans bande, ni piste mais hyper empruntée. Je serre à nouveau les fesses jusqu’à à la périphérie de Cracovie où je retrouve le bord de la rivière et ma belle piste cyclable.

A 16h30, j’entre dans cette belle ville de Cracovie. Je rejoins mon hôtel qui se situe pas très loin de la rivière et du quartier juif. Il est temps de prendre une bonne douche, d’aller dans un café-pressing, de faire quelques emplettes et de rentrer dans ma chambre peu après 19h30 pour diner en tête à tête avec moi-même. Je suis vraiment trop crevé pour partir en balade ce soir.

La journée a été éprouvante à tout point de vue (mental ce matin, physique cet aprèm avec une grosse moyenne).
Résumé :

82kms, 3h54, 21km/h, 260D+ 287D-, nuageux / orage, hôtel