A nouveau réveillé aux aurores malgré mes boules Quiès polonaises achetées hier en pharmacie beaucoup plus efficaces que les dernières. Je traîne au lit jusqu’à 6h00. Après avoir plié les gaules, je sors de ma tranchée jaune, rejoins la route, descends la côte et reprends mes pérégrinations.

Par contre, je profite des derniers instants de ciel bleu et de soleil. De gros et méchants nuages sont en train de les manger. La journée s’annonce moins chaude que les précédentes.

Une fois revenu dans la vallée, je m’arrête dans cet abri-bus pour prendre mon copieux p’tit déj’. Bien m’en prend … La matinée va être longue.

Je traverse à nouveau d’immenses forêts avant de rejoindre la plaine de la rivière Koprzywianka. Je traverse alors le village de Ujazd où je suis surpris de voir un immense château en ruine. Il s’agit du château-fort de style baroque de Krzyztopor dont la construction a débuté en 1621. Mais il fut partiellement détruit lors de l’invasion suédoise (Déluge) de 1655 puis réduit en ruine par les Russes en 1770 (source Wikipédia). Tout ça pour ça !

Je reprends ma route cyclable. Je traverse à présent de nouvelles plaines céréalières et des hameaux d’agriculteurs. Arrivé dans une grosse bourgade, je suis à nouveau surpris par le nombre de voitures devant l’église et des personnes sur le parvis. Après renseignement, nous sommes jour férié en Pologne. C’est en effet la Fête-Dieu (Boze Ciato), l’une des fêtes catholiques les plus importantes du pays.

La région est un peu plus vallonnée qu’hier. Je suis parfois obligé de passer sur la petite plaque pour monter des raidards creusés à flanc de colline.

Je traverse ensuite une immense plaine fruticole : cerisiers, pommiers, poiriers, groseilliers (rouges et noirs), … Forcément, je suis obligé de goûter. Je me gave de groseilles et de cerises bigarreaux. Par contre, je ne trouve ni café, ni commerce. Je ne sais pas où ils font leurs courses ? Peut-être sont-ils tous frugivores ?

L’heure avance. Je passe maintenant devant des vignes dont le raison produit les vins de Sandomierz, du nom de la grande ville pas très loin. J’hésite à y aller mais cela me fait faire un sacré détour. Tant pis. Je suis ma trace après avoir un peu merdouille peu de temps avant. Il y a tellement de petites routes que la moindre inattention et, au lieu de partir dans le zig, je pars dans le zag !

De plus, mes batteries de téléphone prennent cher vu que je suis obligé de suivre la trace. Je consomme aussi mes batteries externes. Et toujours pas de café à l’horizon. En fin de matinée, je parviens dans la grosse bourgade de Dwikozy. J’y repère deux restaurants. Le premier est ouvert mais ne sert pas de repas ce midi. J’y prends donc juste un café pour recharger mes batteries électriques et humaines. Le second est fermé ainsi que la pizzeria du coin. Il n’y a que le kebab d’ouvert. Ce sera donc copieux kebab dans un Algeco. Cependant, il y a deux tables à l’intérieur dont une avec une prise de courant juste au pied. Je me pose enfin pour engouffrer cette superbe assiette et rédiger ces lignes.

En discutant en anglais avec les 2 gars qui tiennent cet endroit, j’apprends qu’ils sont originaires du Bangladesh. Ils sont en Pologne depuis quelques années déjà et me disent qu’ils sont très bien intégrés. Ils sont friands d’en connaitre plus sur mon périple. Par contre, il n’y a pas d’alcool évidemment mais pas de café non plus. Cependant, il m’offre un Nescafé. Il est 13h30 lorsque j’emprunte la route 777 tojujours dans la vallée de la rivière Opatówka.

Le ciel s’assombrit alors que Lublin se rapproche. La rivière Opatówka se jette dans la Wisla que je retrouve. J’emprunte à nouveau un chemin qui la longe alors que de gros nuages noirs s’amoncellent dans le ciel. L’orage éclate.

Je laisse à droite cette mauvaise piste qui devait conduire à un embarcadère pour franchir la rivière.

Et je continue sur la digue dont la piste est en herbe ! Pas évident d’avancer la-dessus surtout qu’il pleut. Le ciré jaune est à nouveau de sortie.

Heureusement, je retrouve des plantations de groseilles pour me remonter le moral. De plus, je reçois aussi un appel de mon ami Loïc en villégiature dans sa ville de Carnac. Cela remonte le moral de papoter un moment au téléphone d’autant plus que je n’aurais pas croisé grand monde de la journée en ce jour férié.

Après avoir croisé un jeune couple en mode Gravel, je rejoins enfin la grande route 74 qui me permet d’enjamber la rivière et de continuer ma remontée vers le nord-est. Juste après le pont, j’entre dans la ville d’Annopol. En la traversant, je tombe par chance sur un magasin ouvert. Je fais le plein d’eau et mes emplettes (thé, yaourt, pain, bière et cacahuètes, chocolat noir, …). Le basic quoi !

Par contre, en sortant de la ville, ma trace m’envoie direct sur un chemin sablonneux. Je la modifie pour passer un peu plus au nord et trouver une route bitumée … qui se termine aussi par un chemin. Je le remonte un certain temps après m’être fait doubler par un jeune en squad qui s’éclate sur la piste. Peu avant de retrouver la route bitumée et la vie civilisée, je repère un endroit où je peux planter ma tente. Par contre, le vent, à décorner les cocus, souffle fort à travers la plaine. J’installe la tente à l’abri d’un amas de branches.

Derrière, il y a un promontoire, en bien mauvais état, pour chasseur. Un oiseau semble attendre que le vent se calme. Il faudra que je demande à mon concierge-météorologue Pascal, dont c’était les presque 20 printemps hier, mais également membre de la LPO quel est cet oiseau.

Quant à moi, il est temps de monter le bivouac, prendre ma douche (enfin presque …), boire ma bière accompagnée de cacahuètes et rédiger ces lignes. Le vent a chassé les nuages. Le ciel est à nouveau bleu. Le soleil brille. La vie est belle. Je profite de cette de accalmie pour prendre des nouvelles de mon amie speedy-Laurence en attendant que le soleil se couche.

Il est 20h35. Et oui, à l’est, je dois perdre une heure d’ensoleillement le soir. Cela ne me gêne pas. Au contraire, je rejoins mes pénates alors que le vent persiste et que le froid s’installe. Fin de cette longue journée de transhumance à travers champs et vergers.
Résumé :
101kms, 6h, 16,8km/h, 772D+ 843D-, nuageux/pluie, bivouac
On dirait bien une grive draine.
Bon courage pour la suite et bonnes observations !
Pascal
J’aimeJ’aime