J49 – vendredi 20 juin 2025 – Księzomierz / Biadaczka

Ce matin, c’est un tracteur, et aussi la fraîcheur matinale, qui me tire de mon duvet. Je regarde mon compteur pensant qu’il est 6h30. En fait, il n’est que 5h30. Tant pis. Je me suis réveillé de toute façon. Je plie les gaules alors que la température avoisine à peine les 10°C.  Je repars pendant 2 bornes sur mon chemin pour rejoindre les 3 villages de Księzomierz. Je m’arrête dans un abri devant les terrains de sport pour y déjeuner. La matinée va être chargée !

J’attaque par la traversée d’une grande forêt de feuillus avant de retrouver mes collines couvertes de plantations de céréales et d’arbres fruitiers. Il n’y a pas grand monde de bon matin. J’imagine que beaucoup ont dû faire le pont de cette fête fériée. Le bitume est nickel. J’avance bon train alors que je rejoins le GreenWay. Est-ce la même piste que la GreenVélo ? Mystère et boule de gomme. En plus de ces circuits, il y a aussi, comme en Slovaquie, de nombreux circuits fléchés bleu, vert, rouge, … De quoi se paumer !

Je traverse à nouveau de nombreux hameaux, bourgs, bourgades, villages mais, à part quelques supermarchés dans les gros villages, je ne trouve aucun café, ni boulangerie. C’est vraiment la cambrousse ! Vers 10h, je rejoins une grande route longeant la voie ferrée et ma piste cyclable. Je fais u crochet pour m’arrêter dans ce Zabka. J’y prends un grand café (vraiment grand) accompagné d’un muffin au chocolat évidemment. Les deux jeunes femmes tenant cette boutique sont en plein déchargement de la palette devant le magasin. Cela ne rigole pas trop …

Après avoir avalé mon demi-litre de café, je poursuis ma route vers Lublin qui n’est plus qu’à une vingtaine de bornes. Ma trace, et celle de la GreenWay, m’envoie dans cette forêt. Avec la pluie qui a dû aussi tomber hier, ce n’est plus une Greenway mais une BrownWay ! Je slalome entre les grandes flaques de boue avant de retrouver la terre ferme.

Je passe ensuite devant un quartier résidentiel aux luxueuses maisons. D’ailleurs, je croise un des propriétaires au volant d’une Porsche décapotable. Le contraste est quelque peu saisissant. Puis j’arrive à cet immense lac artificiel, au sud de Lublin, alimenté par la rivière Bystrzyka. Je n’ai plus qu’à suivre cette  magnifique piste cyclable, de couleur rouge pour la séparer visuellement de la partie piétonne, pendant presque 13 kms. Elle me mène jusqu’à la vieille ville. C’est en fait une coulée verte qui suit le lac puis la rivière. Génial !

A 11h30 pétantes, après 75 bornes depuis ce matin, j’arrive devant la tour principale de la vieille ville fortifiée. Ma batterie autonome tombe en rade et, donc, mon téléphone aussi juste au moment où je me pose. Je pose mon vélo à un attache-vélo au pied des remparts et me change pour ne pas faire trop disparate.

Puis je pars me balader à pied dans la vieille ville (Stare Miasto). Dès le pont-levis franchi, j’entre de plain-pied sur la place principale aux superbes maisons peintes et colorées.

Je déambule dans les ruelles jusqu’à 13h.

En contrebas, se trouve le château transformé en musée.

De petites ruelles pittoresques permettent d’échapper au flot de touristes surtout polonais qui déambulent dans cette superbe vieille ville. Comme à chaque fois que je me retrouve dans des endroits peuplés, je me sens oppressé. Le fait d’être toute la journée (et la nuit) au contact de Dame Nature me rend encore plus sauvage.

Puis je pars à la recherche d’un restaurant en dehors des remparts et des attrape-touristes. Je trouve par hasard un petit restau dans lequel est proposé un menu du jour (soupe aux pâtes et choux farci avec PdT). Je le découvre au service. Heureusement que je ne suis pas difficile. Comme souvent, il n’y a pas de pain et pas de dessert proposé. Et ici, pas d’alcool non plus.

Je profite de cette pause pour mettre en charge une de mes 2  batteries autonomes ainsi que mon téléphone. Après ce bon repas, je vais dans la boulangerie-patisserie juste à côté pour finir sur une note sucrée. Je commande un morceau de « Forêt noire ». Le problème est que les gâteaux sont faits sur plaque et se commandent au poids. De plus, la machine à café est en rade. J’arrive quand même à me faire comprendre. Ce gâteau  est succulent mais pas autant que la meilleure Forêt noire jamais dégustée : celle de mon frangin Franck, pâtissier traiteur après avoir fait les Compagnons du Devoir. Puis je repars en visite dans les ruelles où je ne suis pas encore passé.

Apparemment, cette statuette est l’emblème de la ville. J’en ai vu une autre dans une autre rue. Chaque polonais vient se faire prendre en photo avec et toucher les cornes. Cela doit porter bonheur comme de toucher le coquillage dans la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Je pars ensuite faire un tour dans la grand rue commerçante, à l’extérieur de la vieille ville, à la recherche d’un magasin de téléphonie. En effet, j’ai fait tomber un des écouteurs dans les rayons; le nouveau acheté à Schmilblick ne fonctionne pas. Finalement, c’est chez Auchan, à la sortie de la ville, que je trouverai mon bonheur. D’ailleurs, la sortie de cette agglomération de 330.000 habitants est beaucoup plus pénible qu’à l’arrivée. Je me tape la zone universitaire (fac de médecine et de stomatologie), prolétaire,  résidentielle puis enfin la banlieue avant de retrouver une piste cyclable et la campagne.

Par contre, le vent du nord souffle toujours aussi fort. Je l’ai toujours en plein dans le pif. Et, quand je traverse une grande forêt où je me dis que je vais être à l’abri, c’est une piste sablonneuse qui m’attend !

Après avoir fait un crochet dans le village de Biadaczka pour trouver un commerce, je passe au travers d’une zone d’étangs. Je contourne l’un d’eux afin de trouver un endroit protégé du vent. Ce sera parfait pour ce soir après cette longue journée.

Je profite de ce temps libre pour appeler l’ami Gaugau, grand voyageur à vélo s’il en est, dont c’est l’anniversaire ce jour. Il a vadrouillé un peu partout à travers le monde. C’est un peu lui qui m’a donné cette envie de voyager de cette façon. Il est aussi l’auteur de cette phrase qui m’a longtemps interpellé : « Je suis dans le paysage« . Elle symbolise totalement le sentiment du cyclotouriste en symbiose complète avec Dame  Nature. De plus, comme il projette de partir dans les Carpates, je lui donne quelques infos. Après cet appel, j’attends le coucher de soleil pour rejoindre mon petit lit douillet.

Encore une bien belle journée. D’ailleurs, j’ai bien fait de contourner cet étang vu que des jeunes sont arrivés pour faire la fiesta du côté piste au soleil.

Résumé :

103kms, 5h55, 17,4km/h, 536D+ 596D-, beau temps, bivouac


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