En ce dimanche matin d’été, c’est grasse mat’ ! Je pensais qu’il était vers 5h du mat’ quand j’ai ouvert les yeux. Ben non, il était « déjà » 6h36. Il faut dire que Râ a décidé de jouer à cache-cache avec les nuages ce matin. Je viens quand même de roupiller 9h30 d’affilée ! Mon corps devait vraiment avoir besoin de récupérer après ces longues étapes vent dans le pif. J’avale mon yaourt-muësli-sirop d’agave avant de reprendre la route.

Après 500 mètres de chemin, je récupère ma route campagnarde qui longe la petite rivière Wilga. Quelques kms plus loin, je change de commune municipale (Gmina). J’arrive dans celle de Miastków Koscielny. C’est, pour moi, ce qui correspond au village avec église et commerces. Cette commune (Powiat) est rattachée au district de Garwolinski. Comme dans tous ces pays de l’est, les initiales (2 ou 3 lettres) de ce district composent le n° de la plaque d’immatriculation. Ici, ce sera GW. Ce district dépend de la région administrative (Województwo=voïvodie) de Mazowieckie (Mazovie). Ils existent 16 régions administratives.

Bien qu’il n’y ait pas beaucoup de troupeaux de vaches et encore moins de moutons, malgré de belles prairies, dans le secteur, je tombe à nouveau sur ce panneau. Il m’avait bien fait marrer alors que je rentrais en Pologne. Le graphiste devait être un adepte de Picasso, maître du cubisme. Je fais quand même Koniec aux vaches. On ne sait jamais …

Comme je n’ai pas pris le temps de boire mon thé ce matin (je n’ai plus de pain pour faire trempette dedans), j’aimerais bien me boire un Kawa. Mais les rares commerces aperçus sont tous fermés. Il n’ouvre pas avant 10h. Je pense que tout le monde est à la messe malgré l’heure avancée. Il n’est pourtant que 8h30 quand je traverse le village de Parysów. Mais le parking est blindé. L’église aussi !

Je continue mon chemin sur de petites routes campagnardes où je traverse à nouveau de nombreux hameaux. Le vent commence à souffler. Après avoir suivi une piste pour couper à travers champs (c’est le moins qu’on puisse dire), je tombe sur l’autoroute S17 qui relie Lublin à Varsovie. Je vais devoir la suivre pendant quelques kms.

Je roule à présent sur une route parallèle à l’autoroute. Deux mondes se côtoient. D’un côté, celui de la vitesse, de la pollution et du bruit. De l’autre, celui de la lenteur, du respect de la nature et du silence. D’ailleurs, je rejoins 6 femmes à VAE. Sur leur casque de vélo, elles ont collé de petites oreilles. C’est assez funky. Je pensais les avoir prises en photo en roulant mais ça n’a pas fonctionné. Dommage.
Alors que j’arrive dans la ville de Kolbiel à la sortie n°6 de la S17, je repère une station-service où j’espère boire un café. Mais, juste avant, il y a un café-glacerie-brasserie qui est en train d’ouvrir. Il est pile-poil 10h. Je m’y pose. Je commande un americano accompagné d’un apple-pie. La jeune serveuse m’apporte ce gâteau accompagné de 2 boules de glace. Un délice !!!

Puis je retrouve une petite route, loin du bruit et de la fureur, qui traverse une immense forêt (la forêt de Bouconne puissance 10 pour les toulousains). A nouveau, le graphisme de la biche m’interpelle.

La route goudronnée se transforme bientôt en piste forestière sablonneuse. Moins cool. J’ôte mes lunettes pour tenter de repérer les trous et parties sablonneuses planqués entre ombre et lumière. Un Bunkry est indiqué sur ce panneau.

C’est bien ce que je pensais, je tombe sur un bunker allemand en plein milieu de la forêt. Il y a même un guide (polonais) qui en assure la visite. Tout a été reconstitué à l’identique de l’existant (ou est-ce même l’existant ?). Impressionnant ! Par contre, pas de photo à l’intérieur. Ce poste devait défendre l’entrée dans Varsovie par la forêt.

Je finis enfin par rejoindre les rives du fleuve Vistule (la fameuse Wisla que j’ai déjà suivie en le nommant rivière !) . J’ai bien intuité. Il y a un bac qui va me permettre d’atteindre l’autre rive. Quelques cyclistes attendent comme moi.

Ce bac est simplement tracté, avec un système de poulies, par un câble qui traverse la rivière .

Arrivé de l’autre côté, je trouve une magnifique piste cyclable qui longe la rivière. Nous sommes dimanche matin. Et, comme mes potes du Stade Toulousain Cycliste et du Vélo Club Blagnac, ça roule fort. J’arrive à choper la roue du Pogacar local légèrement embonpointé. Mais il me permet de bien couper le vent. Il a beau essayer de me décrocher, je m’accroche comme un morpion. A un moment, il met le clignotant à gauche. J’en fais de même.

Il s’arrête casser la croûte. J’en fais de même. Ce midi, ce sera boudin (kaszanka)-frite (frytki)-bière (piwo évidemment)- cuisses de cycliste rose ! J’en profite pour faire recharger mon téléphone. Je vais en avoir sacrément besoin pour me guider dans Varsovie.

Je récupère mon téléphone, prends un café et consulte Booking.com pour me trouver un hébergement pour ce soir. A 14h00, je reprends la piste. Il y a toujours autant de monde en ce beau dimanche. Par contre, la cohabitation entre triathlètes, cyclistes, VTTistes, baladistes et promeneurs est un peu dangereuse. Il me reste encore une vingtaine de bornes à parcourir.

Puis la piste cyclable bitumée se transforme en digue pavée. En contrebas, une voie ferrée et une route où circule quelques voitures. Je pense qu’il doit y avoir des accès à des plages sablonneuses le long de la Vistule au vu du nombre de voitures à certains endroits.

Puis la piste pavée se transforme en chemin caillouteux. Au loin, j’aperçois Varsovie. Par contre, au bout de cette piste, il n’y a plus rien. C’est une zone interdite. J’aurais dû tourner un petit peu avant mais j’ai suivi ce jeune couple.

Finalement, après un peu de VTT, on arrive à rejoindre un boulevard périphérique. Heureusement, une passerelle avec goulottes permet de le traverser (relativement) facilement.

Je traverse ensuite un immense parc avec des plans d’eau sur le côté pour arriver devant le château d’Ujazdów perché sur une colline. Il faudra que je revienne me balader dans ce quartier demain car il y a beaucoup de châteaux et de palaces nichés au coeur de ce poumon vert.

J’arrive dans le centre, toujours en suivant une belle piste cyclable. Je passe devant la statue du Général de Gaulle avec, au pied, des gerbes aux couleurs de la Pologne et de la France. Puis je parviens enfin à mon adresse qui se trouve dans une rue piétonne dans le quartier de Sródmiescie, centre des institutions nationales et des services municipaux ainsi que le siège des grandes entreprises et centre universitaire !

Après avoir passé la porte cochère avec un 1er code, j’accède à l’appartement sis au second étage avec un second code avant de récupérer la clé de ma chambre avec un 3ème code ! Je n’ai pas intérêt à les paumer sinon je vais passer la nuit dehors. Je monte tout mon barda et mon vélo avant de pouvoir prendre une bonne douche bien chaude et envoyer une lessive. L’appartement est composé de 4 chambres avec SdB et cuisine commune. C’est parfait !

Et, en ce 22 juin, spéciale dédicace à ma belle-soeur Corinne, femme de mon frangin Franck, toujours dans la cinquantaine active et gestionnaire précieuse des problématiques administratives familiales en plus de son métier d’expert-comptable. Encore merci !
Résumé :
Deux traces sinon Mapy.com se paume avec la traversée du bac !


90kms, 5h14, 17,2km/h, 349D+ 392D-, beau temps, hôtel