J53 – mardi 24 juin 2025 – Warszawa / Nowosiadlo

A nouveau réveillé aux aurores vu que le rideau ne cache pas complètement la lumière du jour. Hier soir, il a bien plu. A 7h du mat’, quand je quitte l’immeuble après avoir descendu tout mon barda, le ciel est à nouveau dégagé et la température fort agréable. Après quelques minutes à circuler dans les rues vides, je rejoins les bords de la Vistule. Je la traverse par une immense passerelle cyclistes piéton. 

Je jette un dernier coup d’œil derrière moi avant de laisser cette belle capitale. Si vous avez l’occasion, je vous conseille de venir y passer quelques jours. C’est vraiment très agréable. Je croise beaucoup de cyclistes qui se rendent à leur boulot. Les veinards ! Et aussi des joggeuses matinales en tenue légère.

Puis, après avoir pris une piste bitumée, j’emprunte un chemin en sous-bois avec le fleuve à main gauche. 

Plus je m’éloigne de cette métropole, moins je croise de monde. Le chemin se transforme alors en une mono-trace. Entre les arbres, je suis à couvert du vent qui souffle à nouveau du nord. Quelle différence par rapport à hier où j’étais au milieu d’une foule urbaine. Là, je me retrouve seul au monde avec des hirondelles, corbeaux et autres oiseaux

Puis je longe un golf. Je crois que c’est le premier que je vois depuis mon départ. En bas de ma piste mono-trace, il y a bien un chemin mais beaucoup trop sablonneux (et savonneux) à mon goût. Je préfère rester en haut de la digue.

Vers 9h30, je sors ma carte pour trouver un café-boulangerie dans les environs. Je le trouve dans la ville de (accrochez vos ceintures) Nowy Dwór Mazowiecki. Je me régale d’un délicieux gâteau au chocolat et de mon kawa americana bez mleka. Il est 10h30. Je reprends ma route. Alors que je longe à nouveau la Wisla sur un chemin caillouteux, j’aperçois un troupeau au loin. En me rapprochant, c’est bien un troupeau mais de troufion.es. J’ai beau faire marcher ma sonnette, ils ne réagissent pas trop. Finalement, j’arrive à me frayer un chemin. Apparemment, ce sont des bizuts dont quelques jeunes femmes. Ça ne moufte pas.

Un peu plus loin, la piste devient mauvaise. Je reprends la charmante route 575 également parallèle au fleuve. Elle n’est pas trop empruntée. Et, au moins, malgré le vent qui souffle toujours aussi fort, j’ai l’impression d’avancer. Sur la piste, je roule à 12 ou 13km/h. Sur la route, je suis à ma vitesse marathon entre 14 et 15km/h. Dès que je suis un peu à l’abri, je passe à 18 ou 19km/h. Par contre, j’arrive à choper la roue d’un tracteur qui ramène ses meules de foin. De suite, je passe entre 24 et 25km/h sans faire d’effort. Je le suis pendant un long moment.

Quant il met le clignotant à droite et que je le double, j’ai l’impression qu’il me passe une soufflante. Moi, je lui fais un grand signe pour le remercier ! Comme les autres jours, je traverse un nombre incalculable de hameaux. L’heure avance. J’ai sacrément les crocs. A 13h00, je repère un tout petit commerce. J’y achète de quoi me faire un pique-nique que je dévore, sous le auvent, à l’abri du vent. 

Puis il me faut reprendre la route, le vent a ramené du nord  de gros nuages. Je continue d’emprunter la route 575. A un moment, j’essaie de repartir sur le chemin mais c’est vraiment trop merdique. Je file tête dans le guidon à la recherche d’un café. Finalement, je le trouverai dans une station-service à Stubice. J’en profite pour recharger les batteries malgré des coupures incessantes de courant. 

Pour en revenir au vélo, il faut savoir que, lorsque vous êtes abrités par d’autres vélos ou à fortiori des meules de foin, vous gagnez 30% en aérodynamisme. De ce fait, vous produisez beaucoup moins d’effort. C’est pour cela que les leaders d’équipes de cyclisme (Pogacar, Vindegard, Gaudu, …) produisent beaucoup moins d’effort pendant une étape vu qu’ils sont abrités par leurs équipiers. Ils ne vont être vraiment à fond que pendant les fins d’étape ou pour répondre à des attaques.

Quant à moi, je suis seul et il faut que j’avance avec le vent dans le nez. Pour le bivouac de ce soir, j’ai prévu de me rapprocher de la Wisla. Je dois donc retrouver le fleuve en coupant à travers forêts, champs et plages de sable fin ! Je finis par trouver un superbe emplacement après une longue journée harassante mentalement et physiquement.

Je dîne sous l’arbre, assis devant la Vistule. Il y a plus moche comme endroit. Puis, j’attends le coucher de soleil avant de rejoindre mes pénates. Je viens de passer ma journée la plus longue en kms et en temps de trajet. Et, avec ce vent, je vais avoir besoin de récupérer.

Et spéciale dédicace à Eloïse, ma nièce brestoise, dont c’est l’anniversaire aujourd’hui.

Résumé :

115kms, 7h10, 16km/h, 248D+ 306D-, beau temps / nuageux, bivouac


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