Cette nuit, seul sur ma colline, a été agrémentée par un magnifique orage. Je ne sais pas à quelle heure cela a pété. Mais c’était bien intense. Des éclairs, des coups de tonnerre, des trombes d’eau. Mais, avec mes super bouchons d’oreille polonais, cela ne m’a pas trop perturbé. De plus, j’avais bien intuité de planter la tente sur une bosse. Ce matin, évidemment, c’est mouillé mais rien de dramatique. Le ciel est bien chargé et la température a de nouveau chuté.

La météo, c’est vraiment le yoyo ! J’enfile mon coupe-vent pour prendre mon p’tit déj’ avec vue sur la vallée de la Vistule pendant que la tente séche au vent. A 7h sonnantes aux cloches de l’église, je quitte ma colline fortifiée. Un château fut érigé sur cet emplacement en 1239. En 1242, les chevaliers teutoniques rapportèrent reliques de Sainte-Barbe. Dès lors, ce lieu devint aussi un lieu de culte.

Après une belle grimpette matinale dans la forêt pour m’échauffer, je redescends ensuite dans la vallée de la Wisla. Je traverse alors la ville de Chelmno en passant notamment par la place principale où trône l’Hôtel de Ville.

Puis je file au nord-est en suivant toujours la Vistule par de charmantes petites routes. Il n’y a pas foule sur les routes en cette matinée nuageuse. Vers 9h30, j’arrive dans la ville de Grudziadz. En me dirigeant vers un café-boulangerie dans le centre, je suis surpris du nombre de jeunes qui se baladent en costume du dimanche. Je comprends que, en ce vendredi 27 juin, ce doit être le dernier jour du bahut avec remise de diplômes. D’ailleurs, le café est blindé de parents, également endimanchés, avec leur progéniture. Je fais un tâche dans le décor avec ma tenue de cycliste (du dimanche quand même !). Je prends un bon café accompagné d’un gâteau à la banane (ciasto bananowe).

Après cette bonne pause, pendant laquelle je n’ai pas pris le temps d’écrire, ma trace m’envoie au-dessus de la citadelle construite en haut de la colline dominant le fleuve. Je me retrouve sur une mono-trace dans la forêt. J’essaie d’apercevoir la citadelle occupée par les militaires mais c’est impossible. C’est hyper sécurisé.

De plus, je me retrouve dans une zone Natura 2000 comme j’en ai vu beaucoup lors de ma chevauchée fantastique en remontant la Pologne. Ce réseau Natura 2000 rassemble des aires protégées, créées par les Etats membres de l’UE, sur la base d’une liste d’habitats et d’espèces menacées. La constitution de ce réseau a pour objectif de maintenir la biodiversité, tout en tenant compte des exigences économiques, sociales, culturelles et régionales dans une logique de développement durable. A Blagnac, avec notre liste ECOSOL, nous avons pour ambition de passer toute la zone des Quinze Sols en Natura 2000. Finis les 4*4, le tir aux pigeons, l’aéromodélisme qui sont source de pollution sonore et visuelle. Sans parler des conséquences pour les animaux et oiseaux vivant dans cette zone.

Après cette nouvelle belle grimpette sur la colline, je redescends à nouveau dans la vallée en suivant une Strade Bianche en contrebas de la digue de protection des crues. Au fond, je retrouve une petite route bitumée.

Cette route, ô surprise, est l’itinéraire de l’EuroVélo9 parallèle à celui de la Piste Cyclable de la Vistule (WTR : Wislana Trasa Rowerowa) que j’emrunte depuis quelques jours déjà. Elle est effectivement très agréable.

Cette EV9 est la route à vélo de l’Adriatique à la Baltique qui traverse également l’Europe du sud au nord mais un peu plus à l’ouest de ma route.

Comme midi approche, je repère un restaurant inespéré dans le village de Nebrowo Wielkie. La prochaine ville de Kwidzyn se trouve à presque 20 bornes. Trop loin pour que je puisse y déjeuner. Finalement, le restau est définitivement fermé. Seul reste un sklep mais qui vend dorénavant des plats chauds. Je me commande donc un demi-poulet accompagné de chips avec du pain complet et, évidemment, une piwo Zubr ! En dessert, ce sera un dessert chocolaté surprise.

Après copieux déjeuner, je repars. J’aurais bien fait un siestou mais la météo ne s’y prête pas vraiment. Mais, avant de renfourcher HakaOne, je monte sur la digue pour apercevoir la ville de Nowe juste en face. Par contre, ni pont, ni bac pour y accéder. Pour cela, il faut se rendre à Kwidzyn.

Ce que je fais après avoir rebranché Led Zepp‘. Entre la météo maussade, les paysages qui ne changent plus beaucoup et la traversée de ces hameaux, j’ai besoin de penser à autre chose. Il me tarde d’arriver au bord de la Baltique. Je commence à saturer de la campagne ! J’arrive au pied de cette petite ville de Kwidzyn avec sa magnifique église et son château tout en brique rose.

J’ai également besoin d’un bon café pour me rebooster. J’en repère un en plein centre. Pour cela, il me faut à nouveau grimper la colline. Quand j’y arrive, ce restau-café est également blindé. Toutes les tables sont occupées par les familles endimanchées. Finalement, je trouve un self dont la patronne veut bien me servir un café … accompagné d’un pancake au chocolat ! J’en profite pour recharger mes appareils et rédiger ces lignes. Il est 15h30. J’ai encore de la route à tailler pour me rapprocher de Malbork. En parlant de ville rose, il y a même le Théâtre du Capitole ici !

Je rejoins la digue pavée pour quelques kms à vraiment longer la Vistule. Au pont, la nature reprend ses droits sur la digue alors que les cyclistes retrouvent la route.

Un fort vent de nord-ouest s’est levé dans l’après-midi. Je le récupère de 3/4 dans le pif. Heureusement, un paysan sur son tracteur, revenant de couper les foins, a la bonne idée de me doubler à faible allure alors que je roule sur la piste cyclable. Je passe grosse plaque et accélère pour prendre sa roue. Je vais le suivre ainsi pendant une bonne vingtaine de minutes. Alors qu’il me regarde dans son rétro, je lui fais signe d’un pouce levé pour lui indiquer que tout va bien. Je roule pépère à 27km/h !

En ralentissant légèrement, il me prévient qu’il va prendre la tangente pour rentrer à la ferme. Je lui fais un nouveau signe de la main pour le remercier. Je reprends le vent dans le nez. L’heure avance. De gros nuages noirs menaçant arrivent. J’ai repéré un sklep sur la route avant de partir à la chasse au bivouac. Je passe devant mais il est fermé. Zut ! Je n’ai plus beaucoup d’eau et toujours impossibl de trouver un robinet. Finalement, je m’arrête chez un particulier pour lui demande de me remplir 2 bidons. Puis, pas très loin de là, je grimpe sur la digue herbeuse pour trouver un endroit à l’abri du vent. Des bosquets en contrebas feront l’affaire.

Après une douche rapide, je commence à installer le bivouac. Mais la pluie se met à tomber. Cela tombe mal justement. Je n’ai plus qu’à m’abriter sous un arbre en attendant que le grain passe. Trente minutes plus tard, le soleil refait une timide apparition. J’en profite pour tout installer. Puis le vent chasse les nuages et je peux dîner au soleil avant d’attendre qu’il se couche pour en faire de même.

Pour en revenir à hier, le prénom du gérant qui m’a accueilli dans sa maison d’hôte se prénomme Marcin. Donc encore merci Marcin pour ton chaleureux accueil. D’autre part, mes nouvelles lunettes de soleil sont top ! Pour l’instant, je les ai attachées avec un lacet de rechange. Ce n’est pas très esthétique mais c’est plutôt efficace pour (essayer de) ne pas les perdre.
Résumé :

103kms, 5h55, 17,4km/h, 505D+ 548D-, nuageux, bivouac