Réveillé à nouveau aux aurores, je replonge pour une grasse mat’ dominicale jusqu’à 6h30. Le vent s’est à nouveau levé. De ce fait, tente et housse vélo sont sèches. Je déjeune copieusement à ma place réservée sur la plage vistulienne. A 7h30, je quitte ce beau bivouac sous un ciel à nouveau voilé. Puis je sors des champs par un chemin de tracteurs, reprends la digue de protection avant de retrouver ma petite route de campagne.

Au premier hameau traversé, je passe devant cette église en ruine. Sur le fronton de la petite chapelle (en bas à droite) est gravé une inscription en allemand.

Puis je continue sur cette paisible route. Là, je tombe sur un panneau au nom de hameau imprononçable !

Je poursuis mon trajet en suivant cette charmante rivière Motlawa qui va m’emmener jusqu’à la périphérie de Gdansk.

Vers 9h30, j’y arrive. Je croise quelques cyclistes qui partent faire leur sortie dominicale. J’en profite pour saluer les copains du Stade qui doivent être très heureux après la difficile victoire des Rouge&Noir hier soir en finale du Top14.

Une fois arrivé en ville, je m’arrête dans la première boulangerie-café trouvée. J’irais me balader dans le centre après. J’y arrive par la Porte Verte après avoir traversé un des nombreux canaux qui sillonnent cette ville portuaire.

C’est parti pour une balade en ville. D’ailleurs, je suis surpris par son charme. D’ailleurs, je vois énormément de touristes traînant leur valise à roulettes à la recherche de leur hôtel.






Évidemment, en passant dans ce quartier ouvrier, je me dois d’évoquer Solidanorsc. C’est en fait une fédération de syndicats polonais fondée le 31 août 1980 et dirigée à l’origine par Lech Walęsa (l’homme à la moustache). Dans les années 1980, ce mouvement joue un rôle clé dans l’opposition au régime de la République populaire de Pologne (régime communiste) menée d’une main de fer par le général Jaruzelski.

A l’origine, c’est Anna Walentynowicz qui crée la 1ère association indépendante pour défendre les 17.000 ouvriers des chantiers navals Lénine de Gdansk. Le 7 août 1980, elle est licenciée à 5 mois de sa retraite. Le 14 août, les ouvriers cessent le travail. Ce syndicat ouvre une brèche dans tous les pays du pacte de Varsovie. Ce syndicat regroupera 10 millions de salariés sur les 31 que comptait la Pologne à cette époque. Lech Walesa reçoit en 1983 le Prix Nobel de la Paix et devient président de la République 1990.
Après cette page d’histoire, je reprends ma route pour essayer de sortir de cette ville-labyrinthe entre voies de chemins de fer, routes, canaux, cités ouvrières, chantiers navals gigantesques. Finalement, je retrouve la route de ce matin avant de prendre la direction de l’est vers la mer Baltique que je rejoins peu avant 13h.

Mais, juste avant d’arriver à la plage, je rencontre Hanke et Willem, deux hollandais de Groningen (nord du pays) retraités en balade comme moi. Ils doivent rentrer après 3 semaines de périple vu qu’ils sont les heureux grands-parents de 3 petits-enfants. Et oui, j’ai pas cette « chance ». Donc je poursuis ma route cap à l’est.

Comme le vent vient de l’ouest, j’avance vite. Cela fait du bien au mental. Par exemple, il faut que je pense aussi à recharger les batteries. Je délaisse les restaus bondés en ce dimanche midi et finis par en trouver sympa dans le hameau de Swibno. De plus, il y a du sandre, pêché dans la Vistule j’imagine, proposé sur la carte. Je me régale. Lorsque j’étais ado et habitait Tours, j’allais pêcher, avec 2 potes, ce poisson dans la Loire. Puis je le vendais dans les restaus pour me faire de l’argent de poche. Ou je le donnais à cuisiner (au beurre blanc) à ma tante Claudie.

Après ce bon déjeuner, je n’ai plus qu’à descendre au port pour prendre le bac qui traverse la Vistule dont les eaux se jettent dans la mer au fond après avoir traversé toute la Pologne du sud au nord. D’ailleurs, ce bac est immatriculé à mes initiales, qui sont évidemment celles de GDansk !

Une fois sur l’autre rive, après avoir pris u bon café espresso, je n’ai plus qu’à suivre la piste marquée EV10 parallèle à la mer et qui file à travers la forêt de pins. J’y croise à nouveau de nombreux cyclistes. Je croise même un groupe de jeunes judokas, en kimono, accompagné de leurs enseignants se dirigeant vers la plage.

Par contre, il me faut plonger au sud-est pour contourner l’enclave de l’oblast de Kaliningrad. Cette enclave, coincée entre la Pologne et la Lituanie, permet aux Russes d’avoir un accès sur la mer Baltique. C’est d’ailleurs là qu’est amarrée une partie de leur flotte navale. D’ailleurs, une fine bande de terre permettrait d’y accéder. Je continue ma route. De temps en temps, un panneau (avec la marque EV10) rappelle aux automobilistes la limite de dépassement d’un cycliste d’un mètre. Ce qui est marrant est que le cycliste les remercie en tirant son chapeau !

Ce n’est pas le tout de rigoler mais, même si j’avance bon train à plus de 25km/h, l’heure avance aussi. Je longe maintenant la rivière Tuga en suivant mes panneaux EV10. Par contre, la piste est trop étroite et le passage de vélos trop important pour y planter mon bivouac. Je suis obligé de traverser la ville de Nowy Dwór Gdanski puis de m’éloigner de l’autoroute S17 avant d’envisager de trouver un endroit tranquille. Après le hameau de Solnica, je traverse une zone de lacs. J’essaie à gauche mais ce n’est pas concluant. J’essaie à droite et, merci ma bonne étoile, je déniche un coin tranquille au fond d’un champ fraichement coupé et au bord d’un lac. C’est parfait !

Je trouve un tronc d’arbre coupé qui me servira de siège. Je n’ai plus qu’à me mettre au piano et raconter mon après-midi. Puis c’est l’heure de dîner avant de bouquiner en attendant le coucher de soleil sur ce lac. La routine quoi …

Encore une bien belle journée avec des températures toujours aussi agréables (désolé …), de belles routes cyclables, de belles rencontres et une superbe ville à visiter.
Résumé :
Joli tracé à la forme géométrique parfaite !

103kms, 5h50, 17,7km/h, 181D+ 184D-, nuageux / beau temps, bivouac