J60 – mardi 1er juillet 2025 – Krzekoty / Lesniewo

Ce matin, ce sont les gazouillis des oiseaux qui m’ont réveillé au lever du jour vers 4h du mat’ alors qu’un bouchon d’oreilles était parti en vadrouille cette nuit. C’est un peu quand même. Je profite quand même de ce réveil pour faire une pissouille et admirer le soleil levant. Par contre, ça caille (j’ai encore dormi avec mon tee-shirt !) et la tente est trempée de rosée matinale. Je replonge pour me réveiller vers 6h30. Je profite du promontoire pour faire sécher ma tente alors que je déjeune sur mon banc en haut. C’est un peu bancal mais tant que ça ne se casse pas la gueule … Puis j’effectue les 1,4kms de piste et les 1,4kms de route pour revenir au village et retrouver l’aire MOR (Miesjsce Obstugi Rowerzystó = point de services cyclistes)

Hélas, après le passage des jeunes hier soir, c’est bien crade. Malgré les poubelles de recyclage, tout est mélangé et il y a des détritus partout. Globalement, les villes polonaises sont très propres. Mais, comme dans (presque) tous les pays, des malotrus jettent encore clopes, paquets, canettes, bouteilles en verre et en plastiques, … dans la nature. D’ailleurs, j’ai enguirlandé de jeunes femmes ados avant-hier qui ont balancé le papier de leur emballage par terre.

Par contre, au niveau civisme des automobilistes, c’est le top. La majorité respecte les 1 mètre de distance de sécurité pour me doubler sur la route. Quant aux cyclistes et piétons, c’est respect total des feux rouges. Même quand il n’y a personne au carrefour, tout le monde attend patiemment que le petit piéton et le petit cycliste passent au vert pour traverser. Je dois avouer que, comme en France, je traverse sans attendre quand il n’y a personne.

A ce sujet, une stat que j’aime à citer quand on me dit que tous les cyclistes font n’importe quoi et grillent les feux rouges. Combien de cyclistes ont été tués en traversant un carrefour et grillant un feu rouge en 2024 ? Zéro ! Irrespectueux mais pas suicidaire. Par contre, il y a eu 222 cyclistes tués et 2.550 blessés gravement par un automobiliste. Mais, il est important de rappeler qu’aucun automobiliste et aucun piéton n’a été tué par un cycliste.  Je quitte cette aire après avoir regardé le tracé impressionnant de la GV qui sillonne à travers toute la Pologne. D’ailleurs, je l’emprunte pendant un moment en profitant de ces paysages toujours aussi superbes.

J’emprunte à nouveau une piste forestière à travers cultures céréalières et marais. Puis je récupère la route principale 512 pour tracer, vent dans le dos, jusqu’à la ville de Bartoszyce. Auparavant, j’ai appelé mon  ami Riri de retour de ses diagonales de fou. Alors que je lui parlais en longeant u champ, trois biches broutaient tranquillement à 100 mètres de la route. Je me suis vite arrêté mais, le temps que je sorte mon téléphone de son socle, elles se sont barrées.

Arrivé en plein centre sur la place principale, je trouve un boulangerie-pâtisserie (piekarnia-cukierna) où faire ma pause syndicale. J’y retrouve mon bâton-brownie et je teste un autre gâteau. Celui-ci est fourré au pain d’épice. Il est l’heure de repartir toujours plein est.

J’adore ces pauses matinales. D’autant plus quand les pâtisseries sont excellentes. Je quitte cette charmante petite ville, où coule la rivière Lyna, avec sa place principale et son beffroi du XIV siècle.

Je sors de la ville en empruntant comme d’hab’ une piste cyclable. Le long de celle-ci, se trouvent une frangine et son frangin. Ils vendent de la limonade. Comme d’hab’, je m’arrête et, en échange d’un verre, je demande sui je peux leur tirer le portrait. Dzieki (prononcez djenki) les d’jeunes !

Je file bon train, vent dans le dos, à travers la campagne polonaise. Je traverse de nombreux hameaux avant d’arriver Chez Popaul !

En plein centre, je m’y arrête pour déjeuner. Ce midi, ce sera escalope de poulet grillé avec sa purée de pommes de terre et ses légumes, le tout accompagné d’une bonne bière Ksiazecek IPA. En dessert, un fondant au chocolat évidemment pour accompagner mon espresso. Il est 14h00 quand je quitte Popaul, tout du moins sa copine Nad Lyna, ce très bon restau à la déco sobre mais efficace.

Après ce copieux et délicieux repas et avant de reprendre la route, je vais faire un siestou le long du Guber.  Le ciel est d’un bleu immaculé. Le soleil brille. La campagne est douce. La vie est belle ! Je reprends mon chemin.

Dans un des nombreux villages traversés, je m’arrête devant une belle et vieille église en pierre dont la porte est ouverte. Las. Une grille intérieure en barre l’accès. Cependant, je remarque à nouveau ces trois drapeaux. Le rouge (sang et force) et blanc (pureté et noblesse) est évidemment celui-ci de la Pologne. Par contre, je ne trouve pas la signification des 2 autres drapeaux.

Tant pis. Je continue ma route en suivant la GV toujours à travers de grandes cultures céréalières et quelques forêts et, ce, en empruntant une piste cyclable toujours en dehors de la route bitumée réservée aux véhicules. Que c’est agréable ! Après la reconstruction suite à la seconde guerre mondiale, beaucoup de pays du nord de l’Europe ont fait ce choix stratégique de construire des axes cyclables et des axes routiers entre villes et villages. La France (merci mon Général) et les pays méditerranéen, ont préféré ne développer que le réseau routier. Dommage … Nous avons pris 70 ans de retard. Et, vu nos politiques nationales et locales, cela n’est pas près, hélas, d’évoluer.

Alors que je circule toujours sur une petite route bitumée de la GV, je me fais la réflexion que les gars en gravel doivent être un peu vénères de rouler sur du bitume. 100 mètres plus loin, je tombe sur une Strade Bianche comme disent les toscans. Véridicte ! J’aurais mieux fait de fermer ma grande bouche. D’ailleurs, je commence aussi à tirer la langue.

Cet après-midi, c’est Eurythmics qui m’accompagne pour me changer les idées. Il me faut atteindre la ville de Lesniewo pour y faire mes emplettes. Puis filer sur le lac Rydzówka où j’ai repéré un camping. J’ai besoin de prendre une bonne douche et, aussi, de laver mes fringues. J’y arrive à 17h30. Ce camping est charmant. A part un couple de motards, il n’y a personne. J’adore !

Je vais même pouvoir faire ma pratique de Qi Qong en bordure de lac.

Avant d’oublier, il me faut aussi faire un rectificatif sur ma filiation. En effet, ma fille Gwendoline m’a fait remarquer que j’étais quand même le grand-père de leur bébé à long poil. Je vous présente donc ma petite-fille Shaïni ! En parlant de filiation, je voulais aussi évoquer mes deux enfants Gwen et Titouan. Ils représentent mes deux piliers, bien que dissemblables et pas du même moule, lors des difficultés que la vie nous réserve. Je suis tellement fier de ce qu’ils sont, même si c’est compliqué pour ma fille comme cela a pu l’être aussi pour sa soeur et ma belle-fille Nathalie, et des valeurs qu’ils véhiculent. Je leur ai appris, au vu de mon parcours également compliqué et tortueux, à ne jamais rien lâcher, à apprendre de ses erreurs une fois à terre mais à repartir. « Don’t give up ! » comme le chante si bien Peter Gab’. Mes enfants, je vous aime !

Après cette séquence émotion, il est temps de dîner. Et cette première journée de juillet sera déjà achevée. Qu’est-ce que les jours passent vite même pour ma plus longue étape depuis mon départ.

Résumé :

118kms, 6h10, 19,1km/h, 616D+ 637D-, beau temps, camping


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