Réveillé aux aurores par le soleil levant, je replonge jusqu’à 6h30. Le soleil tape déjà. Je plie la tente avant d’aller déjeuner. J’en profite aussi pour nettoyer la transmission de HakaOne qui prend cher. Et, avant de partir, je discute difficilement, vu qu’il ne parle pas trop anglais, avec le motard polonais avec sa femme et ses jumelles blondes. Ils se baladent chacun avec sa moto et une de jumelles derrière pour parcourir la région des lacs de Mazurie où je vais aller ce matin. Celui où je suis est le plus au nord. Peu avant 8h00, je quitte ce joli et tranquille camping.

Après être descendu au sud, je tombe sur ce premier immense lac de Mamry. Un camping, avec de belles maisons en bois, le domine. Je le longe pendant plus de 6 kms avant d’arriver à celui de Dargin.

Mais auparavant, je me suis arrêté pour visiter le bunker allemand de Mamerki (Mauerwald en allemand). Ce sont en fait plusieurs énormes blockhaus reliés entre eux par des tunnels.

Hélas, il n’est pas encore ouvert à la visite.

Tant pis. Je continue ma balade en traversant d’immenses forêts dont quelques magnifiques chesnais. Ce lac de Dargin possède un grand port. Un beau palais (palac) domine ce lac mais la façade est en cours de restauration.

Je poursuis mon petit bonhomme de chemin à travers ces lacs et de belles collines boisées. Par contre, je n’avais plus trop l’habitude de passer sur la petite plaque pour grimper les raidards.

Je croise quelques cyclistes. La circulation y est tranquille. Par contre, pour remonter au nord, je me retrouve à nouveau sur une piste forestière qui traverse la Reservat Pilackie Wzgórza. Je suis sur le chemin Legend Mazurskich. De temps en temps, je passe devant une ferme perdue au milieu de nulle part. Il ne faut pas oublier d’acheter la plaquette de beurre quand tu pars faire tes courses dans le coin. D’ailleurs, je croise un paysan en voiture qui rentre chez lui. Je suis obligé de me garer dans les fourrés pour le laisser passer.

Plus loin, ce sera un tracteur, avec sa remorque chargée de bois, arrêté en plein milieu du chemin alors que son chauffeur casse la croûte, que je devrais contourner. Évidemment, au milieu de ce nulle part, je ne trouve aucun café. Pour déjeuner, je suis obligé de bifurquer jusqu’à la bourgade de Banie Mazurskie pour y trouver un petit restau ouvert Bar Mlyn (cuisine de campagne) . Quelques cyclistes s’y arrêtent comme moi. Par contre, c’est un peu la panique au niveau service. La serveuse m’apporte le café en même temps que mon plat : cuisse de poulet industriel (pour la cuisine de campagne, on repassera) avec sa salade de crudités et des pommes de terre bouillie sans sauce. C’est roboratif mais pas qualitatif. De plus, comme souvent, il n’y a pas de dessert à la carte. J’irai donc le prendre dans un sklep à côté.

Je sors de la ville avant de retrouver ma piste GreenVelo et un endroit ombragé pour faire la sieste. Le soleil tape fort cet après-midi. On doit approcher les 30°c. Cela faisait un moment que je n’avais pas eu aussi chaud à vélo.

Après ma sieste de 30 minutes, je repars. Cette fois-ci, je suis à couvert. C’est quand même beaucoup plus agréable. La piste forestière rend bien. J’avance.

Je passe devant cette jolie ferme avec son nid de cigognes juste devant. C’est rare. J’écoute Dire Straits pour m’occuper l’esprit. En effet, je ne vois personne à part un couple de randonneurs légers que je double alors que la femme a l’air à la peine.

La trace me fait passer sur un pont vertigineux qui passe au-dessus de la rivière Jarka. En parallèle de mon pont pédestre, il y a un autre pont pour une voie ferrée mais qui est désaffectée.

La rivière coule à une vingtaine de mètres en bas. Je fais gaffe où je mets les roues.

J’arrive enfin dans la petite ville de Goldap. Je m’y arrête pour faire mes emplettes et déguster une glace au chocolat. Je commence à en avoir plein les bottes. Du centre-ville, je ne suis qu’à 3,8 kms d’un autre poste frontière avec la Russie. Mais je n’ai pas envie de faire la visite. Entre la chaleur, les raidards, les chemins forestiers (de temps en temps sablonneux sinon ce n’est pas rigolo) et la fatigue de la journée, il va falloir que je me pose.

En sortant du village, je retrouve la GreenVelo qui m’emmène vers l’est. J’ai repéré un lac pas très loin. Je m’y rends. Alors que je n’en suis plus très loin, je passe devant un MOR isolé dans la campagne à quelques encablures du village de Galwiecie. Cela me parait parfait pour cette nuit. Depuis le temps que je voulais me faire un MOR, c’est vraiment l’occasion.
Je monte quand même au village pour acheter une bière et de l’eau fraiche dans un petit sklep. C’est lugubre. Il n’y a que 3 rues parallèles aux petits immeubles délabrés. Les alcoolos squattent la terrasse du magasin tenu par une jeune femme en short aguichant. Un gars au visage fermé se tient debout devant l’entrée. Alors que je rentre dans le magasin, il me sert la main. En repartant, j’ai aperçu une aire de jeux avec un abri comme le mien. J’espère que les jeunes squattent celui-là. Je reviens au mien pour y prendre ma douche et y rédiger ces lignes. Imaginez-moi devant mon clavier avec ma Piwo Zubr et mes noix de cajou à portée de main.

Il est déjà 19h00 ! Après mon apéro-littéraire, je vais pouvoir dîner. Demain, je devrais être encore en Pologne car je vais me rendre à Vilnius, capitale de Lituanie en passant par la ville thermale de Druskininkai. La frontière pour y aller est à pile-poil 100 bornes. Donc une bonne journée de cyclotourisme ! Avant cela, je profite des derniers rayons du soleil avant qu’ils ne grignotent tous les champs des possibles.

Une fois le soleil couché, je rejoins mon bivouac de la MOR. Cette nuit, ma tente dormira tranquillement sur la selle d’HakaOne !

Encore une nouvelle bien belle journée à travers cette région des lacs de Mazurie. A la même époque l’an dernier, j’étais dans ceux du Connemara. Autant dire que les conditions météo n’étaient pas du tout les mêmes !
Résumé :

99kms, 6h00, 16,5km/h, 582D+ 493D-, beau temps, bivouac