Bien planqué à l’abri du soleil et de la pluie sous mes frondaisons et bien installé sur mon lit confortable de mousse et mon matelas gonflable de décath’, je ne me réveille qu’à 6h45. Je déjeune sur mon banc installé au soleil. Puis, une fois le campement levé, je prends la route à 7h30. Enfin ce que je pense être 7h30 à la montre de mon compteur. En effet, l’heure a changé sur mon téléphone. En Lituanie, il est en fait 8h30. Je reprends la « route » en ce 63è jour de périple.

Auparavant, je vois un paysan arrivé à vélo pour aller nourrir les porcelets et changer les clôtures de ces vaches. J’avais bien intuité. A ce sujet, il faudrait que j’alerte l’asso L214 polonaise car laisser ces porcelets dans le noir complet, c’est de la maltraitance animale ! Pour m’échauffer et me calmer, je commence par attaquer une petite piste au milieu de la forêt lituanienne.

Puis, en sortant de la forêt, je longe d’immenses champs. Celui-ci est planté de colza. Un peu plus loin, un vil goupil immobile file en me voyant.

Après quelques kms parcourus sur cette piste sablonneuse, je rejoins enfin la route principale. Enfin, ce que je pensais en regardant mes cartes. Finalement, c’est une nouvelle piste bien merdique qui s’ouvre devant moi. Au milieu, c’est de la tôle; sur les côtés, de la savonnette.

Heureusement, le paysage est superbe. De temps en temps, j’aperçois quelques fermes en bois perdues dans ces immensités. Je ne croise que 3 voitures qui soulèvent à chaque fois un grand nuage de poussière. En fait, la 1ère voiture tracte une Lada en carafe. La seconde est une jeune femme qui doit partir au boulot je ne sais où …

Je passe aussi devant un arrêt de bus et son banc. Sur cet arrêt, je distingue un petit autocollant bleu. En fait, je suis sur l’EuroVélo11 ! Hé bé, sacré challenge pour parcourir ce secteur. Je n’avance pas. Dans les raides montées, je suis obligé de mettre pied à terre vu que ma roue arrière (Schwalbe Marathon Plus typé bitume) n’accroche pas. Et, dans les descentes, je dois freiner au risque de prendre de la vitesse et de me faire de belles frayeurs avec la roue avant qui part.

Après avoir évité quelques gamelles, je parviens, après 12kms et 1h30 de pistes depuis mon départ, dans mon premier village lituanien : Petroskai. Enfin village est un bien grand mot. C’est à nouveau un hameau avec quelques maisons en bois le long de cette route bitumée. Je m’arrête devant la première où j’aperçois âme qui vive. C’est une vieille femme en train de nettoyer des légumes dans une bassine. Je lui demande de me remplir ma gourde vu que je suis à sec depuis un moment.

Parvenu dans la première ville à Veisiejai, je fais un stop à l’entrée pour visiter le parc aux sculptures en bois dont celle-ci assez rigolote avec tous ces personnages qui grimpent pour décrocher le pompon.

Puis je m’arrête dans l’hôtel-restau-café de cette ville qui donne sur un magnifique lac. J’y croise 3 jeunes cyclotouristes lituaniens partis de Kaunas en vadrouille dans leur pays pour 2 semaines. Ils parlent très bien anglais et quelques mots de français qu’ils se font un plaisir de prononcer.

Par contre, je suis obligé de rentrer à l’intérieur pour recharger mes batteries et surtout préparer mon entrée en Lituanie (langue à télécharger, carte à étudier, blog à finaliser). Dehors, avec le soleil , je n’y vois goutte. Une cliente lituanienne, parlant anglais, assure la traduction pour ma commande matinale : un café noir (à la turque) et une pâtisserie (ce sera cheese-cake avec glace à la vanille et coulis de caramel).

Après cette pause bienvenue, je repars vers Druskininkai. Je rejoins la petite ville Leipalingis par une charmante petite route avant d’emprunter la route principale 180. Cela circule un peu plus mais, comme en Pologne, les automobilistes respectent la distance de sécurité. A l’entrée de la ville, j’emprunte une belle piste cyclable longeant la rivière Nemunas.

Au bout de cette piste, je passe devant un immense complexe dédié à la neige : Snow Arena. Il est joignable de la ville par ce téléphérique surplombant la rivière. Lui se trouve au pied d’un autre immense complexe, aquatique cette fois-ci.

Puis je pars me balader dans cette belle station thermale, très prisée des russes, aux vieilles maisons de bois, aux larges avenues et aux grands parcs.

Je passe bien évidemment voir la superbe église orthodoxe en bois construite en 1865. Elle est effectivement superbe. L’intérieur aussi, tenu par une nonne, avec ses fresques religieuses peintes sur le bois, mais les photos sont interdites.

Il est un peu plus de 13h heure locale. J’ai les crocs. Je trouve un restau très sympa où je déguste un poulet farci avec légumes accompagné d’une bonne bière lituanienne. La charmante serveuse échange dans un parfait anglais et m’adresse également quelques mots en français (« Bon appétit monsieur!« ) pendant le service.

Je sors pour aller boire mon café dans la boulangerie du coin. D’ailleurs il y a écrit « Boulangerie » sur la devanture. Il y a foule notamment cette très belle jeune femme et ces deux filles adorables avec leur chapeau. A ce sujet, j’ai croisé de très belles femmes polonaises et depuis, ce matin, lituaniennes. Il est presque 15h00. Il me faut reprendre la route.

En sortant de la boulangerie, je passe devant la cathédrale en brique rose, qui me rappelle nos si belles églises toulousaines, où vient de se dérouler un mariage. J’espère qu’il tiendra plus longtemps que celui du footballeur portugais Diogo Jota (marié en juin, 28 ans, père de 3 enfants) et de son frère Andre Silva (25 ans) décédés tragiquement cette nuit dans un accident routier au volant d’une Lamborghini. Que la vie peut être terrible parfois …

Quant à moi, je sers à nouveau les fesses, après les avoir eues bien secouées ce matin, en empruntant les routes lituaniennes qui ne sont plus longées par des pistes cyclables. Cependant, des panneaux routiers indiquent la distance réglementaire de 1,50 mètre à respecter. Depuis ce matin, cette instance est fort bien respectée. Pourvu que ca dure …

Après être monté au belvédère de Liskiava pour admirer le paysage et la rivière, je reprends ma route.

Ma trace me fait couper dans la campagne pour rejoindre la route principale qui mène à Merkiné. Mais c’est à nouveau une piste. Quelques véhicules s’y engagent à fond. Quand je vois la poussière et l’état de la piste, je fais un refus d’obstacle. Je préfère tirer un bord au nord-ouest quitte à me prendre du vent.

Puis, arrivé au carrefour avec la route principale 133, remonter tout droit vers l’est. A ce carrefour, ce n’est pas un giratoire avec une quelconque déco, là c’est une sculpture en bois représentant des guerriers lituaniens.

Après une interminable ligne droite à travers la forêt, j’arrive dans la charmante ville de Merkiné. Il était temps. Je n’ai plus d’eau et les magasins sont encore plus rares qu’en Pologne. Je monte également sur le belvédère pour admirer le paysage.

J’y rencontre une famille française en van aménagé vivant dans le Valais en Suisse. Elle est originaire de Guadeloupe, lui de Bourgogne. Je n’ose leur demander comment ils se sont rencontrés. Ils ont deux ados, garçon et fille. Ils devaient aller en Croatie, vu les énormes incendies, ils se sont repliés sur la Lituanie et ne regrette pas. D’ailleurs, ils m’apprennent que l’on peut s’installer dans les lieux indiqués « Camping ». Que c’est gratuit et bien équipé. Après avoir fait mes emplettes (les prix deviennent aussi chers qu’en France !), j’en repère justement un à la sortie de la ville. Je m’y rends. C’est parfait. Après avoir monté la tente, j’installe ma cabine douche. Puis il est temps de prendre l’apéro en rédigeant ces lignes.

Après avoir copieusement dîné et arrosé par une bonne bière bien fraiche mon arrivée dans ce charmant et tranquille pays, je vais faire ma pratique de Qi Qong sur la jetée le long du lac. Les 2 pêcheurs (père et fils ?) ont laissé leurs gaules et sont allés dîner.

Encore une bien belle journée de cyclotourisme à travers ce nouveau pays. L’impression est très bonne. Moi qui adore les grands espaces et la nature sauvage, je suis servi !
Résumé :


81kms, 5h02, 16,1km/h, 620D+ 637D-, beau temps, bivouac