Réveillé comme d’hab’ (sinon je serais mort !) dès potron-jacquet. Les nuages ont refait leur apparition ainsi qu’un léger crachin breton. Cela ne m’empêche pas de déjeuner sur l’herbe. La nuit portant conseil, j’ai décidé de changer mes plans et de monter directement vers l‘Estonie et sa capitale Riga sans passer par la case Adriatique.

En effet, la météo s’annonce maussade pour quelques jours. De plus, j’aurais dû me taper encore 200 bornes (soit 2 jours) de cette route très empruntée en longeant le fleuve avec un fort vent d’ouest. Et, en arrivant sur la côte Baltique, la route ne la longe pas. Tout cela pour dire que je monte en direct. Je reprends quand même cette route, avec de temps en temps, des phallus en bois sculpté ou des phallus sculptés en bois comme vous voulez.

Puis, arrivé dans la bourgade de Veliuna, je bifurque à droite avant de monter un raidard. Une fois en haut, je m’arrête pour monter, cette fois-ci à pied, un escalier à flanc de colline qui mène sur le plateau où se trouvait un château moyenâgeux, comme dans la plupart de ces villages.

Au-dessus de ce site, se trouve une belle sculpture en bois et bronze représentant la déesse Veliona, déesse des morts et gardienne des âmes des ancêtres. Décidément, cette journée s’annonce lugubre

Une fois ce village quitté, je retrouve de grandes plaines céréalières en bordure de forêts en suivant la route jaune n° 1701. Je traverse de nombreux hameaux au nom se conjuguant an passé simple et se terminant par iai (Pelučiai, Pelutéliai, Bereiviskiai, Tamosiai, …). Évidemment, je retrouve aussi le calme et la quiétude rurale. Je profite toujours du spectacle des cigognes, très craintives, à la recherche de nourriture pour leurs petits.

J’aime aussi profiter du vol supersonique en rase-mottes es hirondelles. De temps en temps, une stèle à la mémoire de partisans tués pendant la seconde guerre mondiale rompt la monotonie du paysage. Par contre, comme vous le voyez sur ce drapeau lituanien, un fort vent du nord froid gêne ma progression. Je pensais éviter le vent d’ouest dans la vallée mais c’est le vent du nord que je récolte dans la plaine.

Alors qu’il est déjà plus de 11h, je n’ai toujours pas trouvé un seul café. Heureusement j’arrive à Ariogala où je fais un crochet dans cette bourgade pour aller le prendre dans un restau. Finalement, l’accueil des deux patronnes étant très sympa, je m’y pose pour déjeuner. De plus, il y a la wifi et des prises électriques en état de marche me permettant de recharger mes appareils. Au niveau repas, ce sera du classique mais de l’efficace (poulet pané, frites maison, salade). En dessert surprise, un gâteau au chocolat maison avec un espresso finit de m’achever devant ce décor parisien.

A la table d’à côté, la maman a fait plaisir à ses 2 fils avec une méga-pizza. Quant à moi, il me faut repartir bien que je sois mou du genou. Ma journée est comme le temps : maussade ! Ce n’est pas la forme olympique tant physique que mentale. Pour me rebooster, je rebranche comme hier Téléphone à fond dans les écouteurs.

Après de beaux raidards pour sortir de cette bourgade et de la vallée de la rivière Dubysa, j’emprunte à présent la route jaune n°3504. Après avoir traversé la bourgade de Berteskiai (et mangé quelques cerises au passage), ma trace m’envoie sur cette piste alors que je lui ai forcé une trace « Vélo de route ». Un camion vient de passer soulevant un sacré nuage de poussière. Finalement, je recale mon GPS pour qu’il me fasse poursuivre ma route sur la n°3504.

Le décor est toujours aussi monotone et la météo aussi maussade. De temps en temps, mon oeil est attiré par un ??. Ici, c’est cette petite maison en bois noyée au milieu d’un champ de fèverolles.

Là, c’est à nouveau cette grande croix avec son petit Jésus devant cette belle demeure qui pourrait être le presbytère.

Et, puis aussi , dans ce fossé, caché à la vue de tous, cette pauvre biche qui a dû se faire faucher par un automobiliste il n’y a pas très longtemps.

Je profite de la traversée d’une bourgade où il y a une épicerie pour y faire quelques courses. L’heure avance. A la sortie de cette bourgade, j’emprunte alors une belle piste cyclable parallèle à la route. Sur un des piquets, j’y aperçois le symbole de l’EV11. Il faut avoir de bons yeux pour le repérer. D’habitude, c’est fléché sur de plus grands panneaux avec des flèches indiquant la direction. Au bivouac, je regarderai où m’amène cette route EV11.

Je me dirige dorénavant vers la ville de Tytuvėnai où j’ai repéré un lac avec un symbole « camping ». Je m’y dirige par une piste. Arrivé sur place, je tombe sur un beau camping avec hôtel, bar et bungalow. Le gars sur place ne parlant pas bien anglais appelle la responsable. Une belle femme blonde arrive. Je lui demande le prix pour un emplacement avec tente. Elle m’annonce avec un grand sourire « Twenty euros !« . Je lui dit, également avec un grand sourire narquois, que cela me paraît quand même très cher pour prendre une douche chaude. Oui mais j’ai accès au bar et à la plage.

Vu la météo, c’est sûr que je vais aller faire trempette. Je la remercie et pars. Je contourne le lac. Plus loin, je trouve un superbe emplacement pour y planter ma tente avec cabine de douche (mais froide), un banc pour poser mon auguste séant et éventuellement tout ce qu’il faut pour me faire un BBQ. Pour le modeste prix de 0€ ! J’installe le bivouac alors que le crachin de ce matin est de retour.

Alors que je suis en train de dîner assis sur mon banc avec vue sur le lac, j’entends un bruit de bouchon de champagne. Bizarre ! Je me tourne et aperçois un couple chacun une coupe à la main. Puis, plus tard, c’est le bruit d’un grand plouf. Et là, je vois le père et sa fille, que je n’avais initialement pas vue, à la baille sous le regard de la maman. Ils sont fous ces lituaniens ! De plus, il se met à pleuvoir.

Quant à moi, ni champ’, ni plouf; ce sera direct sous la tente. Décidément, triste et difficile journée … Je voulais en profiter pour la dédicacer à ma tante Gene, toujours aussi présente et réconfortante à travers ses messages et, aussi, à Lise, que je ne connais pas, mais qui me booste avec ces « J’aime » quotidiens. Cela me motive d’autant plus pour continuer à vous narrer, en image et en mots, mon périple.
Résumé :

99kms, 6h33, 15,1km/h, 584D+ 484D-, nuageux, bivouac